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Laurent Staquet © RTBF

Un pharmacien de Gouy-Les-Piéton invente les médicaments “suspendus”

InterviewLe café “suspendu” a fait son apparition dans la sphère publique il y a quelques années maintenant. Le principe est simple: boire un café dans un bar ou autre lieu de restauration et en payer deux pour permettre à quelqu’un dans le besoin de le consommer plus tard. Laurent Staquet de Gouy-Les-Piéton vient d’inventer les médicaments “suspendus”. 

Le principe est le même que celui des cafés “suspendus” sauf que cela concerne des médicaments en vente libre. Une tirelire a pris place sur le comptoir du pharmacien. Les gens ont l’opportunité d’y laisser quelques cents ou quelques euros. Laurent Staquet s’engage à doubler la somme pour que des personnes nécessiteuses puissent se soigner correctement.

“La distribution se fait sur base de la confiance” nous a-t-il déclaré. “J’ai quand même fixé une limite. Un produit ne pourra être donné qu’une fois par famille dans le courant du mois. Évidemment, certaines personnes qui ne sont pas dans le besoin pourraient abuser de cette confiance. Mais elles auront affaire avec leur conscience.”

Générosité

Jusqu’à présent, cette situation ne s’est pas encore présentée à lui. Bien au contraire! “Beaucoup de gens déposent de l’argent dans le petit cochon. Cela m’a surpris. Quelqu’un a même offert 30 euros en une seule fois. On sent qu’à cette période de l’année, la population est généreuse. J’en profite d’ailleurs pour remercier tous les habitants de la commune qui viennent en aide aux démunis. Il y a un engouement populaire par rapport à l’initiative et cela fait plaisir.”

Mais pour l’instant, personne n’a encore profité de l’action: “J’ai un message à faire passer. N’ayez pas peur de demander le médicament! La discrétion est de toute façon garantie.”

Raisons

Si Laurent Staquet a choisi d’utiliser le principe des “médicaments suspendus”, c’est pour plusieurs raisons. La première part d'un constat: “J’ai remarqué que de plus en plus de gens n’achètent plus leurs médicaments. Parfois, ils ne prennent qu’un des deux produits qui se trouvent sur leurs prescriptions.”

La seconde a trait à des obligations légales: “Tout d’abord, je ne peux vendre des médicaments qu’à l’intérieur de mon officine. Ensuite, je ne peux pas faire de dons à une association car elle n’est pas mandatée par le patient. Enfin, je ne peux pas proposer de produits gratuitement au client car cela peut s’apparenter à du démarchage et à de la concurrence déloyale. Or, si j’ai décidé d’embrasser le métier de pharmacien, c’est pour aider les gens. Le ‘médicament suspendu’ était donc la seule solution qui me restait. Il n’est pas donné gratuitement puisque quelqu’un d’autre l’achète.”

Souhaits

Notre interlocuteur n’a qu’un souhait désormais: “J’espère que je serai suivi par d’autres pharmaciens. J’ai déjà eu des échos positifs de la part de certains de mes confrères, mais personne n’a encore embrayé le mouvement. Il faut dire que l’action n’a débuté qu’hier matin (NDLA. lundi matin).” Elle se poursuivra durant toute la période hivernale. Soit jusqu’au début du mois de mars. “Mais si cela fonctionne, j’aimerais prolonger l’initiative pour le restant de l’année” nous a confié le Courcellois.

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