Une fillette obligée de côtoyer son violeur dans leur institution commune

VideoUne fillette de dix ans violée par un autre pensionnaire de l'institution où elle est placée se retrouve forcée de continuer à voir son agresseur quotidiennement depuis le retour de l'adolescent après une mesure d'écartement de dix jours seulement.

Les faits remontent à il y a quelques semaines seulement. Une fillette d'une institution liégeoise a vu un adolescent de 14 ans de son institution s'introduire dans sa chambre et lui imposer une fellation. Les faits, qui se seraient produits à plusieurs reprises, ont été rapportés à la direction après que la fillette se fut confiée à sa soeur logée au même endroit.

Le jeune garçon a évidemment été sanctionné mais n'a été écarté du centre que durant dix jours. Après cette courte période au cours de laquelle il a été vu par un pédopsychiatre, il a été réintégré dans l'établissement et la fillette se voit désormais forcée de le fréquenter comme tout autre "colocataire".

La mère de la victime scandalisée
Une situation plus qu'ambiguë qui révolte la mère de la petite fille, comme l'explique l'avocat de la victime. "Mettez-vous à la place de la maman. On lui annonce que sa fille a subi des faits de viol mais on lui dit: Ne vous inquiétez pas, l'auteur présumé des faits va être écarté une dizaine de jours. C'est évidemment tout à fait insuffisant, tout à fait insupportable pour la maman qui ne peut pas accepter qu'une mesure aussi faible soit prise!"

"Il a compris que cela ne se fait pas"
Du côté de la Protection de la jeunesse, on estime que le nécessaire est fait pour éviter toute récidive: les éducateurs sont vigilants et l'un d'entre eux dort même dans le couloir pour surveiller les allées et venues du jeune agresseur. "Dès les faits, il a été vu par son responsable qui lui a mis les points sur les i. Je crois qu'il a compris que c'était une chose qui ne pouvait pas se faire", estime pour sa part Jean-Marie Gauthier, pédopsychiatre à la Citadelle, qui précise également que "rien n'indique que la petite se sente en difficulté" depuis le retour de l'adolescent.

Pas d'éloignement prévu
L'avocat de la mère de l'enfant ne l'entend pas de cette oreille. "Les faits ne sont pas nécessairement moins graves parce qu'on a affaire à quelqu'un de jeune", nuance-t-il. "Même quand ce genre de faits se produit à l'intérieur d'une famille, on veille à l'éloignement de l'auteur du méfait, adolescent ou non. Donc je suis un peu étonné de cet argumentaire", s'interroge-t-il.

Des faits interpellants dans un cadre censé offrir apaisement et sécurité à des enfants déjà en situation de rupture familiale. Il n'est pas précisé si le tribunal de la jeunesse s'est saisi de l'affaire.