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Négociations fédérales: l’autre scénario que le PS avait en tête

Le Roi Philippe a mis fin à la mission d’information de Didier Reynders et Johan Vande Lanotte. Mardi, le souverain a nommé Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA) comme préformateurs, deux anciens ministre-présidents. Ils feront rapport au Roi le lundi 4 novembre.

Pourtant, ce n’est pas exactement le scénario que le PS avait en tête, selon Het Laatste Nieuws. Le Parti socialiste voulait envoyer un N-VA seul dans l’arène. Et pas n’importe lequel: Bart De Wever en personne. Le président du parti séparatiste flamand a poliment décliné l’invitation, sans doute encore marqué par son aventure avortée comme “clarificateur” en 2010. Souvenez-vous, sa note d’une cinquantaine de pages avait été torpillée alors que “l’encre était à peine sèche”. “Imvubable”, avait flingué le PS. Du coup, Bart De Wever souhaitait que le PS et son parti se mouillent ensemble.

“Avec la N-VA, on est d’accord sur rien”

Par ailleurs, du côté du PS, Paul Magnette ne voulait pas encore prendre les devants et entamer des discussions avec la N-VA tant qu’il n’a pas été élu président du PS. Il doit succéder à Elio Di Rupo d’ici la fin du mois d’octobre et pour lui, il aurait été un peu prématuré de déjà négocier avec De Wever.

Le bourgmestre de Charleroi n’a pas encore endossé le costume de président de parti et continue de montrer d’énormes réserves par rapport à une future collaboration avec les nationalistes. “Avec la N-VA, on n’est d’accord sur rien”, lançait-il y a quelques jours. D’où l’idée de deux préformateurs, chargés de déminer encore un peu le terrain avant les vraies négociations.

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Demotte et Bourgeois restent des figures importantes dans leur parti et connaissent les rouages de la politique. Bilingues, ils n’apparaissent pas comme des personnalités clivantes et ont l’image de gentlemen. “Je pense que la modération et la raison sont nécessaires dans la situation actuelle. Nous nous connaissons depuis longtemps et avons du respect l’un pour l’autre. Nous ne nous considérons pas comme des ennemis et c’est important dans notre pays”, a commenté le socialiste.

L’impatience des autres partenaires grandit

Le duo devra remettre un rapport le 4 novembre prochain au Roi. Il faudra donc encore patienter avant de voir les choses véritablement se décanter. Après la formation des exécutifs régionaux, il faudra aussi attendre que Paul Magnette soit élu nouveau président du PS. Une lenteur qui agace les autres partenaires. “Et après, ce sera quoi? Devrons-nous attendre jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau président au CD&V et au MR? Ou jusqu’à ce que Magnette soit allé chez le coiffeur?”

Du côté de la N-VA, on estime que la phase actuelle n’est pas une perte de temps et qu’il fallait passer par là. “PS et N-VA doivent se parler”, martèle Theo Francken depuis plusieurs semaines. En revanche, côté socialiste, le scepticisme reste de mise. “C’est surtout de la courtoisie que de répondre à l’initiative du Palais royal”, a réagi sur la RTBF Ahmed Laaouej, chef de groupe PS au parlement fédéral.

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