Mohammad Qader Mohammadi.
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Mohammad Qader Mohammadi. © CDR

Qader, réfugié afghan, fabrique des masques: “Je veux donner en échange de toute l’aide que je reçois ici en Belgique”

RoulersDu matin au soir, Mohammad Qader Mohammadi, 42 ans, est assis derrière sa machine à coudre pour fabriquer des masques buccaux pour le personnel soignant. Qader a fui son pays natal, l’Afghanistan, il y a plus de dix ans. Durant cette crise sanitaire, il souhaite rendre service à la Belgique qui l’a aidée. “Je suis diabétique, donc j’appartiens moi-même au groupe à risque, mais je sais combien il est important de bien vous protéger”, confie-t-il.

La vie de Mohammad Qader Mohammadi n’a pas été facile. Il a perdu ses parents et son frère lors d'une attaque à la roquette qui a détruit la maison de ses parents en Afghanistan. Il s’est ensuite enfui en Iran où les conditions de vie étaient loin d’être idéales. “Mais j’ai appris à coudre là-bas”, explique-t-il à nos confrères d’HLN. “En Afghanistan, je travaillais comme boulanger, mais en Iran, je travaillais dans une usine où ils fabriquaient des costumes. Je n’avais jamais travaillé avec une machine à coudre auparavant et j’ai appris le métier en pratiquant. J’ai fini par coudre 20 à 30 costumes par semaine”.

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Permis de séjour

Il y a dix ans, Qader est arrivé à Bruxelles en tant que demandeur d’asile, mais ce n’est que très récemment qu’il a reçu son permis de séjour. “J’ai vécu à la Klein Kasteeltje, à Opwijk, j’ai passé des nuits dans le parc Maximilien à Bruxelles et j’ai fini par me retrouver au centre d’asile de Poelkapelle où j’ai reçu mon permis de séjour. Je vis à Roulers depuis environ sept mois, dans une petite chambre. Mais j’aime vivre ici et je suis déjà à la recherche d’un endroit plus spacieux. Les gens ici sont amicaux et m’aident quand ils le peuvent.”

Qader suit des cours de néerlandais. Il réussit déjà à parler, mais aujourd’hui il se concentre sur la lecture et l’écriture. Il utilise également ses compétences au club de couture de la “RSL Op Post”. “J’aide les gens à raccourcir leurs pantalons, par exemple. Tout le monde est toujours très enthousiaste à propos de mon travail”, ajoute-t-il.

Mais à cause de la crise du coronavirus, Qader ne pouvait plus travailler. “Un jour, j’ai reçu un appel m’informant que le club de couture n’était plus autorisé à continuer, mais on m’a demandé si j’étais prêt à faire des masques buccaux à la maison. Je n’ai pas hésité une seconde, car je veux faire quelque chose en échange de toute l’aide que je reçois ici en Belgique”.

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Emploi à temps plein

La ville de Roulers a fourni à Qader le tissu nécessaire, une machine à coudre et un manuel pour fabriquer des masques buccaux pour les soignants. Depuis une semaine, Qader travaille donc à plein temps. “Chaque jour, je couds des masques buccaux du matin au soir. Je fais une pause juste pour manger, faire des courses et me promener”.

“Le soir, je prépare mon matériel en coupant le tissu à l’aide d’un patron afin de pouvoir commencer à coudre dès le matin”, explique Qader. “Je ne compte pas vraiment le nombre de masques que je fabrique, je continue. Je suis particulièrement heureux de pouvoir m’occuper de manière utile et d’aider à ma façon”.

Qader considère son travail comme un service en contrepartie de ce que la Belgique lui a donné. Il espère aussi que nous parviendrons à surmonter la crise le plus rapidement possible. “J’ai peur de ce virus. Je suis diabétique et j’appartiens donc moi-même au groupe à risque. Le Covid-19 peut me tuer, donc je suis aussi très prudent et je me protège au mieux”.