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Procès Valentin: les enquêteurs révèlent le déroulement des auditions

Les enquêteurs ont poursuivi leur témoignage, vendredi après-midi devant la cour d'assises de Liège, en détaillant les différentes auditions des cinq accusés au procès pour l'assassinat de Valentin Vermeesch en mars 2017. Le commissaire qui a entendu Alexandre Hart l'a qualifié de "garçon déconcertant" au vu de son manque d'émotion et de son vocabulaire parfois "étonnant".

Alexandre Hart, 21 ans, était "variable, versatile et menteur" lors de ses différentes auditions, a témoigné le commissaire qui l'a entendu. "C'est un garçon déconcertant. Lorsque l'on évoque des choses sérieuses, importantes et graves, lorsqu'il est question de violences, il apparaît sans présenter d'émotion", a-t-il expliqué à la cour. "Il n'a pas de gêne et est assez détaché. On perçoit parfois de la fierté et une forme d'amusement" dans son chef.

"Mots étonnants"
Alexandre est déconcertant également "dans le choix de ses mots". Par exemple, quand il est question d'une scène de brûlure, il se décrit comme sympathique car il n'a pas été aussi loin que les autres. "Régulièrement, dans son vocabulaire, ressortent des mots étonnants."

Killian Wilmet, 18 ans (mineur au moment des faits), est décrit par l'enquêteur qui l'a entendu comme "correct", qui "a semblé spontané dans ses déclarations". Il a glissé avoir été étonné des propos tenus jeudi à l'encontre de l'accusé, la présidente, l'avocate générale et l'avocat des parties civiles ayant déploré le peu de collaboration dont semble faire preuve M. Wilmet depuis le début du procès. "ll ne s'épanche pas longuement mais il apportait parfois des précisions supplémentaires" avant même que les enquêteurs ne lui posent de questions, a souligné ce policier. L'accusé est toutefois décrit comme "assez froid dans ses émotions".

"Explications abracadabrantes"
Loick Masson, 23 ans, s'est lui "parfois embarqué dans des explications abracadabrantes", a relevé l'enquêtrice qui l'a entendu à plusieurs reprises. Il s'est toujours présenté comme une victime et a expliqué avoir agi sous "la pression et la menace d'Alexandre". Menaces qui n'ont pas été confirmées par les autres accusés ou témoins, a souligné l'enquêtrice. Celle-ci ajoute que l'accusé a tenté d'influencer les policiers "en adoptant certaines attitudes d'une personne autiste, soit un balancement d'avant en arrière". Les expertises médicales n'ont pas confirmé qu'il souffrait de ce trouble.

Belinda Donnay, 22 ans, est décrite comme "cordiale et polie mais peu collaborante. Elle ne dit des choses que si on lui pose des questions précises". Souvent, "lorsque de nouveaux éléments lui sont soumis, elle dit ne pas (avoir été) présente, ne s'en souvient absolument pas, voire nie que cela se soit passé, ajoutant 'à sa connaissance'". C'est tout de même grâce à elle que la police a retrouvé le pistolet à billes d'Alexandre, caché chez un voisin, souligne l'enquêteur.

"Poli et collaborant"
Dorian Daniels, 22 ans, n'a jamais posé "le moindre problème, il a toujours été collaborant, poli, tout en ayant des difficultés à établir la chronologie des faits". Il a parfois "fourni spontanément des faits mais a toujours tenté de minimiser son implication", relève l'enquêteur. Il mettra d'ailleurs du temps à reconnaître son rôle actif dans les faits. Il n'avouera qu'une fois confronté aux enregistrements, qu'il n'a d'ailleurs jamais voulu "écouter ou voir". L'accusé a parfois tenu des propos qui ont étonné l'enquêteur, comme lorsqu'il a affirmé que la nuit avait été "atroce pour tout le monde". Il a déclaré qu'il "ne comprenait pas comment cette nuit de calvaire et cette fin tragique avaient pu exister mais qu'il les regrettait".

Contradictions
Les enquêteurs ont ensuite décrit en détails le contenu des différentes auditions des accusés, pointant les contradictions, comme depuis le début du procès.

L'audience a été suspendue quelques minutes après que des gestes de menaces ont été adressés. Il semble qu'une des parties civiles ait également été ivre, ce qui aurait dérangé l'exposé du jour. La présidente Catherine Urbain a demandé à l'avocat des parties civiles d'informer ses clients que les menaces constituent une infraction. Elle a également souligné que plus aucun débordement ne serait accepté et prié les policiers d'évacuer toute personne qui proférerait une menace et de dresser un PV.