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Olivier De Bock a-t-il tué son frère Yves pour leur héritage?

BeerselUne fois encore, le procès sur la mort d'Yves De Bock a connu un faux départ. Prévu la semaine dernière, il a dû être interrompu après une demi-journée seulement. Les deux témoins qui devaient comparaître l'après-midi n'ont apparemment pas été appelés par le parquet. Le suspect principal, Olivier De Bock, dément pour sa part encore et toujours une quelconque implication dans les faits même si de nombreux éléments convergent dans sa direction.

Le procès d'Olivier De Bock, ingénieur civil, patine toujours après une série de reports et de coups d'envoi ratés. Étonnant mais vrai, lundi après-midi, alors que l'audience était ouverte depuis quelques heures seulement, un nouveau couac est venu perturber son déroulement. Le parquet aurait en effet "oublié" de convoquer les deux témoins censés venir à la barre. Idem concernant les deux experts qui devaient exposer leurs conclusions à la cour. Pour ces raisons, le procès a dû être remis aux 19, 20 et 21 février. Précédemment, ce sont des questions linguistiques qui avaient notamment provoqué un report. La défense avait en effet demandé à ce que le dossier soit traité en français, l'entièreté de celui-ci avait donc dû être traduite du néerlandais. 

Découvert par des enfants
Les faits remontent à avril 2014 lorsque des enfants jouant dans un parc à Lot ont découvert un corps humain dans un état de décomposition très avancé. Il s'est révélé s'agir d'Yves De Bock, 54 ans, un ingénieur anderlechtois porté disparu depuis deux semaines. On lui avait fracassé la tête et son corps avait été abandonné dans le parc. Rapidement, les enquêteurs ont eu Olivier, frère de la victime, dans le viseur. Leur père était décédé un an et demi plus tôt et une querelle d'héritage pouvait être le mobile du crime à leurs yeux. 

Libre
Les enquêteurs estiment probable qu'Yves De Bock ait donné rendez-vous à son frère pour évoquer ce sujet et qu'une dispute à l'issue tragique s'en soit ensuivie. Ce scénario, étayé par de nombreux éléments, a fini par convaincre le juge d'insctruction qui a fait écrouer Olivier en juillet 2014 ais en mai 2015, le frère de la victime a bénéficié d'une libération sous surveillance électronique. Il a donc pu comparaître librement au procès lundi matin.

ADN et sang
La première journée du procès avorté a en tout cas mal commencé pour le suspect dont l'interrogatoire n'a fait que confirmer son implication probable dans le meurtre. Selon l'acte d'accusation, Olivier De Bock s'est débarrassé du corps de son frère en utilisant le véhicule de ce dernier. Des éléments tangibles l'indiquent: le sang de la victime retrouvé dans son propre coffre mais surtout l'ADN d'Olivier De Bock sur la ceinture de sécurité du siège conducteur de son frère Yves. 

Un téléphone très proche du parc
Un autre élément le confond également: l'enquête de téléphonie. Celle-ci révèle en effet que le signal émis par le GSM du suspect a "borné" à deux reprises en un peu moins d'une demi-heure tout près de l'espace vert où le corps de la victime a été retrouvé. 

"Je n'ai rien à voir avec la mort de mon frère", a cependant fermement clamé le suspect au président qui l'interpellait. Mais le récit qu'Olivier De Bock a proposé à la cour comporte des lacunes, voire de incohérences. Le frère de la victime n'a par exemple trouvé aucune explication à la présence de son ADN sur la ceinture de sécurité de son frère. Il réfute également s'être arrêté à deux reprises sur l'autoroute à hauteur de Lot malgré les éléments techniques qui prouvent le contraire. 

Recherches Google
Plus indirect mais non moins interpellant, que dire de l'historique de ses recherches Google? Les enquêteurs ont en effet découvert dans son GSM qu'Olivier De Bock avait entré les mots "traces", "ADN" et "sang" dans le moteur de recherche. À cela, le suspect trouve à répondre: "Tout le monde me posait des questions, me demandait des explications sur l'enquête. C'est pour cela que j'ai fait des recherches sur ces quelques notions, afin de mieux pouvoir répondre à ceux qui m'interrogeaient. Ces mots sont aujourd'hui retirés de leur contexte! Si vous vous référez à la totalité de l'historique, vous voyez bien qu'il ne s'agit que de recherches normales".

Le procès, qui reprendra donc en février, durera encore une semaine. Après les témoins et les experts, le parquet devrait prendre la parole.

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