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Saint-Adresse, l'ex-"capitale" belge méconnue

A Sainte-Adresse, une station balnéaire française située en Normandie, on hisse toujours bien haut les couleurs de la Belgique, le 21 juillet, jour de la fête nationale, depuis qu'elle a fait office de capitale du royaume pendant la quasi-totalité de la guerre de 1914-18.

La commémoration du centenaire de la Grande guerre fait sortir des archives cet épisode historique singulier, que Français et Belges ont pour la plupart complètement oublié et dont beaucoup de traces ont disparu lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale qui ont ravagé la ville du Havre, non loin de Sainte-Adresse, à l'été 1944.

Mais, cette année, le port français et sa station balnéaire ont exhumé et agrandi les photos d'époque pour en faire une grande exposition le long de la plage. Et de grands panneaux urbains racontent la présence belge d'il y a un siècle.

Si la fête nationale belge en donne un avant-goût lundi, la mise à l'honneur de la Belgique sur les hauteurs du Havre atteindra son point culminant le 4 octobre avec la venue du roi Philippe et d'une délégation ministérielle.

Le repli du gouvernement belge en Normandie était la conséquence de la foudre guerrière qui s'est abattue dès le 4 août 1914 sur le petit royaume, après son refus de laisser passer les troupes allemandes qui fonçaient vers la France.

"Au début de la guerre, le prestige de la Belgique est immense", explique Michaël Amara, docteur en Histoire et chef de service aux Archives contemporaines de Bruxelles.

En effet, sous l'impulsion du roi Albert Ier, surnommé "le roi chevalier", l'armée belge offre une résistance farouche et inattendue aux troupes d'Helmuth von Moltke, notamment à Liège et Anvers, retardant ainsi leur arrivée sur le sol français.

De plus, l'opinion internationale est choquée par les massacres subis par la population civile belge.

Quand la Belgique cède devant l'occupant, ne parvenant à conserver qu'une frange de son territoire à l'ouest, en deçà de l'Yser, ligne de front qu'elle tiendra toute la guerre avec l'aide des troupes franco-britanniques, la France accepte de bonne grâce d'accueillir le gouvernement belge sur son sol.

"Le Havre avait l'avantage de ne pas être trop près de la ligne de front, d'avoir des facilités militaires et de permettre des liaisons faciles avec l'Angleterre et les colonies belges", explique Hubert Dejean de La Bâtie, maire de Sainte-Adresse.

Quant à sa station balnéaire, plutôt déserte en octobre, elle disposait d'hôtels confortables, d'immeubles de grande classe et de villas de luxe susceptibles d'accueillir des personnes de haut rang, en particulier dans le Nice-Havrais, un quartier construit par un promoteur parisien, Georges Dufayel.

Le 10 octobre le président français Raymond Poincaré donne son feu vert et, trois jours plus tard, deux navires accostent au Havre, desquels débarquent des ministres, des fonctionnaires, des familles, des gendarmes et autres professions, mais aussi le corps diplomatique accrédité à Bruxelles, soit au total plus de 1.000 personnes.

Malgré les efforts de leurs hôtes, les ministères belges sont plus ou moins bien lotis. Somptueuses villas pour les uns, locaux plus modestes pour les autres, comme le ministère des Colonies qui sera logé dans une ancienne buanderie...

Mais peu à peu la Belgique officielle va s'organiser, avec sa poste, son parc de réparation automobile, son hôpital, son école, son usine d'armement, qui explosera accidentellement en 1915, faisant une centaine de morts.

Le chef du gouvernement, Charles de Broqueville, ne séjourne à Sainte-Adresse que le week-end, faisant constamment des allers et retours pour voir le roi, Albert 1er, resté en zone libre belge, à La Panne.

Le souverain, qui ne s'est jamais rendu à Sainte-Adresse, y a néanmoins son boulevard, sa place et sa statue monumentale, érigée en 1938, mise à l'abri en 1940, et réinaugurée en 1947.

Revers de l'histoire, si le roi et quelques personnalités restées en Belgique sont entrés dans la mémoire populaire belge, le gouvernement en exil normand a sombré dans l'oubli.

"Il a été injustement critiqué mais sa réhabilitation viendra, le mouvement est enclenché", estime M. Amara.

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