Une bande de jeunes condamnée pour des actes de torture inouïs: une bagarre éclate à l’issue du verdict

Mise à jourLe tribunal correctionnel d’Anvers a condamné mercredi plusieurs jeunes membres d’une bande pour toute une série de faits de violence et d’attaques commises à Anvers, Boom et Stabroek. Le fait le plus grave est une tentative d’assassinat sur un jeune homme qui a été torturé pendant plusieurs heures. Dylan V.A. (19 ans) écope de 14 ans de prison et devra se tenir à disposition du tribunal de l’application des peines pendant 15 ans. Six autres prévenus ont été condamnés à des peines comprises entre 4 et 12 ans de prison. Après le prononcé du jugement, une bagarre a éclaté.

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Dylan, 19 ans, l’un des principaux leaders de la bande anversoise. © HLN.be

Dylan V.A. a refusé d’être menotté après le jugement. Il a provoqué la police jusqu’à ce qu’une bagarre éclate entre les différents protagonistes. Les esprits se sont également échauffés dans la salle d’audience, où se trouvaient les familles des prévenus. La police a tenté de procéder son évacuation pendant que les juges, le procureur et le greffier se mettaient à l’abri. Après l’incident, un procès verbal a été dressé et les forces de l’ordre ont assuré la sécurité pour éviter toute tentative de représailles.

Faits particulièrement graves

Les peines imposées sont sévères mais les faits sont particulièrement graves et ont tous été commis en l’espace de deux mois, a fait remarquer la cour. Le 30 octobre 2018, la bande s’était introduite dans une maison familiale et avait bâillonné, étranglé et battu le fils. Le 3 novembre, les malfaiteurs avaient racketté deux jeunes dans le pré-métro. Le lendemain, ils avaient braqué un magasin à Anvers et le 16 novembre, ils avaient commis un cambriolage violent à Stabroek.

Un “ami” sauvagement torturé

Le fait le plus grave s’est produit entre le 28 et le 29 octobre. Pendant deux jours, les prévenus avaient séquestré et torturé dans l’appartement d’Ellen C. (20 ans) un ami, mineur d’âge, qu’ils soupçonnaient de les avoir dénoncés à la police. Le jeune homme avait été déshabillé et ligoté à une chaise par Dylan V.A. Les prévenus avaient également pulvérisé du déodorant sur la victime et tenté d’y mettre le feu. Le jeune homme avait ensuite été roué de coups à l’aide de tuyaux et de cordes. Edwin M. (26 ans) et Virginia D.W. (19 ans) l’avaient aussi poignardé avec un tournevis. Cette dernière avait en outre essayé de faire sortir ses yeux de leurs orbites. Une cigarette allumée avait également été écrasée dans sa bouche, tandis que Dylan V.A. brûlait son bras avec un fer à lisser. Xena B. (20 ans) et Ellen C. ont réalisé des photos et vidéos de ces tortures. Sur les images, on entend les prévenus rire et s’encourager mutuellement à poser fièrement à côté de la victime nue et en détresse comme s’il s’agissait d’un trophée de chasse.

“Tous les prévenus ont participé de leur plein gré”

Virginia D.W., Xena B. et Ellen C. prétendaient qu’elles avaient agi sous la pression de Dylan V.A., mais le tribunal a rejeté cette version. “Tous les prévenus ont participé de leur plein gré, soit aux tortures, soit en encourageant à filmer ou à poser devant la caméra”, a argumenté la cour dans son jugement.

La victime a pu s’enfuir par la fenêtre

Lorsque la victime a entendu ses bourreaux planifier la manière dont ils allaient se débarrasser de son corps, elle s’est échappée par une fenêtre. Le jeune a été retrouvé en sous-vêtements sur le toit d’un abri de jardin à Boom, le nez cassé, des contusions, des brûlures et des coups de couteau sur tout le corps. Le tribunal a estimé que Dylan V.A. avait bien l’intention de tuer la victime. Les autres prévenus ont été acquittés de la tentative d’assassinat car leur intention de donner la mort n’a pas pu être prouvée.

Aucune circonstance atténuante

“Les prévenus se sont adonnés pendant deux mois à des faits extrêmement violents dirigés contre des victimes mentalement faibles et handicapées”, a souligné le tribunal. “Leurs situations familiales difficiles ainsi que leurs dépendances à l’alcool et à la drogue ne justifient pas les faits.”