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Valentin Vermeesch. © DR

Valentin Vermeesch avait déjà été agressé par l'un de ses bourreaux

La cour d'assises de Liège a débuté l'audition jeudi matin de la juge d'instruction et des enquêteurs qui étaient en charge de l'enquête sur la disparition et l'assassinat de Valentin Vermeesch, tué dans la nuit du 26 au 27 mars 2017. Un enquêteur a mis en évidence que la victime avait déjà été agressée en février 2016, notamment par Alexandre Hart, l'un des accusés dans ce procès.

En février 2016, Valentin avait porté plainte pour vol avec violences. Le week-end du 8 et 9 février 2016, alors qu'il était avec Philippe Cornelis et Alexandre Hart, ces deux derniers l'avaient menotté. Le premier aurait frappé Valentin Vermeesch et lui aurait tiré dessus avec un fusil à air, qui lançait des projectiles en plastique. Alexandre Hart aurait libéré Valentin de ses liens. Un baffle, un GSM et une casquette lui ont été volés, des effets "qui ont tous été rendus" à la victime, a affirmé Alexandre Hart.

Valentin avait finalement retiré sa plainte, assurant qu'ils étaient tous redevenus amis. L'enquêteur souligne qu'il est difficile de déterminer ce qu'il s'est passé mais que "Valentin a bien été frappé, volé et certainement moqué, voire humilié".

Dans le cadre de ce procès, des chefs d'accusation de traitement inhumain et de séquestration ont aussi été retenus à l'encontre d'Alexandre Hart pour ces faits de 2016.

Des faits "interpellants" selon l'enquêteur, qui révèlent également la personnalité de la victime, "un garçon (...) qui éprouve parfois des difficultés à situer qui lui veut du bien et qui lui veut du mal. Il revient vers des gens qui ne lui veulent pas du bien", a-t-il déclaré, en se basant sur l'enquête de personnalité effectuée dans le cadre de l'assassinat du jeune de 18 ans, qui souffrait d'un léger handicap mental.

Ces événements de 2016 étaient connus de Dorian Daniels et Belinda Donnay, ont affirmé les deux accusés. "Ce n'est pas anodin", a souligné Me Alexandre Wilmotte, qui représente les parties civiles.

Les enquêteurs ont commencé par expliquer le point de départ de l'enquête. Le 29 mars 2017, le père de la victime avertit la police de la disparition de son fils. Sa déclaration ne fait toutefois que l'objet d'une "fiche d'information", c'est-à-dire qu'elle reste au niveau policier. Valentin était connu comme un "électron libre", qui fréquente le quartier du Batta à Huy et qui végète entre le domicile de ses parents et de sa grand-mère. En outre, le père de Valentin affirme qu'il a appris que son fils a été vu la veille dans un night-shop de Huy. Les policiers conseillent au père de se renseigner auprès des amis de son fils.

Le 7 avril 2017, la grand-mère contacte la police à son tour pour avertir qu'elle n'a plus de nouvelles de son petit-fils depuis le 24 mars. Elle explique qu'un homme, qu'elle ne connaît pas, l'a abordée pour lui dire que Valentin avait été frappé et jeté dans la Meuse. Le parquet est dès lors saisi.

Les premiers témoignages recueillis par la police locale n'aident pas beaucoup l'enquête car plusieurs affirment avoir vu Valentin après la nuit du 26 au 27 mars. Or, le jeune était déjà décédé.

Le 10 avril, le vélo de la victime est retrouvé attaché à un poteau d'éclairage à Huy. Le 14 avril, le corps est retrouvé dans la Meuse, près de la rue Saint-Victor à Huy, à proximité de la rive gauche. C'est un promeneur qui aperçoit le corps sans vie et avertit la police.

Les photos de la découverte du corps ont été montrées à la cour d'assises. Des images visiblement insoutenables pour les cinq accusés qui ont tous détourné le regard.

Après la découverte du corps, "la thèse criminelle ne fait plus de doute car deux essuies de cuisine sont noués autour du cou et les mains sont menottées dans le dos". Ces deux essuies étaient noués de manière large et les enquêteurs supposent qu'ils ont pu servir à bâillonner la victime.

Le juge d'instruction est saisi du chef d'homicide volontaire. Une autopsie est effectuée le 15 avril qui conclut à un décès par noyade. Le corps est identifié notamment grâce à un tatouage en forme de tête de mort sur son épaule gauche. Le corps était dans un état de décomposition avancée.

Les enquêteurs ont encore souligné les auditions qualifiées de "mensongères" de deux des accusés: Alexandre Hart et Dorian Daniels. Ce dernier affirme ainsi lors de sa première audition effectuée le 11 avril qu'il avait vu Valentin le 7 avril. Alexandre Hart quant à lui dira aux policiers, avant que le corps ne soit trouvé, qu'il recherchait également activement Valentin.