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Yassine Cheikhi (à gauche) et Mohamed Botachbaqut (à droite) © DR.

Voici les deux djihadistes belges qui se seraient échappés en Syrie

Mise à jourL’identité des deux djihadistes belges qui se sont évadés d’un camp en Syrie a été révélée. Selon toute vraisemblance, il s’agirait de Yassine Cheikhi , originaire de Schaerbeek, et de Mohamed Botachbaqut, de Bruxelles.

Le premier est un proche d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des terroristes du 13 novembre 2015 à Paris. Le deuxième s’est porté candidat auprès de l’Etat Islamique comme kamikaze pour commettre des attentats. Les deux individus appartiennent à un réseau qui a déjà semé la terreur en Europe, ce qui est plutôt inquiétant. Selon des experts, il n’est pas à exclure qu’ils puissent regagner la Belgique.

Les services de sécurité belges ne confirment pas l’information, “simplement parce que ce n’est pas leur habitude de le faire”, selon le député Georges Dallemagne, qui indique avoir obtenu ces noms via une journaliste présente dans la région.

Les deux combattants ont été condamnés en Belgique par défaut à 5 ans de prison, dans deux dossiers séparés, affirme la RTBF. Yassine Cheikhi avait rejoint la Syrie à l’été 2013. Mohamed Botachbaqut était pour sa part lié au réseau de recruteurs de Khalid Zerkani et a rejoint l’EI en 2014.

Fausse mort

Comme Abdelhamid Abaaoud avant lui, Yassine Cheikhi a été déclaré mort par Daesh alors qu’il était bien vivant. En décembre dernier, on a annoncé à sa famille qu’il avait péri dans des bombardements, alors qu’il se trouvait en réalité dans une prison kurde, vivant et en bonne santé. On peut donc craindre que, comme ce fut le cas pour le planificateur des attentats de Paris, la fausse mort de Yassine Cheikhi, peut-être chargé d’une mission meurtrière, ait servi à le faire tomber dans l’oubli afin que celui-ci regagne l’Europe plus facilement.

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Abdelhamid Abaaoud, décrit comme le “cerveau” des attentats de Paris, avait été déclaré mort par Daesh alors qu’il était bien vivant. © ap

Le profil de Mohamed Botachbaqut, alias Abu Youssef, est encore plus inquiétant. Lors de son arrivée dans les rangs de l’organisation terroriste en avril 2014, le Bruxellois s’est directement porté candidat pour se faire exploser. Pourtant Cinq ans et demi plus tard, Botachbaqut est toujours vivant, contrairement à sa femme et ses deux enfants de six et dix ans, morts dans un raid aérien sur Raqqa, la “capitale” syrienne de l’Etat islamique. Ils avaient rejoint le terroriste en Syrie en décembre 2014.

Une librairie bruxelloise, haut lieu de l’islamisme radical

Botachbaqut était radicalisé bien avant le début de la guerre en Syrie. En 2003, il tenait une librairie islamique qui s'est rapidement devenue un haut lieu de l’islamisme radical bruxellois. Un magasin qui a vu deux membres éminents de la branche francophone de la future organisation terroriste passer ses portes cette année-là. Il s’agit ni plus ni moins des frères Clain, Fabien et Jean-Michel. Les deux Français ont vécu un certain temps dans un appartement de la rue Otlet à Anderlecht, dont le bail était au nom de Mohamed Botachbaqut.

Le réseau que les frères Clain ont commencé à construire à Bruxelles est devenu l’épine dorsale du djihad francophone, responsable des attentats parisiens et bruxellois. Un réseau dont faisait probablement partie Mohamed Botachbaqut , aujourd’hui libre comme l’air.

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Fabien Clain, surnommé Omar, Abou Anas ou Abou Adam Al-Faransi était suivi par les les services antiterroristes français depuis 2001. © EPA

En Turquie avant l’Europe?

Echappés du camp d’Aïn Issa, Cheikhi et Botachbaqut ont sans doute tenté de rejoindre la région d’Idleb, dans l’ouest de la Syrie. C'est là que se concentrent les derniers combattants de Daesh dans le pays. C'est également à partir de cette région qu’il est le plus facile d’entrer en Turquie pour ensuite rejoindre l’Europe. Si la Turquie a renforcé le contrôle de ses frontières, le soudoiement des gardes-frontières reste monnaie courante.

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La frontière entre la Syrie et la Turquie, dans la région d’Idleb. © AFP