Mercredi matin, une longue file de clients devant le Colruyt de Nossegem
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Mercredi matin, une longue file de clients devant le Colruyt de Nossegem © Baert Marc

Une infirmière s’en prend à ceux qui dévalisent les rayons: “Merci de priver ceux qui vous soigneront”

Laurie a 30 ans et est sur le pont, comme bien d’autres infirmiers et membres du personnel soignant en Belgique. Elle est stupéfaite et écœurée de l’attitude de tous les Belges qui dévalisent quotidiennement les supermarchés dans un élan d’égoïsme inconsidéré alors que certains travailleurs essentiels à la survie du pays n’ont l’occasion de se ravitailler qu’en soirée... dans des rayons vides. L’infirmière n’a eu d’autre choix que d’envoyer ses parents, qui ont plus de 60 ans, faire ses courses pour elle. 

Laurie est infirmière à Gasthuisberg et elle tire la sonnette d’alarme aujourd’hui en s’en prenant personnellement et directement à tous ceux qui croient judicieux de remplir leurs placards de denrées non périssables et de papier toilette au détriment de ceux qui n’ont vraiment plus rien chez eux. “Ces gens nous privent de tout, alors que nous le sommes si nécessaires”, accuse-t-elle.

“J’ai à peine pu manger avant mon shift de nuit”

Le gouvernement appelle à se raisonner et les supermarchés ont limité le nombre de clients simultanés afin de calmer les ardeurs de ceux qui thésaurisent au maximum. Mais cela n’empêche pas les gens de se ruer en masse, toujours plus nombreux, dans les magasins d’alimentation, quitte à faire des heures de file. “Il faut que je vide mon sac”, s’emportait la trentenaire de Nossegem sur Facebook mardi soir. “Je suis infirmière et je dois être au top tous les jours à l’hôpital. Aujourd’hui, je suis allée au supermarché pour acheter de quoi manger, mais il n’y avait tout simplement plus rien. Avez-vous songé, vous qui accumulez la nourriture, que vous privez le personnel de santé? Et ce alors que nous sommes ni nécessaires en ces périodes difficiles? Réfléchissez un peu, s’il vous plaît”, exhorte-t-elle. 

La police a dû intervenir mercredi matin, quelques heures avant le confinement
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La police a dû intervenir mercredi matin, quelques heures avant le confinement © Baert Marc

“J’en ai marre que ces gens fassent la vie difficile à ceux qui doivent travailler le plus dur”, s’indigne-t-elle auprès de nos confrères d’Het Laatste Nieuws. Il a été dit aux gens que faire des provisions n’était pas nécessaire, mais malgré tout, cela ne prend pas fin. Après un long shift de nuit, vous espérez quand même trouver de la nourriture dans les magasins, mais quand je suis allée au Colruyt de Nossegem mardi, j’ai d’abord dû faire une longue file pour me retrouver finalement face à des rayons dévalisés. C’est à peine s'il y avait encore de la nourriture. Hallucinant. À cause de cela, je n’ai presque pas pu manger avant mon service de nuit suivant. Et le papier WC n’était également plus en stock”. 

“Ces clients compulsifs courent encore plus de risquent d’être contaminés”

L'infirmière insiste sur le fait qu’en plus d’être égoïste, cette pratique d’achats compulsifs quasi généralisés est médicalement irresponsable. “En vous ruant tous ensemble dans les magasins, vous augmentez le risque de propagation du virus. Les lignes directrices du gouvernement ne sont pas suivies. Ces clients courent donc réellement un risque accru de se retrouver infectés puis hospitalisés bientôt. Réfléchissez-y à deux fois!”, vocifère-t-elle. 

Devant la répétition du phénomène, l’infirmière s’est vue obligée d’envoyer son père faire quelques emplettes à sa place, afin qu’elle puisse s’alimenter. “Pas idéal, car il a lui-même plus de 60 ans, mais je n’ai pas eu d’autre choix”, se désole-t-elle. “Il me reste un seul rouleau de papier WC et mon frigo est vide. Depuis mon post, j’ai cependant reçu le soutien de nombreuses personnes qui veulent m’aider et cela me fait chaud au cœur. Espérons que cela reviendra aux oreilles de ceux qui dévalisent les magasins et qu’ils changeront d’attitude”, espère-t-elle. 

Colruyt de Nossegem
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Colruyt de Nossegem © Baert Marc