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Stephaan Du Lion. © Repro Lefelon

Un ancien ami de Stephaan Du Lion témoigne: “Il n’avait aucun respect pour les femmes”

Un vieil ami de Stephaan Du Lion a dressé un terrible portrait du tueur en série le plus célèbre de Flandre dans les pages de Het Laatste Nieuws. Selon lui, l’homme qui est soupçonné de quatre meurtres dans les années 90 a toujours été dangereux. “Il ne quittait jamais la maison sans un couteau et une hache. Il pensait que les femmes ne valaient rien. Sauf pour le sexe.”

Ils n’avaient que dix ans lorsqu’ils se sont rencontrés au vivier du Rivierenhof, à Anvers. Ils aimaient tous les deux la pêche, vivaient dans le même quartier à Borgerhout et avaient à peu près le même âge. Des éléments qui les ont directement rapprochés. Walter, un ami de longue date de Stephaan Du Lion, a dressé le portrait du tueur en série flamand.

“Quand on était jeunes, on passait des heures au vivier. C’est comme ça qu’on est devenus amis. Et pourtant... À l’époque déjà, je trouvais que Stephaan était quelqu’un de très froid. Ses parents ne semblaient pas exister pour lui. Pour quelle raison? Je ne sais pas. Il n’en a jamais parlé et je ne les ai jamais connus. Tout ce que je sais, c’est que c’étaient des gens simples, certainement pas riches. Je me souviens m’être demandé si ça le dérangerait que sa mère meure. Je ne crois pas. Il vivait seul et n’avait besoin de personne d’autre”, a-t-il confié à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

“Seul dans le noir"

À l’âge de dix-huit ans, Stephaan Du Lion a commencé à travailler ; d’abord dans la construction, puis assez rapidement en tant que laveur de vitres. À cette époque, il allait encore régulièrement pêcher au Rivierenhof, mais aussi au canal d’Oelegem, à l’écluse de Waregem ou à l’étang du Brilschanspark, à Anvers. “Stephaan y passait parfois des nuits entières. Il y dressait même une tente pour camper. Il m’a dit un jour qu’il prenait ses deux Pitbulls avec lui la nuit. C’était surtout pour ne pas se faire remarquer: un homme seul, c’est suspect. Un homme qui promène son chien, pas. Je pense qu’il cherchait aussi des victimes la nuit dans le Brilschanspark, à Berchem, où nous pêchions toujours la carpe. À l’époque, je n’y avais pas pensé, mais maintenant je suis en train d’assembler les pièces du puzzle. Il s’asseyait souvent, seul, dans le noir... Je ne serais pas surpris qu’il ait commis d’autres meurtres, notamment dans le Brilschanspark”.

“Il n’avait aucun respect pour les femmes”

Walter pense au meurtre de Tania Van Kerkhoven, une jeune fille de 17 ans retrouvée morte en 1993 dans le Brilschanspark. Un meurtre que Stephaan Du Lion nie. Jusqu’à présent, il a reconnu quatre meurtres commis dans les années 90: celui d’Ariane Mazijn en 1992, de Lutgarda Bogaerts (28 ans) en 1993, de Maria Van den Reeck (46 ans) en 1994 et Eve Poppe en 1997. “Il n’a jamais parlé de ces femmes. Jamais. Il était assez intelligent pour ça. Tout ce que je sais, c’est que Stephaan n’avait aucun respect pour les femmes. À ses yeux, elles ne servaient qu’au sexe. Il pensait qu’elles ne valaient rien”. 

Walter se souvient de la colère de Stephaan Du Lion lorsqu’une victime a signalé une tentative de viol. La victime était parvenue à l’attirer chez elle et avait prévenu la police, qui avait alors pu l’arrêter. Des faits pour lesquels il a déjà été condamné dans les années 80. “Il était convaincu que la police ne l’arrêterait jamais. Il disait: ‘C’est pas une sal*** qui va me mettre en prison’. Mais c’est arrivé quand même. C’est peut-être pour ça qu’il s’assurait que ses victimes ne puissent plus parler”. 

Club de motards

Il y a une vingtaine d’années, Walter et Stephaan ont rejoint un club de motard, qui a ensuite fusionné avec d’autres pour devenir les “Blue Angels”. “Tout le monde y reçoit un surnom. Le sien était ‘le Pitbull’, parce qu’il avait deux Pitbulls à l’époque et parce qu’il leur ressemblait un peu. On aurait dit qu’il ne ressentait aucune douleur. (...) Il ne fallait pas non plus le chercher, parce qu’il se promenait toujours armé. Il ne quittait jamais la maison sans un couteau et une hache à main, qui tenait parfaitement dans sa poche”. Walter soupçonne également Stephaan d’avoir fait “de mauvaises choses” lorsqu’il était dans ce club. “J’en suis presque sûr. C’est pour ça qu’on s’est disputés. Dans ce monde-là, on ne va pas voir la police. Vous avez un devoir de silence, n’est-ce pas? Sinon, il y a des conséquences”.

L’ex-femme de Stephaan Du Lion, qui a témoigné un peu plus tôt cette semaine dans Het Laatste Nieuws, venait de temps en temps au club. “Il était très strict avec elle. Elle devait s’asseoir sur un tabouret au bar et garder le silence. Il ne voulait pas qu’elle parle aux autres - pas même aux femmes - ou qu’elle se fasse des amis (...) Nous lui avons demandé une fois comment elle supportait ça. Elle m’a répondu qu’elle n’osait pas le quitter. Elle disait: ‘Si je le quitte, tu ne me reverras plus jamais’. Elle savait de quoi il était capable”.