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Fatima B. avait quitté la Belgique en 2014. © DR.

Offensive turque en Syrie: au moins une djihadiste belge aurait déjà pris la fuite

La djihadiste belge Fatima B, originaire de Borgerhout, se serait échappée du camp de détention d’Aïn Issa, en Syrie, selon Het Laatste Nieuws. Deux veuves de l’Etat islamique, Tatiana Wielandt et Bouchra Abouallal, ont été repoussées par des milices pro-turques vers la frontière turque.

Quatre jours après le début de l’offensive turque en Syrie, les autorités kurdes ont annoncé que le camp d’Aïn Issa était “désormais sans gardes”. Près de 800 proches de membres de Daech auraient déjà pris la fuite. Parmi ceux-ci figurerait la djihadiste belge Fatima B, selon Het Laatste Nieuws.

La jeune femme de 24 ans avait quitté la Belgique en 2014 pour la Syrie. Elle avait été condamnée par contumace à cinq ans de prison pour appartenance au groupe terroriste Etat islamique. A l’heure actuelle, elle est toujours introuvable. “Je ne sais pas où elle se trouve”, explique Marion van San, chercheuse au RISBO (Université Erasmus de Rotterdam). “Le contact avec elle est rompu”, prolonge-t-elle, sans confirmer toutefois l’identité de la fugitive.

Deux veuves de l’EI repoussées vers la Turquie

Cependant, toutes les femmes détenues dans les camps ne chercheraient pas forcément à prendre la fuite. Certaines préfèrent tomber aux mains des Turcs que de se lancer dans une fuite à l’issue incertaine et risquée, surtout en pleine guerre. En particulier celles qui ont renié l’Etat islamique craignent des représailles de la part de l’organisation terroriste. Deux veuves belge de l’EI, Tatiana Wielandt et Bouchra Abouallal, n’auraient d’ailleurs pas fui le camp tout de suite. Elles auraient été repoussées par des milices pro-turques en direction de la frontière, qui se trouve à une trentaine de kilomètres du camp d’Aïn Issa. 

Parties en 2013 d’Anvers pour rejoindre la Syrie, elles étaient revenues en 2014 en Belgique pour accoucher, avec l’aide des autorités belges. Elles accouchent alors chacune d’un deuxième enfant, mais restent proches de l’idéologie islamiste et gardent notamment contact avec d’autres veuves de djihadistes belges. En 2015, elles repartent vers le califat avec leurs enfants. En 2017, elles obtiennent via une procédure en référé le droit d’être rapatriées en Belgique avec leurs six enfants mais la Cour d’Appel de Bruxelles casse cette décision.

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Tatiana Wielandt (27) et sa belle-soeur Bouchra Abouallal (26 ans). © DR.

Geens: “Les risques me semblent minces”

Quelque 12.000 combattants de l’EI, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2.500 à 3.000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons des Kurdes, selon leurs statistiques officielles. 

Selon le Ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), il y a peu de chances que des combattants puissent revenir en Europe, faute de “routes d’évasion”. “Je ne voudrais pas me montrer optimiste car la situation est dramatique mais le risque de voir quelqu’un revenir en Belgique, me semble plutôt mince”. Hans Bonte, le bourgmestre de Vilvoorde (sp.a) estime que Geens sous-estime le risque. “Il y a des familles qui m’informent que leur fils, fille ou belle-fille sont en route. Elles me demandent comment faire face à cette situation”, explique-t-il.

Francken: “Un énorme problème sécuritaire”

Theo Francken (N-VA), ex-Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, ne minimise pas le risque. “Il s’agit pour l’instant de femmes de combattants mais on a déjà vu qu’elles étaient aussi capables de commettre des attentats”. Il plaide d’ailleurs pour une nouvelle évaluation de la menace par l’OCAM. “On va être confronté à un énorme problème de sécurité. La Turquie doit absolument cesser son offensive”.

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Koen Geens (CD&V), le ministre de la Justice © Photo News
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