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Une formation et un emploi pour les sans-papiers à Bruxelles? “C’est une régularisation collective”

Actiris souhaite offrir aux personnes sans-papiers la possibilité de suivre une formation professionnelle et de décrocher un emploi à Bruxelles. L’office régional de l’emploi veut réduire le nombre de postes vacants et cible les métiers en pénurie. “Cela s'apparente à une régularisation collective. Il n’y a aucun doute”, assure Maggie De Block, ministre de l’Asile et de la Migration (Open Vld).

Vendredi dernier, Actiris a présenté son projet lors d’une réunion du Conseil socio-économique de Flandre (SERV). Les personnes sans-papiers qui ne peuvent bénéficier de l’asile, les réfugiés dont la demande a été rejetée, mais qui restent sur le territoire, les étudiants étrangers dont le permis de séjour a expiré et les demandeurs d’emploi étrangers doivent pouvoir suivre une formation et être intégrés au marché du travail, selon l’office bruxellois de l’emploi. 

Actiris souhaite de cette manière lutter contre l’excès de postes vacants dans les métiers en pénurie et contre le travail au noir. 

“Un groupe de travail planche actuellement sur les aspects juridiques et opérationnels. Mais nous voulons effectivement intégrer au marché de l’emploi les personnes qui ne disposent pas d'un permis de séjour valable”, confirme Jan Gatz, porte-parole d’Actiris, des propos relayés par Het Laatste Nieuws. Selon Statbel, il y avait 27.000 emplois vacants au premier trimestre de 2019. 

“Le projet est envisagé à la demande des acteurs de notre conseil d'administration, en particulier les syndicats et les représentants des patronats ainsi que des bureaux d'accueil pour les primo-arrivants. Mais il n’y a encore rien de concret pour l’instant. Nous sommes dans une situation politique incertaine, sans gouvernement bruxellois et avec un ministre du Travail sortant. Et il y aura d’office un changement à ce poste puisque Didier Gosuin s’apprête à quitter la politique active.” 

“Régularisation des sans-papiers déboutés”

Encore embryonnaire, l’idée est déjà source de vives et nombreuses critiques. “Cela fait un certain temps, que des rumeurs persistantes en provenance du Maroc font état d’une future régularisation collective en Belgique. Nous connaissons désormais l’origine de ces bruits. Par l’entremise de ce tremplin, la politique bruxelloise veut aider les demandeurs d'asile déboutés à obtenir leurs papiers”, commente Theo Francken (N-VA). 

“C’est ce qui va se passer. Grâce à une formation professionnelle ou un contrat de travail, les sans-papiers pourront obtenir un permis de séjour. C’est précisément ce que nous ne voulions plus  (...) Toutes les personnes en situation illégale et désespérée dans un autre pays européen vont vouloir venir ici." 

Une idée balayée également par Maggie De Block qui regrette l’absence de consultation. “Cela s'apparente à une régulation collective. Je n’ai jamais entendu les partis francophones parler de cela. C’est une façon pour le moins étrange et irrespectueuse de travailler. Ce n’est pas possible.” 

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Maggie De Block et Theo Francken. © photo_news