Plongée dans l'horreur pour les proches de Valentin Vermeesch

UpdateLe jeune homme de 18 ans, atteint d'un retard mental, avait été tué et torturé dans la nuit du 26 au 27 mars 2017. Cette semaine, le procès des cinq assassins présumés débute à la cour d'assises de Liège. Il durera six semaines.

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Valentin a été poussé dans la Meuse, les mains attachées dans le dos avec des menottes. © RV
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Les faits
Le soir du 26 mars 2017, Valentin Vermeesch s'est rendu chez Belinda Donnay avec d'autres jeunes qu'il considérait comme ses amis. Rapidement, le jeune homme a été forcé à boire de l'alcool et à fumer des joints. Sous la menace d'un couteau, des gages lui ont ensuite été imposés. Les jeunes présents à cette soirée ont ensuite torturé Valentin et l'on forcé à se livrer à des actes sexuels. 

Le groupe est ensuite sorti pour attacher le jeune homme à une barrière dans une gare. Les jeunes ont alors simulé un faux contrôle de police pour humilier et battre à nouveau Valentin. Les versions divergent ensuite: le jeune homme aurait été menotté puis démenotté pour lui faire croire qu'il pouvait s'enfuir avant d'être finalement jeté dans la Meuse, vivant et les mains liées. Il sera retrouvé le 14 avril, mort de noyade.

Selon l'acte d'accusation, la victime a régulièrement supplié ses bourreaux d'arrêter. "Je ne vous ai rien fait, j'étais là pour passer une soirée entre amis", a-t-il déclaré. Il signalait constamment qu'il voulait partir. 

Le comportement des assassins présumés
Plusieurs scènes ont été filmées et enregistrées sur la tablette du plus jeune des accusés, Killian Wilmet. Dès le lendemain des faits, plusieurs accusés, en riant, ont raconté les faits à des amis ou des proches.

Alexandre Hart a également eu des contacts avec les parents de Valentin, leur affirmant ne pas savoir ce qui était arrivé à leur fils. Il a aussi envoyé six messages sur le GSM de la victime pour lui demander où celle-ci se trouvait. "Val, j'ai appris que tu n'étais toujours pas rentré chez toi, la police m'a sonné, donc c'est la preuve que tu n'es pas rentré. C'est pas marrant, rentre chez toi, tu nous fais tous peur là, t'es où? ", écrit-il dans l'un d'eux.

Alexandre Hart, le principal suspect, décrit comme un psychopathe

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Alexandre Hart © belga
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Killian Wilmet © belga
Citation

"Parfois, il me déguisait en costume de Minion ou en soldat"

Loïck Masson

Lors de la lecture de l'acte d'accusation lundi, devant la cour d'assises de Liège, la personnalité d'Alexandre Hart, l'un des cinq accusés, a été décrite comme celle d'un psychopathe manipulateur et sadique. 

Alexandre Hart, âgé de 21 ans, s'est "fait remarquer très tôt par son comportement violent à l'école", pointe l'acte d'accusation. En 2011, il blesse son frère au visage avec une tronçonneuse et s'en vante à l'école. Il entame alors un suivi psychiatrique et a notamment été hospitalisé un mois en pédopsychiatrie à Bertrix. Le diagnostic posé à cette époque fait état d'une "très nette orientation vers une personnalité paranoïaque et psychopathique".

Un être dangereux
Décrit par sa famille comme "sensible, serviable, gentil mais immature et influençable", une assistante sociale le dépeint plutôt comme "manipulateur et dangereux, capable de faire en sorte que les autres soient violents à sa place". Un psychiatre et une psychologue désignés par la justice concluent à une "personnalité perverse et dangereuse. Malgré son jeune âge, il apparaît comme un psychopathe". Cet "agresseur" présente "des traits paranoïaques (et) pervers sadiques qui supposent une jouissance de faire du mal à quelqu'un réduit à l'état d'objet, sans empathie". Les experts qualifient son cas d'incurable. 

Me Molders-Pierre, son avocat, a dit qu'Alexandre Harp attendait avec impatience le procès, "pour pouvoir s'expliquer". "Il est pour lui indispensable de connaître la peine qui lui sera infligée, car il sait qu'il y aura une peine, afin de savoir s'il a un avenir ou pas", a poursuivi son conseil. "Je ne doute pas qu'il prendra ses responsabilités, comme il l'a fait durant l'instruction."

Belinda Donnay
Belinda Donnay, 22 ans, ne vivait plus au domicile familial et avait depuis longtemps quitté l'école. Ses proches la décrivent comme "gentille, polie, serviable, en recherche d'amour et de reconnaissance, mais aussi menteuse et manipulatrice". Selon le psychiatre qui l'a examinée dans le cadre de ce procès, Belinda "est plus intelligente que les autres". Elle ne se trouve pas sous l'emprise d'Alexandre mais "l'accompagne et le seconde sans le critiquer, en allant jusqu'au bout". 

Dorian Daniels
Après avoir grandi dans un milieu précarisé, il n'obtient son CEB qu'à l'âge de 15 ans. Décrit comme "timide, calme, passif", il avait peu d'amis et peu d'activités. Selon la psychologue, Dorian présente une "personnalité mal constituée avec une identité fragile et des difficultés relationnelles", qui laisse "présager une structure borderline". Dorian a humilié Valentin, "une manière pour lui de se rassurer sur sa propre force virile et de se valoriser". Il est possible qu'il ait été fasciné par Alexandre.

Loïck Masson
Le jeune homme, qui avait 23 ans au moment des faits, est considéré comme immature et naïf selon l'acte d'accusation. Enfant, il était effacé et solitaire. Il a voulu tenter de se faire passer pour "un dur" une fois adulte et publiait sur Facebook des photos où il s'exposait avec des armes à feu et des billets de banque. 

Selon le psychiatre, il est limité intellectuellement, souffre d'un retard mental léger mais a bien perçu la gravité des faits commis. Atteint d'un cancer des ganglions à l'âge de 18 ans, l'accusé est aujourd'hui en rémission.

Loïck Masson, 23 ans, est un passionné de mécanique, de moto et de tuning. Il a fait de la moto avec le compagnon de sa voisine, Alexandre Hart. Il confie aujourd'hui: "Parfois, il me déguisait en costume de Minion ou en soldat et il me faisait me rendre ridicule comme ça. Il disait: allez, mets-le, on va bien s'amuser. Moi je n'avais pas envie mais je le faisais quand même."

Killian Wilmet
L'accusé reconnaît aujourd'hui qu'il n'aimait pas l'école et se montrait difficile "exprès pour être renvoyé et ne plus devoir aller à l'école". Placé en IPPJ, il a aussi participé à une émeute. Au procès, il se montre peu locace et n'explique pas pourquoi il a diffusé sur Facebook les images de tortures de Valentin Vermeesch. "Ce n'était pas pour me vanter", a enfin déclaré du bout des lèvres Killian Wilmet. "J'avais peur d'expliquer. C'était comme pour demander de l'aide." Le jeune homme avait montré les images à trois amis, dit-il, avant de confier sa tablette à sa sœur "pour ne pas que quelqu'un d'autre tombe dessus."

"Une proie facile", selon l'acte d'accusation

Si les accusés sont peu instruits, oisifs, disposent de faibles repères et proviennent de milieux précaires, cela ne suffit pas à expliquer leur passage à l'acte, selon une psychologue.

Chacun était conscient de la vulnérabilité de Valentin, victime idéale prête à tout pour se faire accepter par les autres. Alexandre, perçu comme "celui qui fait peur" et "oriente les autres", menait la danse mais les autres bourreaux n'ont pas remis en question son sadisme. Les accusés avaient peu de conscience morale et de limites. "Pris dans une dynamique d'union et de puissance, aucun n'a eu le réflexe de se retirer, chacun trouvant une réponse à ses propres problèmes ou ses besoins. S'ils déclarent tous avoir été soumis aux ordres d'Alexandre, c'est une façon pour eux de se déresponsabiliser." 

Peu de temps avant son assassinat, Valentin Vermeesch était livré à lui-même, en décrochage scolaire, sans avenir ou projet. Il était devenu "une proie facile prête à tous les excès, gentil, naïf et inoffensif comme un enfant", annonce l'acte d'accusation.

Des précédents

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Alexandre Hart © belga

Le 18 février 2016, Valentin a déposé une plainte en compagnie de son père. Il a raconté qu'il s'était trouvé un soir dans un appartement où Alexandre Hart était également présent, tout comme un ami, P.C. Valentin avait été retenu contre son gré et avait eu les poignets entravés. On lui avait aussi volé une enceinte bluetooth, une veste, un GSM et une casquette. 

Interrogé par la présidente de la cour d'assises, Catherine Urbain, sur cet épisode, Alexandre Hart a confirmé avoir attaché la victime avec des colsons. "On a juste joué aux gendarmes et aux voleurs. Après, ça a dégénéré lorsque P.C. a tiré sur Valentin avec un pistolet à billes."

L'accusé a ensuite été interrogé sur une soirée en mai 2016 chez Belinda Donnay pour l'anniversaire d'un ami, R.S. Ce dernier, pour ses 18 ans, avait subi un "bizutage". "Il a été attaché. On l'a aussi mis dans le jardin pour lui lancer de la farine et des oeufs, de la sauce tomate et du ketchup." La présidente l'a encore confronté à une déclaration de l'époque envers R.S: "t'as de la chance qu'on t'aime bien, sinon tu serais déjà enterré dans le jardin". "Je ne me souviens pas", a déclaré Alexandre Hart. "C'était un bizutage gentil, comme les rhétos le font en rue." Aux enquêteurs, la victime des faits dira avoir été "fortement traumatisé" par ces faits.

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