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Tintin au Congo: le ministère public donne raison à Casterman

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Le ministère public a rendu son avis, vendredi, dans l'affaire Tintin au Congo, devant le tribunal de première instance de Bruxelles siégeant en référé. Le procureur a estimé, suivant Casterman et Moulinsart SA, que c'était le tribunal de commerce qui était compétent et qu'il ne fallait pas nécessairement faire droit aux demandes de production des contrats existants entre Casterman et Moulinsart SA.
 
L'affaire a débuté lorsque Bienvenu Mbutu Mondondo, un Congolais résidant en Belgique, a entamé une action en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles contre la SA Moulinsart et les éditions Casterman. L'homme considère que la BD "Tintin au Congo" contient des propos racistes envers les personnes de peau noire.
 
Il demande donc, à titre principal, que la BD cesse de paraître ou, à titre subsidiaire, que soit apposé, comme en Angleterre par exemple, un bandeau sur la couverture qui avertit que l'oeuvre contient des propos racistes.
 
Mais aussi, il souhaiterait alors qu'une préface explique le contexte de l'époque à laquelle l'histoire a été écrite par Hergé et que la BD soit déplacée des rayons "enfants" des librairies vers les rayons "adultes".
 
L'homme avait rejoint dans sa cause par l'asbl française Le Cran (Conseil Représentatif des Associations Noires). Les avocats des demandeurs, Me Alain Amici et Me Ahmed L'Hédim, avaient plaidé que les défendeurs, Moulinsart SA et Casterman, représentés par le cabinet Berenboom, produisent les contrats qui les lient afin de savoir qui des deux détient les droits de reproduction de l'oeuvre d'Hergé.
 
Le ministère public a donc estimé, vendredi, que le tribunal ne devait pas nécessairement y faire droit. Les conseils de la SA Moulinsart, dirigée par la veuve d'Hergé et son mari, et de Casterman, avaient, quant à eux, plaidé que s'agissant d'un acte commercial, c'était le tribunal de commerce qui devait être saisi de l'affaire.
 
Le ministère public a également rendu son avis sur cette question vendredi et a donné raison aux défendeurs.
 
Enfin, les demandeurs se sont dits déterminés à poursuivre, quoi que le tribunal décide désormais, leur action. "S'il faut aller devant le tribunal de commerce, nous irons", a commenté Me L'Hédim, "et si nous devons plaider sans connaître la teneur des contrats entre les défendeurs, nous le ferons".
 
Une décision sur ces questions de procédure sera rendue dans le mois. (belga)