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Pourquoi les grévistes passent à l'action: "Nous ne sommes pas des saboteurs"

Le pays va fonctionner au ralenti ce mardi. De nombreux secteurs seront en grève, en protestation contre les dernières mesures du gouvernement Michel. Etienne Libert, secrétaire général de la CGSP Cheminots, et Anne Donceel, membre de la FGTB du Service fédéral des pensions, nous ont expliqué pourquoi ils ont décidé d'agir.

Les syndicats prévoient de paralyser de nombreux secteurs lors d'un important mouvement de grogne ce mardi 10 octobre. Il devrait impacter des secteurs comme l'enseignement, les chemins de fer et une bonne partie du secteur public dans son ensemble. Les administrations seront soit fermées, soit en accès limité.

A l'origine, ce sont plusieurs annonces du gouvernement qui font grincer des dents. Il prévoit notamment de supprimer les tantièmes préférentiels au niveau des pensions ainsi que la pension maladie. Contacté par 7sur7, Etienne Libert, secrétaire général de la CGSP Cheminots, note d'autres mesures qui déplaisent fortement au syndicat. "Nous sommes contre le principe de la contractualisation au lieu de la statutarisation car cela permettra de licencier beaucoup plus vite", indique-t-il. "Dans une déclaration gouvernementale, le ministre Peeters a aussi évoqué l'éventualité de privatiser la SNCB. Pour nous, c'est une attaque inacceptable."

"L'équivalent de trois Caterpillar"
Il poursuit: "La réduction imposée en dotation publique est de 3,4 milliards. Quand on sait que les perceptions sont de 15 milliards et que la réduction en charges est l'équivalent de 13 milliards, on comprend que ces 3,4 milliards sont en fait la différence, la balance d'équilibre. La SNCB va perdre l'équivalent de 7.000 emplois. Pas en licenciements bien sûr, mais on ne recrutera plus et on ne compensera plus les départs. Faites le compte: c'est l'équivalent de trois Caterpillar!"

Les syndicats estiment que les pensions risquent d'être fortement impactées par les mesures voulues par le gouvernement Michel. On parle par exemple de la suppression de la bonification pour diplôme dans le calcul.

Pour Anne Donceel, membre de la FGTB du Service fédéral des Pensions, la situation est devenue "inadmissible". "En tant que fonctionnaire, je relève deux gros problèmes. On est en train d'assister au détricotage de nos droits. Notre obligation de diplôme pour obtenir certains postes disparaît également. Et ceux qui souffrent d'une inaptitude physique ou d'un handicap risquent de finir plus pauvres à la fin de leur carrière. On a l'impression qu'on appauvrit les gens en donnant de moins en moins de pension. Le problème, c'est qu'on s'en prend aux personnes qui ont déjà des soucis. Ils ne sont pas responsables de leur situation s'ils sont malades! Et on veut nous faire croire qu'on sera plus riche en travaillant plus longtemps. En tant que déléguée de gauche, je regrette aussi qu'on en arrive à monter les classes les unes contre les autres."

"Si on n'est pas entendu, le mouvement durera"
Au niveau de la FGTB, Anne Donceel espère que le mouvement sera fortement suivi, même si elle ne veut pas en dire trop sur les actions prévues, "pour garder un petit effet de surprise". "Nous essayons de mobiliser un maximum de monde. Au niveau liégeois, la FGTB nous soutient énormément. Et je crois qu'au niveau de la fonction publique au sens large, les gens sont motivés car ils veulent du changement. D'autres actions sont-elles à prévoir dans les prochaines semaines? Si on n'est pas entendu, c'est clair que ça durera."

Et cette fois, les syndicats espèrent qu'ils parviendront à se faire entendre. "On ne parle pas assez du pourquoi nous sommes dans la rue, c'est dommage. La visibilité dans les médias est un peu trompeuse", poursuit Anne Donceel.

Ce qui est sûr, c'est qu'après plusieurs incidents, on a tout fait pour que les mouvements de grève se déroulent dans un esprit serein. "Les grévistes ont été conscientisés à préserver la sécurité de tous", précise Etienne Libert. "Nous ne sommes pas des saboteurs!"

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François Bellot a appelé les cheminots à une certaine mesure vu les problèmes du viaduc de Herrmann-Debroux. © belga

CGSP Cheminots: "Quand un ministre vient pleurer..."

La sortie de François Bellot dimanche sur RTL n'a pas été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme au sein des cheminots wallons, c'est le moins qu'on puisse écrire. Pour rappel, le ministre fédéral de la Mobilité avait appelé la CGSP à la retenue alors que des alternatives ont été mises en place pour les automobilistes suite à la fermeture du viaduc Herrmann-Debroux.

Patrick Lebrun, secrétaire fédéral de la CGSP, avait d'ailleurs qualifié le ministre de "pyromane qui appelle les pompiers" sur les ondes de RTL-TVi. L'avis d'Etienne Libert n'est évidemment pas différent.

"On en revient à nos revendications. Si on avait investi dans les ouvrages publics, le viaduc Herrmann-Debroux ne serait sans doute pas dans cet état. Tout ce qu'on n'investit pas aujourd'hui nous coûte de l'argent demain. C'est la même chose avec les tunnels. Mais je suis très clair à ce sujet: ces problèmes sont aussi une conséquence de la politique menée par la précédente majorité MR-PS, comme c'est le cas aujourd'hui avec le CD&V, la N-VA et le MR. Ils sont tous coupables."

L'appel de François Bellot ne sera évidemment pas suivi. "Aujourd'hui, on a un ministre de la Mobilité qui vient pleurer... Et il remet en plus mon droit de grève en cause alors que je l'ai déposé à heure et à temps. Pourquoi moi je devrais me bouger?", conclut Etienne Libert.

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