Paul Magnette et Bart De Wever, président du PS et de la N-VA.
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Paul Magnette et Bart De Wever, président du PS et de la N-VA. © PhotoNews

Non M. Geens, PS et N-VA ne danseront pas sur “la chanson des vieux amants”

Mise à jourLe président du parti socialiste Paul Magnette a rappelé vendredi en radio et dans la presse son désamour pour une coalition rassemblant PS et N-VA au fédéral. "On commence à en avoir vraiment assez de cette situation. Les réunions avec la N-VA ne conduisent à rien. J'en ai marre", a-t-il affirmé. En réponse, le président des nationalistes flamands Bart De Wever a dénoncé un "diktat" des socialistes. Le chargé de mission royale Koen Geens (CD&V), qui tente toujours de rassembler les premiers partis dans leur communauté respective, doit rendre son rapport lundi au Roi. Il est hautement improbable qu'il se rende au Palais avec un contrat de mariage sous le bras, qu'il soit de cœur, de raison, voire forcé.

"On cherche tous un peu d'amour à la #saintvalentin. Je souhaite à tous une journée remplie d'amour avec la musique suivante #chansonspourlesnégociations", a tweeté le ministre de la Justice Koen Geens, citant la "Chanson des vieux amants" de Jacques Brel. Vendredi, c'était plutôt Gainsbourg et "Je suis venu te dire que je m'en vais" qui sonnait aux oreilles.

Magnette “en a marre”

"Nous en sommes à une cinquantaine de réunions, dont 25 directement avec Bart De Wever et moi, qui durent parfois 3 ou 4 heures, parfois plus longtemps... A titre personnel, négocier avec des nationalistes avec lesquels nous n'avons rien à voir, cela devient un vrai supplice", a assuré M. Magnette. "J'en ai assez de cette situation. Cela fait huit mois, je ne compte même plus les milliers d'heures de réunions, les journées, les soirées, les nuits, les week-ends, sans que cela avance. Simplement parce que certains veulent seulement tester une alliance avec le PS et la N-VA. Combien de fois devrai-je encore dire que le PS n'a aucune envie de gérer avec eux? ", a martelé le Carolo.

“Nous prenons acte du diktat du PS”

Pour le PS, d'autres formules de coalition existent, y compris sans lui. "Entre accepter n'importe quoi et les élections, on préfère que le peuple se prononce", a-t-il ajouté, estimant que "les élections, c'est l'acte suprême en démocratie. Il n'y a rien de plus beau que de demander au peuple de trancher". 

"Nous prenons acte du diktat du PS", a vertement rétorqué le président des nationalistes flamands Bart De Wever. "Le 3e parti du pays (en réalité le 2e parti mais le 3e groupe à la Chambre derrière Ecolo-Groen, ndlr) pense pouvoir dicter sa loi à tout le monde et mener des négociations dans les médias. Contrairement à ce que souhaite l'électeur flamand, il veut un gouvernement le plus à gauche possible, sans majorité en Flandre. Le PS veut même provoquer des élections, dans l'unique espoir d'affaiblir la N-VA et de se renforcer", a-t-il ajouté, énumérant une nouvelle fois les points de son programme aux antipodes de celui du PS.

Un retour aux urnes? Les autres partis guère enthousiastes

Dans les autres partis, on compte les points tout en fustigeant le retour envisagé à la case élections. "Les Belges ont voté, la population veut légitimement un #begov, le Pays a besoin de stabilité. Alors, pourquoi remettre sa tête sur une affiche si on est pas capable de prendre ses responsabilités et de conclure des accords ? ", s'est interrogé le président du MR Georges-Louis Bouchez sur Twitter. 

"Menacer d'un retour aux urnes sur l'air de 'retenez-moi ou je fais un malheur' n'est pas responsable. Ne jouons pas avec l'avenir du pays sinon le vrai supplice sera pour la population", a renchéri le président du cdH Maxime Prévot. 

Côté néerlandophone, le président du sp.a, Conner Rousseau, indiqué que son parti n'était "pas impatient" de retourner à de nouvelles élections. "Les gens ont déjà choisi et en ont assez. Moi aussi. Ceux qui n'osent pas trouver de solutions le feront encore moins après les nouvelles élections", a estimé le président des socialistes flamands. 

La présidente de Groen Meyrem Almaci demande, elle, aux partis d'assumer leurs responsabilités, dans l'intérêt des citoyens et du pays", ajoutant avoir toujours été constructive.

Les deux partis considérés comme pivots dans la constitution d'une coalition, à savoir le CD&V et l'Open Vld, sollicités par Belga, ont préféré "The sound of silence" à "la chanson des vieux amants" et n'ont pas souhaité réagir. 

Vers midi, le président des chrétiens-démocrates flamands Joachim Coens a lui aussi exprimé sur Twitter son opposition à des élections anticipées. “Il y a eu des élections, les gens attendent à juste titre des solutions des politiques. Bien que ce soit aujourd’hui la Saint-Valentin, on ne parle pas d’amour en politique. On parle de majorités et de cartes telles qu’elles ont été distribuées. Dans l’intérêt du pays, le mieux est de respecter ces cartes.

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