Une réforme de fond s'impose dans le transport scolaire

Une réforme de fond du système de transport scolaire s'impose, a indiqué mardi le ministre wallon des Transports, Philippe Henry, en réponse à une question de Michel de Lamotte (cdH).
 
Le 4 juin, la FAPEO et l'UFAPEC, fédérations de parents de l'enseignement officiel et de l'enseignement catholique, ont fait part de leur inquiétude face à l'évolution du transport scolaire, qu'il s'agisse de la longueur des trajets, la sécurité ou le manque d'offre de l'enseignement spécialisé.
 
Selon elles, la Société Régionale wallonne du transport (SRWT) -qui, dans ce domaine applique des mesures décidées par l'administration, précise cette dernière- va mettre sur des lignes publiques des élèves qui auparavant utilisaient le transport scolaire. En d'autres termes, elle s'apprêterait à "détricoter ce qui fonctionnait relativement bien".
 
"Si cela fonctionnait si bien, nous ne verrions pas se multiplier les durées excessives des circuits scolaires. Cette situation difficile n'est pas apparue du jour au lendemain, mais résulte de la dégradation lente du transport scolaire au fil des années. Je pense qu'à ce stade de la réflexion, nous devons acter que nous sommes arrivés aux limites de l'efficience d'un système développé depuis 2004, et qu'une réforme s'impose", a dit le ministre.
 
Points de rassemblement
Parmi les mesures visées, figurent des points de rassemblement d'élèves par quartier ou l'accomplissement du trajet à pied si l'enfant qui ne dispose pas d'une ligne régulière habite à moins d'un kilomètre de son école.
 
Selon le ministre, les économies permettront de transporter les élèves dans de meilleures conditions, notamment ceux de l'enseignement spécialisé, même s'il juge qu'elles ne sont pas suffisamment précises. Il prend comme exemple la zone de Charleroi où les mesures ont été mises en oeuvre pour la première fois et où le nombre de circuits longs a diminué. Les mesures devraient être appliquées progressivement à la prochaine rentrée.
 
4 heures par jour
La SRWT a également réalisé un cadastre des durées de parcours scolaires. Il en ressort que 378 élèves sur les 32.000 qui bénéficient du transport scolaire ont des temps de parcours de plus de 4 heures par jour.
 
Quant au coût du transport scolaire, il s'élevait l'an passé à 37 millions d'euros contre 31 millions en 2004, soit une hausse de 20%, tandis que le nombre d'élèves transportés est passé de 29.000 à 32.585, soit une augmentation de 12%. Le constat est néanmoins nuancé par la moyenne de kilomètres parcourus chaque année, passé de 726 à 674.
 
"Tout ceci tend à montrer que les temps de transport moyens diminuent. Mais cela pourrait aussi signifier que davantage d'élèves, de commodités, sont pris en charge tout en habitant à proximité de leur école. L'analyse doit encore être affinée. Ces chiffres montrent que l'application des mesures est une manière adaptée de réajuster les priorités budgétaires au transport scolaire des enfants qui en ont le plus besoin", a expliqué M. Henry. (belga)