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Tests Pisa: les francophones s’enfoncent en lecture mais tout n’est pas perdu

Mise à jourPour la première fois depuis le lancement des études PISA en 2000, les compétences en mathématiques des élèves de 15 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles sont désormais (légèrement) supérieures à la moyenne des pays membres de l’OCDE, ressort-il des résultats de l’édition 2018 publiés mardi.

Avec un score de 495 points en mathématiques, la Fédération Wallonie-Bruxelles passe ainsi pour la première fois au-dessus de la moyenne de l’OCDE (489 points). La FWB reste néanmoins encore à bonne distance de la Flandre (518 points), qui recule toutefois dans le classement international, cédant sa première place de la classe européenne à l’Estonie.

Toujours fort suivies par les acteurs de l’école, les études PISA mesurent tous les trois ans les performances en lecture, mathématiques et sciences de quelque 600.000 jeunes de 15 ans dans 79 pays développés ou émergents, dont les 37 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La lecture, cette “perte de temps”

Hormis ce progrès des jeunes francophones en mathématiques, l’enquête livre peu de raisons de se réjouir. Comme l’étude PIRLS parue l’an dernier, PISA confirme leurs aptitudes médiocres en matière de lecture. Avec un score de 481 points, la FWB reste, comme en 2015 déjà, sous la moyenne de l’OCDE (487), bien distancée à nouveau par la Flandre (502), laquelle régresse toutefois dans le classement global.

L’étude révèle une perte de vitesse de la pratique de la lecture chez nous. Ainsi, pour la première fois en Fédération Wallonie-Bruxelles, il y a désormais davantage de jeunes (33%) qui considèrent la lecture comme une “perte de temps” que de jeunes qui la citent parmi leurs loisirs favoris (28%).

Cette évolution, souligne l’OCDE, n’est toutefois pas propre à la Belgique, mais touche l’ensemble des jeunes de pays développés. À la faveur d’un monde occupé de plus en plus par les smartphones, les jeunes se détournent en effet des textes longs, imprimés sur papier, au profit des messages plus courts (et des vidéos) publiés sur des supports numériques.

Sciences: stables dans la médiocrité

Peu brillantes également, les performances des jeunes francophones en sciences restent, avec 485 points, stables. Elle sont toutefois toujours sous la moyenne de l’OCDE (489), une constante depuis le lancement des études PISA il y a près de vingt ans.

Peu efficace, l’école francophone a aussi pour caractéristique de conforter les inégalités sociales, jouant assez peu son rôle d’ascenseur social. La Fédération Wallonie-Bruxelles est ici l’un de plus mauvais élèves en la matière, aux côtés de la Flandre, de la France, de la Hongrie et du Luxembourg, selon l’étude.

En revanche, à condition sociale identique, les jeunes issus de l’immigration ont chez nous davantage de chances de succès à l’école que dans bien d’autres pays européens parfois cités en exemple pour leur système éducatif.

“La plupart des constatations développées (dans cette nouvelle étude PISA) confirment de nombreuses tendances déjà connues”, a réagi la ministre de L'Éducation, Caroline Désir (PS). “Le Pacte pour un enseignement d’excellence, vaste réforme systémique portant sur une durée d’au moins 15 ans, doit permettre d’y apporter des solutions structurelles”. (...) Mais “les premiers effets des premières réformes du Pacte ne se feront ressentir que dans quelques années. En effet, la mise en œuvre des premières réformes structurantes du pacte s’entame progressivement à partir des rentrées 2019 et 2020", a-t-elle rappelé mardi.

Pas trop brosseurs

À côté des performances scolaires stricto sensu, l’enquête s’intéresse aussi aux conditions d’apprentissage des élèves. Au rayon des éléments favorables en Fédération Wallonie-Bruxelles, pointons la taille plutôt réduite des classes qui comptent 21 élèves seulement, contre 26 en moyenne dans les pays de l’OCDE, et même 31 en France. Nos enseignants sont également jugés plutôt enthousiastes par leurs élèves.

En revanche, les jeunes francophones se plaignent plus que leurs homologues étrangers du niveau de bruit et de l’agitation qui règnent en classe. S’ils brossent aussi moins souvent les cours que dans d’autres pays étrangers, nos jeunes ont toutefois la fâcheuse habitude d’arriver plus souvent en retard en classe, révèle encore l’étude.

Celle-ci montre enfin que le phénomène de harcèlement à l’école est moins présent chez nous qu’à l’étranger. Seuls 17% des jeunes belges francophones disent en être victimes quelques fois par mois, contre 23% en moyenne dans le reste des pays de l’OCDE.

Le programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) mesure depuis 2000 les performances des jeunes en lecture, en mathématiques et en sciences, avec un focus plus marqué sur une de ces matières à chaque édition - la lecture cette année.

L’Asie, toujours en tête

PISA ne teste pas les programmes scolaires mais l’aptitude des élèves à appliquer les connaissances acquises à l’école dans des situations de la vie réelle, ainsi qu’à analyser, raisonner et communiquer de manière efficace. Pour ce faire, les jeunes sondés pour l’étude ont tous reçu les mêmes questionnaires.

Comme lors des précédentes éditions, l’étude 2018 confirme l’excellente performance des pays asiatiques. À noter particulièrement cette année, la prestation de la vaste zone chinoise formée par Pékin, Shanghaï, Jiangsu et la province du Zhejiang (180 millions d’habitants au total) qui décroche la première place au classement PISA, reléguant l’ancien leader Singapour à la seconde place du classement mondial.

Au niveau des membres de l’OCDE, ce sont le Japon, l’Estonie, la Finlande et le Canada qui se révèlent les plus performants.

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