RTL prié de se justifier après la diffusion du calvaire de Valentin

VideoL'Ordre des barreaux francophones et germanophone Avocats.be demande à RTL Belgium de se justifier publiquement après la diffusion du son du calvaire enduré par Valentin Vermeesch, a fait savoir vendredi son président Jean-Pierre Buyle. La question de déposer plainte auprès du Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ) sera abordée lors du conseil d'administration de lundi prochain, a-t-il ajouté.

Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) a reçu plusieurs interpellations vendredi, confirme sa secrétaire générale Muriel Hanot. "Une interpellation n'entraîne pas une ouverture de dossier, contrairement à une plainte", précise-t-elle.

Le son des vidéos du calvaire enduré par Valentin Vermeesch, qui avaient été diffusées à huis clos jeudi devant la cour d'assises de Liège, a été diffusé ensuite sur les ondes de Bel RTL. Ce qui a suscité un débat à l'entame de l'audience de la cour vendredi matin, les avocats de la défense et des parties civiles exprimant tour à tour leur indignation.

"Problème de confiance"
"Cela pose un problème de confiance", selon Jean-Pierre Buyle, qui a dit s'exprimer également au nom des justiciables. "RTL doit se justifier et rendre des comptes au regard des articles 24, 25 et 26 du code de déontologie journalistique." Ces articles stipulent notamment que "les journalistes respectent la vie privée des personnes et ne révèlent aucune donnée personnelle qui ne soit pas pertinente au regard de l'intérêt général" ou encore que "les journalistes évitent l'intrusion dans la douleur des personnes et la diffusion d'informations et d'images attentatoires à la dignité humaine sauf ce qui est pertinent au regard de l'intérêt général."

Selon M. Buyle, "l'argument de l'intérêt général ne permettait pas la diffusion de cette bande son."

De son côté, l'Association des journalistes professionnels (AJP) précise qu'"il appartient aux journalistes de réfléchir sereinement à l'intérêt de diffuser une info (son, image), et de prendre en compte toutes les précautions relatives notamment au respect de la dignité humaine et des victimes".

Lisa-Marie Mattuissi, trop fatiguée pour avertir la police

Les enquêteurs sont revenus sur le rôle de Lisa-Marie Mattuissi. Celle qui était à l'époque la petite amie de l'un des accusés, Loick Masson, avait assisté aux tortures, sans y participer. Si elle a qualifié les faits d'odieux à la juge d'instruction, elle a raconté ne pas avoir appelé la police parce qu'elle était "trop fatiguée".

Entendue puis libérée
Le 18 avril 2017, quelques jours après la découverte du corps de Valentin et l'arrestation des cinq accusés (Alexandre Hart, Dorian Daniels, Loick Masson, Belinda Donnay et Killian Wilmet), Lisa-Marie Mattuissi est privée de liberté. Elle est entendue et finalement libérée par la juge d'instruction, qui l'inculpe de participation aux faits de torture. Elle sera finalement renvoyée par la chambre du conseil devant le tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger. Elle doit encore comparaître dans ce cadre.

Concubine de Loick
Lisa-Marie habitait, avec Loick, dans un studio au rez-de-chaussée de l'immeuble du studio de Belinda Donnay, là où les sévices ont été infligés à Valentin, dans la nuit du 26 au 27 mars 2017. À l'époque, elle était âgée de 21 ans. Elle accuse un léger retard mental et un problème d'élocution, explique l'enquêtrice qui l'a entendue. "Elle ne semblait pas comprendre pourquoi, dans ce dossier, des gens avaient été arrêtés", témoigne-t-elle.

Le récit de Lisa-Marie
Lisa-Marie raconte que le soir des faits, vers 23h, Alexandre Hart et Belinda Donnay sont venus les chercher, elle et Loick, en leur expliquant qu'ils étaient en train de frapper Valentin. Selon elle, Loick connaissait la victime car ils ont fréquenté la même école. Ils sont montés dans le studio de Belinda parce qu'ils "voulaient voir". Elle expose avoir assisté à plusieurs scènes de coups et d'humiliation de Valentin, qui pleurait et suppliait que tout cesse. Elle admet avoir voulu rendre jaloux son compagnon et lui avoir dit que Valentin lui avait touché les fesses, ce qui n'était pas vrai. Loick a alors giflé Valentin. Elle a accompagné les accusés sur le parking de la gare de Statte. Elle dit y avoir assisté à des scènes de coups avant de décider de rentrer car elle "ne voulait plus voir ça".

Multiples versions
Comme pour les accusés, ses versions changent au fil des auditions. Elle dit d'abord que lorsque Loick, qui a suivi le groupe jusqu'au bout, est rentré chez eux, il lui a expliqué qu'Alexandre et Belinda avaient tué Valentin. Elle affirme ensuite qu'Alexandre a tué Valentin seul avant de dire à la juge d'instruction, lors de son interrogatoire, que c'était Belinda. Elle assure avoir demandé que les sévices cessent mais qu'Alexandre et Belinda "avaient un regard méchant". Dorian et Killian "n'écoutaient pas ou rigolaient". 

Elle était "trop fatiguée"
Une fois rentrée chez elle, elle n'a pas appelé la police car son téléphone se trouvait chez un voisin et était déchargé, explique-t-elle. Et de toute façon, elle était "trop fatiguée". L'enquêtrice souligne toutefois qu'à ce moment-là, Lisa-Marie est persuadée que Valentin va être ramené vivant. Loick Masson, interrogé par la présidente, confirme avoir donné les noms d'Alexandre et Belinda à Lisa-Marie lorsqu'il est rentré de l'expédition mortelle. "Elle m'a répondu 'oh je dors'." Enfin, Lisa-Marie a dit, lors de ses auditions, qu'après les faits, le studio a été repeint car il fallait couvrir des taches de sang.

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