Près de 700 policiers réunis à Liège pour dire stop aux violences

Malgré la pluie continue de ce mercredi, des centaines de policiers se sont rassemblés sur la place Saint-Lambert, à Liège, pour manifester contre les violences envers la police. 

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Ils étaient entre 600 et 700 policiers rassemblés sur la place Saint-Lambert. © Sarah Moran Garcia
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Ils étaient rassemblés pour montrer leur mécontentenemnt face aux violences envers les policiers. © Sarah Moran Garcia

Ils étaient entre 600 et 700 policiers de Liège, de Wallonie et de Bruxelles rassemblés, ce mercredi, en marge de l’audience du Tribunal correctionnel de Liège qui se penchait sur une fusillade commise à Tiège durant laquelle Amaury Delrez avait perdu la vie, pour manifester contre les violences envers la police. Les organisateurs du mouvement de colère se défendent toutefois de vouloir faire pression sur la justice. Ils ne se sentent pas assez entendus et veulent simplement faire passer leur message aux politiques et aux citoyens. Une façon, également, de soutenir les familles, les proches, les collègues et les victimes de ce type de violences, à l’instar de Maxime Pans.

Les représentants de la police demandent que la tolérance zéro soit effective depuis le Parquet jusqu’au tribunal d’application des peines. Un discours auquel se joignent le Syndicat National du personnel de Police et de Sécurité (SNPS), la CGSP et la CSC. Ils en appellent également aux politiques et à la justice, afin que ceux-ci réfléchissent à un réinvestissement dans les services publics. Parce que, comme le souligne Eddy Quaino, permanent CGSP pour la police, la violence ne touche pas uniquement les policiers. On la retrouve partout, que ce soit du côté des pompiers, des services d’urgence ou même dans les hôpitaux.

Du ras-le-bol au burn out

“Comme beaucoup de collègues sur la zone, j’ai déjà été victime de violences policières. Et ça se passe tant sur le terrain que chez nous” commente l’inspecteur principal Mike Imperatore, attaché au service intervention de la police de Liège. Il est entré à la police il y a de cela 16 ans et a constaté une augmentation des agressions vis-à-vis des policiers, ainsi qu’une diminution du respect des citoyens pour les hommes et les femmes qui doivent les protéger. “On en est venu, en dix ans, à une situation où les gens n’ont plus peur de la police. Il y a un rapport de force plus important et on doit asseoir notre autorité”, ajoute-t-il.

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Avec l’importante médiatisation des bavures policières, parce que je sais que certains ne sont pas tout à fait droits dans leurs bottes, les personnes qui ont commis des délits tentent d’appuyer sur cet argument pour échapper à la justice.

Maxime, Inspecteur de police à Bruxelles

L’inspecteur principal estime également qu’il y a une sorte d’impunité auprès de la population, que les personnes savent ce qu’elles risquent ou non. Des propos que rejoint Maxime, un jeune inspecteur qui travaille à Bruxelles depuis un an : “Lorsque l’on voit que le meurtrier de Kitty a été libéré, ça laisse un goût amer. En ce qui concerne ma zone, on intervient le plus souvent pour des faits commis par des mineurs qui vont de toute façon être simplement placés en IPPJ. Lorsque ce sont des adultes, ils se rebellent. On est donc forcé de réagir de manière plus musclée et ça pèse dans la balance lors des audiences. De plus, avec l’importante médiatisation des bavures policières, parce que je sais que certains ne sont pas tout à fait droits dans leurs bottes, les personnes qui ont commis des délits tentent d’appuyer sur cet argument pour échapper à la justice, même si elles sont effectivement en tort et que la police n’a fait que son travail.”

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Mike Imperatore. © Sarah Moran Garcia

Bien que les deux inspecteurs ne travaillent pas au même endroit, et ne se sont jamais croisés, ils font le même constat : davantage de policiers font des burn out. “Actuellement, on constate que de plus en plus de jeunes policiers se tournent vers des services en interne où l’on est moins sur le terrain”, indique Mike Imperatore, soulignant que certaines recrues ne voient plus le métier comme une vocation, mais simplement comme un gagne-pain.