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Marie-Christine Marghem, ministre fédérale de l’Énergie (MR). © photo_news

Ruptures d'approvisionnement en électricité: “Aucune raison d’inquiéter le consommateur”

Mise à jourDans un nouveau rapport publié vendredi, le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité Elia met en garde contre un manque de capacité électrique en hausse lors de la sortie du nucléaire prévue à l’horizon 2025. En raison de la sortie du charbon dans plusieurs États européens, des ruptures d’approvisionnement sont par ailleurs à craindre dès l’hiver 2022-2023, a affirmé son CEO Chris Peeters, lors d’une conférence de presse. “Il n’y a aucune raison d’inquiéter inutilement le consommateur”, a réagi vendredi la ministre fédérale de l’Energie et de l’Environnement, Marie Christine Marghem.

La ministre Marghem rappelle que “la sortie du nucléaire et la sécurité d’approvisionnement sont les dossiers sur lesquels planchent son cabinet et son administration depuis le début” de la législature.

Son cabinet souligne que la loi cadre du mécanisme de rémunération de la capacité (CRM) - un mécanisme financier qui vise à garantir la sécurité d’approvisionnement -, a été votée et permettra la construction de centrales au gaz qui doivent suppléer aux capacités manquantes.

“Plusieurs investisseurs se sont déjà montrés intéressés par le projet et si l’on poursuit le rythme de travail actuel en collaboration avec les acteurs de l’énergie, l’objectif de lancer le premier appel d’offres en 2021 sera atteint”, affirme-t-elle.

D’après Elia, la fermeture de l’ensemble du parc nucléaire belge à l’hiver 2025-2026 créera un besoin structurel de capacité supplémentaire d’environ 3,9 GW pour remplacer les centrales, un chiffre en hausse par rapport aux précédentes prévisions qui tablaient, en 2017, sur 3,6 GW.

“La différence s’explique principalement par la sortie de la filière charbon que plusieurs États européens souhaitent accélérer. Cela réduit les possibilités qu’a la Belgique d’importer de l’électricité depuis les pays voisins en périodes de pénurie, notamment en Allemagne”, a affirmé le CEO d’Elia.

Depuis la publication de la précédente étude d’évaluation, des fermetures anticipées ou supplémentaires ont été annoncées pour un total de 26 GW. C’est principalement la sortie accélérée du charbon aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Italie, en France et surtout en Allemagne qui aura un impact négatif sur nos capacités d’importation durant les mois d’hiver.

Cette situation entraînera une augmentation du besoin de capacité en Belgique pour les hivers 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025, avertit Elia. Il s’agit là d’une donnée nouvelle. “Avant la sortie du nucléaire en 2025, il y aura donc déjà un nouveau besoin de capacité pouvant dépasser 1 GW”, a précisé Chris Peeters, selon qui “des mesures supplémentaires seront nécessaires” pour garantir la sécurité d’approvisionnement.

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La centrale nucléaire de Tihange. © Photo News

“Des solutions devront être trouvées pour couvrir la fenêtre 2022-2025"

Le mécanisme actuel de réserves stratégiques n’a en effet été approuvé que jusqu’à l’hiver 2021-2022 et le mécanisme de rémunération de la capacité (CRM) - un mécanisme de soutien financier pour assurer la sécurité d’approvisionnement - sera quant à lui d’application à partir de 2025. Dans l’intervalle, “des solutions devront être trouvées pour couvrir la fenêtre 2022-2025", selon Elia.

“Sans intervention structurelle, il n’y aura pas suffisamment d’incitants aux investissements pour permettre l’arrivée complète et dans les temps de la nouvelle capacité de 3,9 GW nécessaire pour répondre à la sortie du nucléaire”, ajoute le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité.

Pour garantir la sécurité d’approvisionnement, Elia appelle le gouvernement en affaires courantes et le prochain gouvernement fédéral à accorder la priorité à ce dossier afin que le CRM prévu “offre à court terme une sécurité au marché”.