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"On ne lutte pas contre le terrorisme en limitant la démocratie"

À l'occasion de la journée internationale des droits de l'Homme, environ 200 personnes se sont rassemblées, jeudi à 13H00, devant le palais de justice de Bruxelles, pour souligner "qu'on ne lutte pas contre le terrorisme en limitant la démocratie".

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L'action était organisée par la Ligue des droits de l'Homme, la Liga voor mensenrechten, le Syndicat des Avocats pour la Démocratie, le Progress Lawyers Network, la CNAPD, Vrede, Bruxelles Laïque, la campagne Stop Répression, ainsi que les syndicats CSC Bruxelles-Hal-Vilvorde et FGTB.

Face à la menace terroriste qui plane depuis les attentats de Paris, les associations reconnaissent sans détour l'obligation de l'Etat de garantir à toute personne la protection contre les atteintes au droit à la vie. Devant les 18 mesures exceptionnelles proposées par le gouvernement, elles déplorent toutefois un déséquilibre démocratique inhérent à une surenchère des pouvoirs dans les mains de l'exécutif.

David Morelli, porte-parole de la Ligue des Droits de l'Homme, estime que si ces mesures renforcent le sentiment de sécurité de la population, leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme n'est pas optimale. "Ces mesures doivent être véritablement réfléchies avec les parlementaires, qui ne doivent pas uniquement jouer les presse-boutons. Les mesures à l'origine d'urgence comme le Patriot Act ou le plan Vigipirate sont rentrées dans le quotidien. Les militaires sont restés dans nos rues depuis l'attentat au musée juif. On multiplie les outils sécuritaires et un fichage de masse se met en place alors que tous les experts en sécurité disent que c'est la qualité de l'information qui est importante, et que la quantité de données nécessite de multiplier personnes pour les analyser. Il y a par exemple une volonté d'élargir le plan PNR (Passenger Name Record) des avions à l'ensemble des moyens de transports".

Les associations perçoivent également une atteinte aux libertés dans la prolongation de la privation de liberté de 24 à 72 heures ou la possibilité de perquisitionner la nuit dans la famille du suspect. La Ligue des Droits de l'Homme estime que le facteur humain, la prévention ou la police de proximité, et la lutte contre le financement du terrorisme sont oubliés dans ces mesures.