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Restructuration chez GSK: “Ne sabordons pas le secteur pharmaceutique”

Malgré la restructuration annoncée chez GSK, qui pourrait coûter près d'un millier d'emplois en Wallonie, la Région ne lâchera pas le secteur pharmaceutique, "un secteur porteur dont nous sommes l'un des leaders mondiaux", a assuré le ministre wallon de l'Economie, Willy Borsus (MR), lors de la commission conjointe Economie et Emploi du parlement wallon, convoquée ce mercredi pour faire le point sur l'évolution de la situation.

"Ne sabordons pas ce secteur. Ne nous sabordons pas. Notre Région doit créer des richesses pour pouvoir les redistribuer", a martelé le ministre alors que le PTB dénonçait les aides publiques octroyées à GSK, par l'intermédiaire notamment du pôle de compétitivité Biowin, dont le président fait également partie de la direction du groupe pharmaceutique.

"Nous n'avons pas l'intention de remettre en cause nos pôle de compétitivité, ni de mettre à mal un système qui porte ses fruits. Nous devons être mobilisés pour les travailleurs mais ce serait une erreur monumentale que de faire table rase des dispositifs qui ont été mis en place pour attirer chez nous les entreprises", a poursuivi Willy Borsus.

Selon ce dernier, GSK a bénéficié, depuis 2003, de 13,65 millions d'euros d'aides à l'investissement pour un montant total d'investissement de 124,74 millions d'euros. S'y ajoutent près de 62 millions d'euros en avances récupérables - déjà remboursées -; 3,6 millions via les pôles de compétitivité, 5,4 millions en subventions pour des projets de recherche et 826.000 euros dans le cadre du programme First, visant à financer l'engagement de chercheurs pour des projets définis.

“Cadeaux inutiles aux entreprises”

Des aides qui passent mal pour le PTB, le député Julien Liradelfo fustigeant notamment "les cadeaux inutiles aux entreprises". "Ce qu'on attend de vous, c'est d'empêcher les multinationales comme GSK de dicter leurs lois aux pouvoirs publics. Avec vos aides régionales, on pourrait créer des emplois dont nous aurions le contrôle", a-t-il souligné pendant que son chef de file, Germain Mugemangango, appelait à un "débat de fond sur la stratégie économique du gouvernement wallon, ce dont on prive cette commission".

Mais ce mercredi, pour les députés régionaux de l'extrême gauche, pointés du doigt pour leur "indécence", c'était un peu 'toi et moi contre le monde entier' tant les autres partis semblaient déterminés à soutenir l'action de l'exécutif régional dont l'objectif reste de limiter le nombre de licenciements tout en obtenant des garanties pour le futur.

Ces garanties, le gouvernement a assuré les avoir reçues lors de sa rencontre, vendredi dernier, avec le président de GSK Global Vaccines, Roger Connor. Le quartier général de la recherche et développement ainsi que la production des vaccins du géant pharmaceutique mondial resteront en Wallonie, a ainsi rappelé la ministre de l'Emploi, Christie Morreale (PS).

"Le Biotech reste un secteur porteur et pourvoyeur d'emplois vers lequel nous voulons continuer à orienter les gens", a-t-elle ajouté en évoquant l'organisation, du 2 au 17 mars prochains, d'un salon virtuel de l'emploi consacré à la chimie, au pharma et aux biotech. Quelque 300 emplois y seront proposés.