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Que contient vraiment le programme du Vlaams Belang?

Flandre indépendante, stop migratoire, mobilité: que propose véritablement le parti qui a convaincu près de 18% des électeurs flamands lors des élections de ce dimanche 26 mai?

La migration

Les propositions fortes du Vlaams Belang demeurent celles en matière d’immigration. Le parti préconise une politique migratoire très stricte: les règles existant en matière de regroupement familial doivent être renforcées, les demandeurs d’asile déboutés, les migrants illégaux et les étrangers criminels “doivent être renvoyés dans leur pays d’origine”, et tous les demandeurs d’asile doivent être placés en centre fermé.

Une Flandre indépendante

Le Vlaams Belang prône la fin de la monarchie belge et souhaite la création d’un État flamand indépendant.  “Nous partons du principe que le peuple flamand a droit à une politique qui garde l’argent flamand entre ses mains et qui est adaptée à ses préférences et à ses besoins”, déclare le parti dans son programme. Il ajoute être prêt à entretenir de bonnes relations avec la Wallonie après la dissolution de la Belgique. 

Une “Europe libre”

Le parti se considère comme “pro-européen” mais propose toutefois la suppression du  Parlement européen et de la Commission européenne. Il souhaite abolir l’euro, et le remplacer par “une unité monétaire saine que partageraient les pays européens ayant une situation économique similaire”. Enfin, le Vlaams Belang souhaite résilier les accords de Schengen, qui permettent la libre circulation des personnes entre les États signataires. “Les États membres [de l’UE] doivent pouvoir reprendre le contrôle de leurs frontières”, argumente le parti.

Un volet social

Malgré un programme très à droite, le Vlaams Belang s’est “gauchisé” sur le plan socio-économique. Le parti prône la protection des personnes socialement et économiquement vulnérables et propose notamment le retour de la pension à 65 ans, en l’augmentant à 1.500 euros minimum, ainsi que l’instauration d'un système de Sécurité sociale “solide” pour les Flamands uniquement. Il veut ainsi mettre un terme aux “milliards de transferts” de la Flandre vers la Wallonie.

Le  Belang plaide également en faveur d’une politique qui consacrerait beaucoup d’efforts à l’innovation, à la recherche et au développement, et qui offrirait à ses propres industries un maximum de possibilités de développement afin d’augmenter l’attractivité de la Flandre pour les investisseurs étrangers.

Aspect sécuritaire

Le parti prône le renforcement de la présence policière dans les rues, l’abolition de la libération conditionnelle, la prison à vie pour les terroristes, et la castration chimique pour les auteurs de crimes sexuels.

Climat

Les membres du Vlaams Belang ne croient pas à “l’hystérie climatique”, et ne plaident donc pas en faveur de la sortie du nucléaire et du développement des énergies renouvelables. Ils souhaitent donc ramener la TVA sur l’électricité de 21 à 6%.

Mobilité

Le climat ne faisant pas partie de ses priorités, le Vlaams Belang souhaite à tout prix préserver la population du surcoût qui découlera de la lutte contre le réchauffement climatique. Il prône ainsi la mise en place d’une vignette pour les conducteurs étrangers afin qu’ils contribuent à l’entretien des infrastructures routières, la suppression des zones à faibles émissions comme à Bruxelles ou à Anvers, ainsi que de la taxe kilométrique à laquelle sont soumis les routiers flamands.

Si le “tout à la voiture” semble de rigueur, il souhaite toutefois développer l’offre en matière de transports en commun et réinvestir dans le rail... à condition que celui-ci soit scindé entre la Flandre et la Wallonie. 

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