Philippe et Hubert ont reproduit l’Abbaye du Val-Dieu en santon

Passionnés de crèches et de santons, Philippe et Hubert ont reproduit l’Abbaye du Val-Dieu en miniature. Une création chère aux yeux des deux amis qui est actuellement exposée entre les murs de la version grandeur nature, à Aubel. Une première pour eux qui espèrent un jour montrer leurs œuvres au Musée de la vie Wallonne.

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Reproduction de l'abbaye comme à l'époque des moines brasseurs. © D.R.

Les hobbys aident souvent à passer un cap difficile, à hisser la tête hors de l’eau quand rien ne semble aller comme on le voudrait. Les santons, c’est ce qui a aidé Philippe Delmotte. “Les crèches ont été une sorte de fuite”, comme il dit. Une passion qui lui rappelle son enfance passée dans une ferme de la Hesbaye. “En créant mes crèches, je retrouve un peu de mes grands-parents. Je m'identifie aussi aux petits personnages que j’ai demandés à Robert Noirhomme (NDLR : monsieur Noirhomme est un santonnier liégeois décédé en 2018) de fabriquer. Le petit garçon qui court après les vaches, c’est moi”, s’émeut Philippe.

Plus tôt dans sa vie, Philippe avait entrepris des études d’architecture d’intérieur. Un cursus qu'il n’a jamais terminé mais qui lui a tout de même apporté quelques bons outils pour la confection de ses crèches. “Avec les santons, j’ai retrouvé ce que j’aimais à Saint-Luc, c’est-à-dire la peinture et les maquettes”, explique-t-il. 

La crèche, une histoire de partage

Si au départ sa passion était plutôt anonyme, réservée aux quels chanceux membres de sa famille et à ses amis, internet lui a ouvert les portes d’une communauté internationale. Sur les réseaux sociaux et via les forums, il peut à présent montrer ses créations, y distiller et chercher quelques conseils et parler avec d’autres personnes qui, comme lui, ont pour passe-temps la confection de crèches. C’est comme cela que Philippe Delmotte a rencontré Michel Vincent, spécialiste stavelotain des crèches, qui, il faut le préciser, n’est pas animateur sur la radio publique. Celui-ci a permis à Philippe de rencontrer encore davantage de passionnés, et même quelques artisans qui fabriquent eux-mêmes leurs santons. Auprès d’eux, il a d’ailleurs passé quelques commandes uniques, comme les Géants de Liège et Tchantchès.

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Les deux amis sont très fiers de leur abbaye du Val-Dieu version santon. © D.R.

Sur le plan plus pratique, il partage sa passion  avec Hubert Kerstens, un ami maastrichtois qui l’aide dans la conception des crèches, qu’elles soient provençales ou orientales. Depuis peu, il fabrique d’ailleurs lui-même des santons. “Ma devise, c’est : “si les autres peuvent le faire, alors pourquoi je ne pourrais pas le faire”. J’aime fabriquer des choses moi-même et ça m’amuse de créer mes propres santons. Par contre, je ne les peins pas, je n’aime pas ça. Je laisse ce travail à Philippe”, rigole Hubert.

L’année dernière, les deux amis ont créé une pièce très ambitieuse, et surtout très parlante pour tous les liégeois. Ils ont reproduit la place du Marché comme à l’époque, avec tous ses personnages authentiques comme la marchande de poires cuites, celle qui vend des gravures ou le garçon qui court les pigeons. Et au milieu de ces métiers wallons oubliés, on retrouve un santon à l'effigie de Robert Noirhomme, qui représente ce que Philippe défend avec ses œuvres : l’artisanat et l’authenticité.

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Quelques petits clins d'oeil sont distillés ci et là, dans cette reproduction de la place du Marché. © D.R.
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Robert Noirhomme et son éternel pull jacquard. © D.R.

L’abbaye de Val-Dieu en miniature

Cette année, signe une grande première pour Philippe et Hubert, puisqu’ils exposent leurs créations au grand public, dans l’Abbaye du Val-Dieu. Un lieu qui n’est pas anodin pour les deux hommes. D’un côté, Philippe a toujours trouvé une certaine forme de paix intérieur en s’y rendant, et il aime s’y ressourcer. De l’autre, les parents d’Hubert y allaient chaque année avec lui pour la messe de minuit. Alors, ils ont voulu lui rendre hommage en la reproduisant, avec l’ancienne brasserie aujourd’hui disparue. 

Un travail de longue haleine, puisqu’il leur a fallu pas moins de 6 mois pour achever leur création. “On est fier de ce que l’on va montrer. On est aussi un peu stressé. Avec ces crèches, c’est l’histoire du patrimoine liégeois, et un peu de notre histoire à chacun, que l’on raconte. D’ailleurs, nous serons sur place pour expliquer les détails de nos créations aux visiteurs. Parce qu’une crèche, il faut prendre le temps de bien la regarder, d’en analyser tous les aspects. On y a mis notre personnalité, notre humour. Notamment au niveau de la scène de la nativité, qui est très loin de celle que l’on imagine habituellement, ou du côté des moines brasseurs ”, s'enthousiasme Philippe, qui espère un jour pouvoir exposer au Musée de la vie Wallonne.

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On retrouve plusieurs scènes cocasses dans leurs créations. © D.R.
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La nativité version Philippe Delmotte et Hubert Kerstens, avec un Joseph un peu “tchantchèesque”. © D.R.

Philippe et Hubert sont actuellement exposés à l’Abbaye du Val-Dieu, dans le cadre du Congrès international des crèches, jusqu’au 19 janvier. Ils seront présents sur place les dimanches 8 et 12 décembre, ainsi que le 19 janvier. Plus d'informations sur le site de l’abbaye.

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