Plein écran
La procureure Catherine Ramaekers. © Photo News

Rebondissement de taille au procès de la catastrophe de Buizingen

La procureure Catherine Ramaekers a changé de position, jeudi, au procès de la catastrophe ferroviaire de Buizingen, devant le tribunal de police de Bruxelles. Elle a dit ne plus être opposée à l’application du principe du décumul des responsabilités qui veut que la personne qui a commis la faute la plus grave soit seule condamnée. Le conducteur de train pourrait ainsi ne pas être sanctionné pénalement. Dans ce procès, la SNCB, Infrabel et un conducteur de train sont prévenus pour avoir commis des fautes ayant conduit à la catastrophe ferroviaire de Buizingen, survenue le 15 février 2010.

La procureure a déclaré dans ses répliques, jeudi en fin de matinée, qu’elle ne s’opposait plus à l’application de l’article 5 du code pénal. Celui-ci prévoit que lorsque la responsabilité d’une personne morale est engagée exclusivement en raison de l’intervention d’une personne physique, seule la personne (physique ou morale) qui a commis la faute la plus grave peut être condamnée.

C’est ce qu’a plaidé à titre subsidiaire lundi la défense du conducteur de train. Pour celle-ci, son client n’a commis aucune erreur mais, s’il en avait effectivement commis une, la faute la plus grave a été commise par la SNCB en n’assurant pas une sécurité optimale sur le rail.

Si le tribunal applique l’article 5 sur le décumul des responsabilités et estime en effet que les fautes les plus graves ont été commises par la SNCB ou Infrabel, le conducteur de train pourrait être reconnu responsable d’une faute mais sans être condamné sur le plan pénal. Il resterait toutefois redevable sur le plan civil.

Jeudi, la procureure a tenu à préciser également qu’elle n’avait eu un aperçu de la personnalité du conducteur que via ses auditions vidéo-filmées, qui laissaient apparaître une personne peu empathique à l’égard des victimes. Elle a déclaré qu’au fil des audiences elle avait cependant pu entrevoir un homme très affecté par la catastrophe, très différent de l’image qu’il a donné dans ses auditions.

Le 15 février 2010, un train L Louvain-Braine-le-Comte a percuté un train IC Quiévrain-Liège-Guillemains à hauteur de Buizingen, dans l’entité de Hal (Brabant flamand). L’accident a fait dix-neuf morts, une trentaine de blessés graves et une centaine de blessés légers.

Le conducteur du train L est suspecté d’avoir brûlé un feu rouge, ce qu’il a toujours nié.

La SNCB, opérateur du réseau ferroviaire, et Infrabel, gestionnaire du réseau, sont quant à elles suspectées de négligence en matière de sécurité.

“Je reste convaincu que je n’ai pas passé le signal rouge”

Le conducteur du train prévenu dans le procès de la catastrophe ferroviaire de Buizingen a pris la parole en dernier lieu, jeudi, devant le tribunal de police de Bruxelles. Il a déclaré qu’il était toujours persuadé qu’il n’avait pas franchi un feu rouge et qu’il pensait chaque jour à la catastrophe. Dans ce procès, la SNCB, Infrabel et un conducteur de train sont prévenus pour avoir commis des fautes ayant conduit à la catastrophe ferroviaire de Buizingen, survenue le 15 février 2010.

“Je reste convaincu que je n’ai pas passé le signal rouge”, a déclaré le conducteur de train. “J’ai toujours eu le sentiment d’être le coupable idéal, pour éviter que des questions plus approfondies sur la gestion du trafic ferroviaire soient posées”, a-t-il dit.

“Pas un jour ne se passe sans que je pense à ce moment qui a complètement ruiné nos vies. Tant de temps a passé dans l’incertitude, dans la peur, avec énormément de questions, et dans l’espoir qu’il y aura une réponse à ces questions, pour pouvoir clore ce chapitre et reconstruire nos vies”, a-t-il également déclaré.

“Le dossier a pris beaucoup de temps, mais ce temps était nécessaire compte tenu de sa complexité. Je n’ai jamais essayé de gagner du temps ou de retarder l’enquête”, a encore affirmé le conducteur. “Pendant tout ce temps, mes avocats et moi-même avons tout mis en oeuvre pour participer à l’enquête des experts et j’ai toujours fait de mon mieux pour répondre à toutes les questions et à tous les appels des autorités judiciaires. Mais le sentiment d’être mis à l’écart était très difficile à supporter, d’autant plus qu’Infrabel et la SNCB ont été étroitement associées à l’enquête”, a-t-il poursuivi.

Plein écran
Le conducteur du train (à droite sur la photo) nie avoir passé le signal rouge, comme il l’a répété ce jeudi devant le tribunal de police de Bruxelles. © BELGA
Plein écran
© BELGA
Plein écran
© BELGA