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Photo d'illustration. © Getty Images/iStockphoto

Nathalie, victime d’un proxénète à 16 ans: “Il me disait que j'étais la femme de sa vie”

Nathalie, 37 ans, est tombée dans les griffes d’un proxénète qu’elle considérait comme son petit ami à l’âge de 16 ans. Pendant dix ans, la jeune femme, qui travaille aujourd’hui dans une banque, s’est prostituée pour le compte d’hommes avec qui elle entretenait une relation afin de s’acheter de la drogue. Par miracle, elle a fait un jour la rencontre d’un homme qui l’a sortie de cet enfer. Désormais, Nathalie mène une vie épanouie. Elle s’est confiée à nos confrères du journal Het Laatste Nieuws.

Nathalie a grandi dans une famille aisée en banlieue gantoise. “Nous vivions dans une belle maison, mes parents avaient tous les deux un bon emploi et beaucoup d’argent. Je ne manquais de rien, nous étions une famille parfaite”, raconte-t-elle au quotidien flamand. En apparence, du moins. La jeune femme a été victime d’abus sexuels répétés commis par son grand-père. Les conséquences ont été dramatiques: d’une jeune fille exemplaire, Nathalie s'est transformée en une adolescente ingérable, qui fuguait régulièrement.

“J’étais naïve à l’époque”

Ses mauvaises fréquentations l’ont conduite à croiser le chemin d’un garçon un peu plus âgé qu’elle. Il lui promet le paradis sur terre. Elle tombe éperdument amoureuse de lui. Très vite, elle quitte le domicile familial et s’installe chez lui, où vivent plusieurs personnes. “J’aurais dû de me douter de quelque chose, mais j'étais naïve à l’époque”, se souvient Nathalie.

Là-bas, elle goûte à la drogue. Du haschich avant de rapidement tomber dans les drogues dures. “Cela coûtait beaucoup d’argent, et nous n’en avions pas”, dit-elle. Un jour, son copain lui dit que deux de ses oncles arrivent du Maroc pour la rencontrer. “Ils te donneront de l'argent si tu couches avec eux”, lui dit-il. Nathalie accepte de se prostituer, à 16 ans.

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“Il me disait que j’étais la femme de sa vie. Ce n'est que plus tard que j’ai compris que j'étais devenue la proie d’un proxénète”

Elle enchaîne alors les passes. “J’ai réalisé que ce n’était pas normal, mais j’étais tellement accro à la drogue que je n’ai pas pu résister. Je croyais encore que, malgré tout, nous formions un vrai couple. Il me disait que j’étais la femme de sa vie. Ce n'est que plus tard que j’ai compris que j'étais devenue la proie d’un proxénète”, confie Nathalie.

Ce n'est que deux ans plus tard que la jeune femme comprend que sa relation d’amour n’en est pas une. Mais le nouveau garçon qu’elle rencontre est encore pire, si c'est possible, que le précédent. “Il m’a promis tout le luxe du monde. Tout le monde l’admirait. Il était au sommet. Et maintenant, j’étais sa petite amie. C’était... wow”, se souvient-elle. Mais en réalité, il n’était rien de plus qu’un proxénète. Un vrai copier-coller de sa précédente relation. 

“L’alcool. Des soirées chics. Le sexe. C’était comme dans les films, mais pour de vrai”

Son nouveau “compagnon” lui fait découvrir la cocaïne, dont elle devient directement dépendante. Dont coût: jusqu’à 500 euros par jour. Pour se payer sa came, elle se prostitue dans des bars, puis en tant qu'escorte de luxe. Elle en est même arrivée à s’installer derrière une vitrine du quartier rouge d’Anvers. “Ce que je gagnais, je le donnais à mon petit ami le soir. Je pensais que c’était le bon. J’ai vécu une vie de luxe. La drogue. L’alcool. Des soirées chics. Le sexe. C’était comme dans les films, mais pour de vrai”, explique Nathalie.

La jeune fille n’avait pratiquement plus aucun contact avec ses parents à l’époque. Tout juste pensaient-ils qu’elle travaillait comme opératrice téléphonique. 

Elle quittait parfois son petit ami avant de retomber rapidement dans ses griffes. Un jour, l’un de ses clients est tombé amoureux d’elle. “Il était beaucoup plus âgé et était marié. Un homme très riche, très chic”, dit Nathalie. Il lui dit qu’il va quitter sa femme pour elle. Nathalie lui demande alors 8.000 euros pour "l’acheter”, ce qu'il fait. 

“Achetée” par son “héros”

“Cela peut sembler mesquin mais j’y ai vu ma seule chance de sortir de cet environnement”, avoue la jeune femme qui considère cet homme son héros qui lui a “sauvé la vie.” Ils n’ont jamais formé un véritable couple mais ils sont encore en contact aujourd’hui. “Je lui suis infiniment reconnaissante et il est heureux de savoir que je me porte bien à présent. Si je gagne un jour au Lotto, je le rembourserai.”

Nathalie avait 26 ans quand elle a été “achetée” par son bienfaiteur. Elle a ensuite tout avoué à ses parents. La jeune femme a aussi déposé plainte à la police contre ses proxénètes, mais elle n’a pas été prise au sérieux. “Ils m’ont dit que j'étais une ‘pute droguée’, il n’y a jamais eu d’enquête”, fustige-t-elle.

Cure de désintox

Ses parents l’ont accueillie à bras ouverts. Nathalie a cependant rejeté la faute sur eux, pour ne pas avoir été assez présents et, surtout, pour avoir fermé les yeux sur les abus sexuels dont elle a été victime dans son enfance. “Ils l’ont reconnu et se sont excusés”, dit-elle.

Ses parents l’ont envoyée en cure de désintoxication au Cap, en Afrique du Sud, où Nathalie est restée pendant trois mois. A son retour, elle a repris ses études et a obtenu son diplôme de l’enseignement supérieur. 

Aujourd’hui, Nathalie travaille en tant qu’agent administratif dans une banque. 

“Aux filles qui en font l’expérience, je veux leur dire: ‘vous pouvez vous en sortir’”

“J’ai un petit ami maintenant. Il connaît mon passé et l’a accepté. Grâce à lui, je sais désormais ce qu'est censée être la sexualité. Je me rends seulement compte à quel point ça peut être beau. Bien sûr, je regrette ce qui s’est passé, mais je ne laisserai pas cela pourrir le reste de ma vie. Je n’y pense pas tous les jours. Cependant, je suis triste quand je lis dans les médias que des histoires comme celle-ci existent encore aujourd’hui. C’est terrible. Aux filles qui en font l’expérience, je veux leur dire: “vous pouvez vous en sortir. Avec de la volonté, rien n'est impossible.”

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