Meurtre de Valentin: "Toute ma vie, je m'en voudrai"

Video"Je ne sais pas... Je ne saurais pas vous dire... Je n'ai pas vu... J'étais trop loin", l'interrogatoire de Belinda Donnay mercredi matin devant la cour d'assises de Liège n'a pas permis d'éclairer davantage les faits qui se sont produits dans la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Huy. Valentin Vermeesch, 18 ans, avait été torturé puis jeté vivant dans la Meuse, les mains attachées. Son corps avait été découvert le 14 avril. Belinda dément avoir poussé Valentin dans l'eau. "Je n'ai pas sauté, je n'ai pas réagi. Et cela, toute ma vie je m'en voudrai", a déclaré l'accusée d'un ton monocorde.

Selon Belinda Donnay, tout a commencé par une menace de Dorian Daniels envers Valentin, qui aurait tenu des propos inappropriés au sujet de sa soeur. A partir de là, les gages ont débuté, raconte-t-elle, avouant ne pas avoir réagi. "Puis je ne sais plus lequel a demandé à Valentin de se masturber, ça a commencé à aller plus loin. Je suis sortie, je ne pouvais pas assister à cela. C'était totalement inhumain de faire faire ça."

L'inquiétude de la grand-mère
L'accusée se souvient que la grand-mère de Valentin a téléphoné car elle s'inquiétait pour lui. Durant une cinquantaine de minutes, Alexandre et elle ont parlé à cette dame à tour de rôle, se faisant passer pour d'autres, confirme-t-elle.

"Gages" insoutenables
Deux scènes de masturbation ont encore suivi et Valentin a dû s'introduire une bouteille dans l'anus. "Je suis à nouveau sortie de l'appartement. Je ne voulais pas participer à ça. Jamais je n'aurais pu imaginer qu'ils allaient lui lancer un gage comme ça."

Passage à tabac
Les coups ont commencé, mais Belinda Donnay n'est pas intervenue. "Il y a eu énormément de coups de poings au visage, au torse, aux épaules et de pied dans le ventre. Je n'ai porté qu'un coup, mais plus tard dans la soirée, pour qu'il arrête de crier." Selon elle, Valentin avait mal et "demandait que tout le monde arrête, qu'on le laisse partir". "Je ne bougeais pas, je n'ai pas su réagir."

"Je n'avais pas de rôle précis"
L'accusée réfute avoir eu l'idée de faire manger à Valentin des fricadelles trempées dans de la cendre ou même avoir vu cette scène, lui avoir fait boire de l'urine et l'avoir brûlé, comme le prétendent certains accusés. "C'est faux." Lorsque le groupe est sorti pour attacher Valentin à une barrière, "je suivais, c'est tout. Je n'avais pas de rôle précis", ajoute la jeune femme, selon qui des coups ont encore été donnés mais elle se trouvait à environ 15 mètres.

"Faire peur à Valentin"
Après, "j'ai dit à Alexandre que c'était allé beaucoup trop loin", a-t-elle poursuivi. "Il m'a dit qu'il voulait lui faire peur encore une fois puis qu'il le laisserait partir. Dans ma tête c'était ça." C'est ensuite que, "pour faire peur à Valentin", celui-ci a été balancé une première fois au-dessus de l'eau. "Puis, on a avancé sur le Ravel, pour aller vers Wanze. Pour moi, les parents de Valentin habitaient là et on le raccompagnait."

Participation forcée?
Elle ajoute ne pas avoir assisté à la discussion de groupe quant au sort à réserver à Valentin. Celle-ci appuie ses dires en disant que la semaine dernière, Alexandre lui aurait même dit dans le fourgon de police: "je sais que tu n'étais pas là, que tu n'as pas assisté à cette discussion", ce que le principal intéressé, interrogé par la présidente, a nié. Belinda Donnay estime avoir été contrainte de suivre Alexandre au bord de la Meuse et que c'est lui qui a poussé la victime.

"Tes excuses, tu peux te les garder!"

"Tes excuses, tu peux te les garder ma fille, tu nous l'a volé!", ont vivement réagi depuis le banc des parties civiles des proches de la victime, dont le père de Valentin. Belinda Donnay, lors de son interrogatoire mercredi matin devant la cour d'assises de Liège, s'est tournée vers la famille, déclarant: "même si les excuses ne serviront à rien, je voulais les présenter".

"Jamais je n'aurais fait ça"
"Je n'ai pas poussé Valentin dans l'eau, jamais je n'aurais fait ça. Enlever la vie à quelqu'un, ce n'est pas anodin, ce n'est pas quelque chose qu'on peut imaginer faire dans sa vie", a-t-elle ajouté. "Je n'ai pas sauté, je n'ai pas réagi et cela, toute ma vie je m'en voudrai."

La présidente de la cour a ensuite réclamé le silence.

Nervosité

"Parfois, je commence un peu à perdre patience parce que, à chaque fois qu'on doit poser une question à Mme Donnay, ce n'est jamais madame Donnay qui répond en premier mais ses avocats se lèvent pour anticiper ce qui va se passer", s'est emporté mercredi matin devant la cour d'assises de Liège Me Renaud Molders-Pierre, avocat d'Alexandre Hart, accusé avec quatre autres jeunes de l'assassinat de Valentin Vermeesch.

"Elle n'est pas elle-même"
"Je ne veux pas influencer ma cliente", s'est défendu Me Jean-Dominique Franchimont. "Je ne veux pas intervenir, je veux simplement qu'elle soit elle-même. Elle n'est pas elle-même ici et cela me dérange. Quand on lui pose une question, elle doit répondre aux jurés. Pour remplir notre mission d'accompagner leur réflexion. C'est ça que je lui ai dit", a-t-il poursuivi. 

Intervention de la présidente
"Effectivement, quand j'interroge les accusés, j'aimerais que les avocats regardent les jurés et ne se retournent pas vers leur client, comme c'est prévu par la loi", est intervenue la présidente.

L'audience doit reprendre à 13h30.

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