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Une Bruxelloise sur deux subit des violences psychologiques de la part de son partenaire

La secrétaire d'État bruxelloise à L'Égalité des chances Nawal Ben Hamou a lancé mardi la campagne de sensibilisation #faisonslalumièresurlaviolence développée par equal.brussels, le service public régional en charge de l'égalité des chances, en collaboration avec la plateforme régionale contre les violences conjugales et intrafamiliales. L'approche est novatrice puisqu'elle cible non plus les victimes, mais les auteurs.

La campagne, développée sur base d'affiches et de spots vidéos, sera visible jusqu'au 10 décembre via la Stib et les réseaux sociaux. Un site internet informant sur les violences psychologiques a également été mis en ligne. La campagne fait connaître les lignes d'écoutes 0800/30.030 (français) et 1712 (néerlandais), à disposition des victimes comme des auteurs. Elle chiffre également l'importance du phénomène. En région bruxelloise, selon une étude menée en 2017 par equal.brussels, plus d'une femme sur deux déclare avoir subi des violences psychologiques de la part de son partenaire alors que seuls 1.171 cas ont été enregistrés en 2018 dans les statistiques de criminalité. 

"Ce sont aux victimes à qui on demande de faire des efforts, à qui on demande de se comporter autrement et on s'est dit qu'il était peut-être temps de changer la donne et de s'adresser aux auteurs, parce que ce sont eux qui sont principalement porteurs de ces violences auprès de leurs compagnes ou ex-compagnes", a expliqué Nawal Ben Hamou.

Anne Jacob, la directrice de l'ASBL Praxis, qui prend en charge des auteurs contraints par la justice de suivre leur formation comme d'autres volontaires, a expliqué l'impact de l'éducation au niveau sociétal et le travail de responsabilisation mis en œuvre au sein de son association. Celui-ci passe par la reconnaissance du processus de justification de la violence via le rejet sur des causes extérieures à soi, par la prise de conscience de l'impact de son comportement sur l'autre et dans un dernier temps par une identification dans son histoire personnelle des raisons qui conduisent à ces processus de domination. 

Récidive

Elle a de plus donné des chiffres sur la récidive en fonction de la réponse judiciaire sur base d'une étude en cours. Si la récidive est de l'ordre de 38%, la réponse carcérale augmente ce taux au-delà des 50%. La médiation pénale (25%) et l'obligation de suivi par Praxis (9%) obtiennent les meilleurs résultats.

Nawal Ben Hamou déposera début 2020 un plan de lutte contre les violences faites aux femmes, qui abordera tant de la prise en charge des victimes que de la responsabilisation des auteurs.