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© Déborah Laurent

J'ai visité les bureaux de Pixar: pourquoi les entreprises américaines me vendent du rêve

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l'année. L'occasion pour 7sur7 de vous fournir l'information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l'occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d'apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram ici et Facebook ici). Nous vous proposerons chaque mardi l'un de ses articles de blog ici.

J'ai eu la chance de pousser la porte du très secret quartier central de Pixar à Emeryville récemment. L'objet de ma visite: la promotion de Toy Story 4, dont on reparlera en temps voulu ici. Je suis sortie de là, impatiente de faire découvrir le film à mon fils. Il s'agira de sa première virée au cinéma. Mais j'ai surtout quitté le building en me disant que quand même, l'Amérique avait une culture de l'entreprise épatante. Je n'ai qu'une envie depuis: trouver un moyen de bosser un jour au pays de l'Oncle Sam. Voici tout ce que j'ai repéré et tout ce que j'ai aimé.

Quitter son bureau est encouragé

Le bâtiment principal chez Pixar porte le nom de Steve Jobs. Jobs avait une idée très précise de l'architecture idéale d'une entreprise efficace. Pour lui, la conception du bâtiment doit encourager la collaboration. Chez Pixar, tout est conçu pour que les employés ne restent pas cloisonnés dans leurs bureaux, qu'ils ont pu décorer à leurs goûts et dans l'excès si l'envie y était. L'idée est qu'ils ne se contentent pas d'échanger avec leurs collègues travaillant dans la même discipline. Il y a des baies vitrées partout pour qu'on puisse se croiser du regard et s'interpeller, des espaces de réunion ouverts, un atrium central gigantesque où on mange et où on relève son courrier.

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Le building principal du quartier central de Pixar porte le nom de Steve Jobs qui avait une idée très précise de ce à quoi devait ressembler la société idéale. © Déborah Laurent

Steve Jobs voulait que l'espace central ressemble au Musée d'Orsay à Paris. Brad Bird, réalisateur de "The Incredibles" et "Ratatouille", confiait il y a quelques années: "On aurait pu penser que l'atrium était un gaspillage d'espace mais Steve a réalisé que lorsque les gens se croisent, lorsqu'ils se croisent du regard, les choses arrivent." Les experts de la technique ont ainsi l'occasion de discuter avec les créatifs de façon informelle et cet échange d'idées permet de faire avancer les choses bien plus vite qu'une réunion formelle. Chez Pixar, les employés sont encouragés à quitter leurs bureaux alors qu'en Belgique, dès que tu te lèves de ta chaise, on se demande ce que tu fais et on chronomètre ton absence. Autre mentalité, n'est-ce pas?

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Dans l'accueil chez Pixar, Woody et Buzz l'éclair saluent les visiteurs. © Déborah Laurent

La réussite est collective ou ne l'est pas

Ce qui m'a marquée, c'est l'esprit résolument positif et solidaire qui régnait dans les couloirs. On se serait cru dans une publicité Ricoré. Les gens étaient souriants, positifs et ici, la réussite naît de la collaboration. Un individualiste ne trouverait pas sa place chez Pixar. La chose m'a été confirmée lors de mes interviews avec le réalisateur et le producteur de Toy Story 4; Josh Cooley et Mark Nielsen. Ils n'ont eu de cesse de louer les idées et le talent de leurs camarades. Ici, on ne tire pas la couverture à soi. La réussite est collective ou ne l'est pas. C'est beau. Là encore, on ferait bien d'en prendre de la graine en Belgique...

L'article continue sur le blog: je vous parle de tout ce qui a été aménagé dans l'entreprise pour que l'employé se sente "comme à la maison" (et ne rentre donc plus jamais chez lui): piscine, salle de fitness, etc; des repas... gratuits et de la façon insolite dont on se déplace dans les couloirs.

  1. Les travailleurs qui travaillent par obligation sont deux fois plus souvent absents

    Les travail­leurs qui travail­lent par obligation sont deux fois plus souvent absents

    Pas moins d'un travailleur sur cinq qui travaille par obligation est absent au moins 21 jours pour cause de maladie ou d'accident domestique. Parmi ceux qui choisissent délibérément de travailler, ils ne sont qu'un sur dix, ressort-il d'une étude menée par l'entreprise spécialisée en ressources humaines Securex. De plus, les travailleurs qui travaillent parce qu'ils le doivent se portent presque deux fois plus souvent malades sans l'être vraiment (17 % contre 10 %). Ils courent également plus de risques de burn-out.