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Mehdi Nemmouche: "Mon enfance à la DDAS, une aventure où je me suis amusé"

Mehdi Nemmouche avait des connaissances en histoire et des avis tranchés sur la Deuxième Guerre mondiale, le conflit en ex-Yougoslavie ou encore la politique étrangère de la France et des Etats-Unis. Il évoque aussi, lors de sa sixième audition devant les enquêteurs à Paris peu après son arrestation, la Syrie et l'Irak, "qui est à feu et à sang". "Et ce n'est pas prêt de se terminer", prédit-il.

La matinée de vendredi, au procès de la tuerie au Musée juif de Belgique, est consacrée aux trois dernières auditions vidéo-filmées de Mehdi Nemmouche après son arrestation à Marseille, le 30 mai 2014.

"Conneries d'adolescence"
Le 2 juin 2014, outre son "DAS" qu'il oppose à presque toutes les questions qui concernent sa vie ou les faits, l'accusé semble prendre plaisir à partager avec les enquêteurs ses avis sur une série de sujets historiques et politiques.

Sur son parcours, Mehdi Nemmouche concède seulement que son enfance à la DDAS était une "aventure" lors de laquelle il s'est "bien amusé". Il décrit les vols qu'il a commis et qui l'ont mené en prison comme des "conneries d'adolescence".

En début d'audition, interrogé sur les membres de sa famille avec lesquels il a encore des contacts après avoir pris connaissance de leurs dépositions, Mehdi Nemmouche répond: "aucun".

Le reste de l'entretien est consacré à la politique et à l'histoire, des sujets que l'accusé évoque avec beaucoup de conviction. Pour justifier dans certains cas le fait de tuer, il cite la lutte contre le franquisme ou le nazisme. Il relève le fait que des Africains ont combattu pour la France lors de la Seconde Guerre mondiale, avant d'être visés par elle par la suite, par exemple en Algérie. "Ca dépend du côté de la barrière où on se trouve", commente-t-il.

"Les criminels ce sont les partisans d'Assad"
Mehdi Nemmouche réfute la distinction entre armées régulières et "milices civiles", comme celles de Serbie qui sont "quand même des criminels". Il dénonce aussi longuement la politique extérieure américaine et la situation chaotique créée en Irak.

Au sujet de la Syrie, l'accusé considère que les "criminels, ce sont les partisans du régime de Bachar" al-Assad. Il dit cependant ne pas avoir d'avis lorsqu'on l'interroge sur les groupes djihadistes. "Vous connaissez mieux le sujet que moi", adresse-t-il avec un air narquois aux enquêteurs.

Dans le box des accusés, alors qu'il se voit sur l'écran en train d'évoquer le tueur en série Guy Georges, Mehdi Nemmouche ne peut s'empêcher - comme la veille lors du témoignage de ses ex-otages - de rire de ses propres commentaires.