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Onkelinx plaide pour une unité hospitalière "calamités"

ebolaLa ministre de la Santé publique en affaires courantes, Laurette Onkelinx, plaide pour la création d'une unité hospitalière durable dédiée aux "calamités" pour faire face à l'éventuel accueil de patients contaminés par le virus d'Ebola, a-t-elle indiqué mercredi en commission Santé de la Chambre. Une unité de niveau 4, indispensable à la prise en charge de telles maladies, n'existe actuellement pas en Belgique. "Ce ne sera pas évident", a réagi un porte-parole du ministre de la Défense.

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Mme Onkelinx a détaillé les différentes procédures établies pour faire face à la prise en charge de patients pour lesquels un cas d'Ebola est suspecté ou confirmé. Aucun cas n'a été confirmé en Belgique, a-t-elle rappelé. Sept personnes ayant séjourné en Afrique de l'Ouest ont constitué des cas suspects, "ce qui a permis de constater le fonctionnement de la coordination entre les différents services", mais aucun d'entre eux ne s'est avéré contaminé.

Des directives ont été données aux services d'urgence, le personnel de l'hôpital militaire reine Astrid a été formé et une ambulance de l'armée sera dès le 23 septembre opérationnelle pour le transport isolé de personnes contaminées, a notamment exposé la ministre.

La Belgique compte huit hôpitaux "tertiaires" pour les cas suspects, mais ne dispose pas de centre de niveau 4 qui permet l'accueil de patients atteints par le virus, c'est-à-dire équipé de sas, de système d'isolation, de chambre à pression négative ou encore de système particulier de gestion et décontamination des déchets.

Le ministère de la Santé a évalué plusieurs scénarios pour l'accueil des patients contaminés avec différents partenaires. Il en est ressorti que les hôpitaux universitaires ne constituaient pas une bonne solution, la mise à disposition de leur service de soins intensifs n'étant pas conciliable avec leur fonctionnement et la poursuite de leur mission de santé publique, a indiqué Mme Onkelinx.

"Pas évident", selon la Défense
La ministre plaide donc pour la création au sein de l'hôpital militaire de Neder-over-Hembeek d'une unité durable "calamités" qui pourrait accueillir les personnes contaminées par des virus extrêmement contagieux comme celui d'Ebola. Elle a indiqué attendre une réponse de son collègue de la Défense.

"Ce ne sera pas évident", a réagi un porte-parole du ministre De Crem auprès de l'agence Belga. Il y avait déjà une demande en 2006 pour la création d'une unité de lits T4 qui permettent d'éviter une contamination via le sang ou les fluides corporels, a-t-il souligné. "La Santé publique s'était engagée à créer cette structure, mais il n'y a jamais eu de suite." Le porte-parole s'interroge dès lors sur la promesse faite par la ministre Onkelinx à Médecins Sans Frontières de pouvoir accueillir les membres de l'ONG qui seraient contaminés par le virus.

En attendant la création éventuelle d'une telle unité, la Belgique est en contact avec quatre villes européennes qui disposent d'une installation hospitalière de niveau 4 au cas où cela s'avérerait nécessaire: Rome (Italie), Hambourg (Allemagne), Londres (Angleterre) et Lyon (France), a souligné de son côté le représentant du ministre des Affaires étrangères.

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Jean-Pascal Labille © photo_news

Le ministre de la Coopération au Développement, Jean-Pascal Labille, a lui détaillé les moyens qui avaient été dégagés pour la lutte contre l'épidémie. Il a annoncé qu'il allait encore demander 5 à 7 millions d'euros pour le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et MSF.

Le ministre a également répété qu'il était favorable à la mise sur pied au niveau européen d'un 'EU-fast' sur le modèle du groupe d'intervention belge B-fast. Cette structure permettrait d'intervenir rapidement et de manière coordonnée en cas de crise comme celle-ci, a précisé M. Labille, qui a cependant dû constater le faible enthousiasme de ses collègues européens sur le sujet lors de récentes discussions.

Enfin, M. De la Vigne, chargé de la réponse Ebola au sein de MSF, a souligné que des "moyens exceptionnels et très spécifiques" étaient nécessaires pour endiguer l'épidémie. "Il s'agit de mesures assez simples, mais les besoins en termes de leadership et de coordination", qui font actuellement défaut, "sont très importants", a-t-il martelé.

Le bilan de l'épidémie est actuellement de 2.500 morts et 5.000 cas détectés. La zone à risque concerne quelque 250 millions de personnes réparties dans huit pays d'Afrique de l'Ouest.