Des agriculteurs wallons ont épandu des centaines de kilos de lait en poudre, jeudi matin sur un champ à Braine-Le-Comte, pour manifester leur désaccord quant à la mesure européenne permettant le stockage privé de lait en poudre
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Des agriculteurs wallons ont épandu des centaines de kilos de lait en poudre, jeudi matin sur un champ à Braine-Le-Comte, pour manifester leur désaccord quant à la mesure européenne permettant le stockage privé de lait en poudre © EPA

Nuage de poudre de lait et de colère à Braine-Le-Comte

Des agriculteurs wallons ont épandu des centaines de kilos de lait en poudre, jeudi matin sur un champ à Braine-Le-Comte, pour manifester leur désaccord quant à la mesure européenne permettant le stockage privé de lait en poudre. Les agriculteurs souhaitent une limitation de la production et un retour à un prix correct du lait.

Les producteurs de lait européens sont en colère et ils ont manifesté leur mécontentement en menant des actions jeudi dans huit pays européens. En cause, le prix du litre de lait qui dégringole sous les 30 cents alors que les coûts de production sont à 45 cents. L'offre est plus importante que la demande et l'Europe propose une solution du stockage privé du lait via une aide financière. La solution pour stocker du lait est de le transformer en lait en poudre ou en produit dérivé comme du beurre et du fromage.

"L'Europe autorise le stockage de 90 millions de kilos de lait en poudre, de 140 millions de kilos de beurre et de 100 millions de kilos de fromage", a expliqué Erwin Schöpges, représentant du MIG-EMB, organisation qui défend tous les producteurs de lait en Belgique et en Europe et qui se bat pour sauvegarder les exploitations familiales en Europe. 

"Nous ne voulons pas de tous ces stocks. Nous demandons que la production soit adaptée au niveau européen en fonction du marché. Nous estimons que les industriels profitent de ces stockages et pas les producteurs. L'Europe a dégagé un budget de 30 millions d'euros pour financer le stockage privé, un budget qui va donc revenir aux industriels. C'est inacceptable pour les agriculteurs qui sont prêts à prendre leurs responsabilités en produisant quelques pour cent en moins partout en Europe. Il faut donc une réglementation européenne et un plafonnage de la production, ce qui va permettre au prix de rester stable pour permettre de couvrir nos coûts de production."

En 2019, les agriculteurs avaient épandu du lait sur un champ à Ciney, dans la même optique. "Des mesures avaient par ailleurs été mises en place en 2016 pour baisser la production et cela avait été un succès. Il faut donc suivre la logique du marché", a précisé Erwin Schöpges, qui a également souligné l'impact négatif de la crise du coronavirus sur le marché du lait. "Les exportations hors-Europe, notamment vers la Chine, ont perdu beaucoup de parts de marché. Le marché en Europe, notamment les exportations vers Italie, est tombé à plat, tout comme le marché horeca en Belgique. Et, même si la consommation en grandes surfaces a fortement augmenté, cela ne compense pas la perte de l'horeca belge, et encore mois au niveau mondial."

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