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Benoît Poelvoorde au mieux de sa forme dans Mon pire cauchemar

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L'emmerdeur de service qui va chahuter le monde de quelqu'un qui n'avait rien demandé, on en connaît déjà l'histoire. Le filon a été maintes fois exploités au ciné. C'est donc avec une certaine réticence qu'on se rend en salles pour Mon pire cauchemar, le dernier film d'Anne Fontaine.

Il raconte l'histoire d'Agathe, bourgeoise coincée à la tête d'une fondation d'art contemporain. Elle va voir débarquer dans sa vie son pire cauchemar incarné par le père d'un ami d'école de son fils: un chômeur qui vit à l'arrière de sa camionnette, porté sur la bouteille et sur les femmes, et jamais avare d'une blague graveleuse. Dans le rôle de la coincée, Isabelle Huppert, dans celle du bulldozer à l'humour limite, Benoît Poelvoorde. Et c'est à eux et à une écriture et un sens du rythme excellents qu'on doit la réussite de ce film.

On avait peur que Poelvoorde mouline dans le rôle qu'il maîtrise le mieux: celui du gueulard maladroit. Mais le voila cadré avec talent et au meilleur de sa forme. Ses répliques font mouche et derrière la façade de lourdingue malpoli, un peu dans la caricature au début du film, il y a un personnage plein de complexités et d'aspérités intéressantes.

Son duo avec Isabelle Huppert, d'une dureté et d'une froideur repoussantes aux premiers abords, fonctionne à merveille. Tout les oppose mais Poelvoorde va faire fondre la glace à force de la secouer verbalement dans tous les sens. C'est drôle, un peu moins vif sur la fin, mais ça faisait longtemps qu'on avait pas autant aimé notre comique compatriote.

Dé.L.

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