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Le film “Le Roi Lion”, de 2019. © Photo News

Comment ces dix dernières années ont révolutionné le cinéma

Avant, lorsque l’on voulait voir un film, il suffisait d’aller au cinéma. On y voyait pendant une heure et demi des acteurs jouer leur texte, selon une mise en scène méticuleusement construite. Désormais, il est possible que le décor soit entièrement composé à l’ordinateur, peut-être même aussi les acteurs. Et surtout, le dernier film hollywoodien à gros budget est disponible sur la télé de notre salon.

L’industrie cinématographique a été tellement secouée durant les années 2010 qu’il est difficile de dire à quoi elle ressemblera dans dix ans. Voici les plus grands axes de changement. 

La généralisation du streaming

Netflix nous semble inamovible et pourtant il n’a lancé son service de streaming qu’en 2010 et son premier film, “Beasts of No Nation”, date de 2015. Amazon et Netflix ont d’abord favorisé la quantité à la qualité, mais ils produisent aujourd’hui certaines des meilleures publications de la décennie: “You Were Never Really Here”, “The Irish Man”, “Casa de Papel”, “Stranger things”. Certains résistent encore à la vague du streaming comme le festival de Cannes qui n’accepte les films Netflix que s’ils sont également diffusés dans des salles de cinéma.

Le boom de la réalité virtuelle

La technique n’est pas nouvelle mais son utilisation l’est certainement. Elle a notamment permis à certains acteurs de rajeunir, comme Samuel L. Jackson, dans “Captain Marvel”, Arnold Schwarzenegger dans “Terminator: Dark Fate”, ou encore Will Smith dans “Gemini Man”. Autre prouesse technique qui suscite le débat: un avatar de James Dean jouera prochainement dans un film

La diversité

En 2014, Ridley Scott produisait “Exode”, une épopée biblique qui mettait en scène l’ancien peuple d'Égypte. Il avait choisi des acteurs blancs (Christian Bale, Joel Edgerton, Sigourney Weaver et Aaron Paul), sous prétexte que les sponsors n’auraient jamais accepté de financer un film dont les acteurs principaux se nommaient “Mohammed”. 

En 2015, la campagne #OscarsSoWhite a mis en avant le manque de diversité au cinéma et le film “Ghost in the Shell” a été condamné, car Scarlett Johansson avait été choisie pour interpréter le personnage principal qui était censé venir du Japon. 

Depuis, Disney a pris soin de choisir des acteurs d’origine polynésienne pour interpréter “Moana”. Des films comme “Creed” ou “Black Panther” ont rappelé aux producteurs que les stars non-blanches pouvaient attirer les foules. “Moonlight” a remporté l’Oscar du meilleur film. Les réalisateurs mexicains sont devenus des habitués des Oscars et le racisme était le thème de plusieurs films primés, comme “The Help”, “12 Years a Slave”, “Django Unchained”, “Selma”, “Green Book” et bien d’autres. 

L’avenir au féminin

La chute de Harvey Weinstein a coïncidé avec la montée des mouvements Me Too et Time’s Up. La campagne qui a suivi visait à mettre fin aux abus sexuels dans l’industrie cinématographique et avait aussi pour objectif de s’attaquer aux disparités salariales et à la discrimination. De plus en plus de femmes ont des premiers rôles dans les films d’actions, comme par exemple, “Lucy, “Star Wars: The Force Awakens” et “The Hunger Games”. Les festivals et les studios ont promis de faire pencher la balance entre les films réalisés par des hommes et ceux réalisés par des femmes.

La décennie Disney

Les studios Disney ont été plus productifs que jamais. Chaque mois, des remakes ou des nouveautés sortent au grand jour: “Le Roi Lion”, “Maléfique”, “Dumbo”, “Aladin”, “Le Livre de la Jungle”. Le coup de maître de Disney a été d’engloutir les droits de propriété intellectuelle d’autres sociétés, principalement les franchises Star Wars et Marvel. Disney est donc propriétaire des films dont les recettes brutes ont été les plus élevées au cours de huit des dix dernières années.

Les super-héros gouvernent le monde

Il semblerait qu’on ne puisse plus passer deux mois sans qu’un nouveau film de super-héros ne soit annoncé. Les groupes de production Fox, Sony et Warner se battent mais aucun n’égale le triomphe des studios Marvel, qui balayent tout devant eux. 

L’horreur sort de sa tombe

Les années 2000 ont été une décennie terriblement mauvaise pour l’horreur. La série de Saw a dérivé vers des films de torture excessive, plus dégoutants qu’effrayants. Le projet “Blair Witch” a été imité à l’extrême et les efforts pour faire revenir les méchants des films “Halloween”, “Freddy” ou “Vendredi 13" n’ont pas eu le succès attendu. 

Mais depuis 2010, l’horreur revient en force avec des drames originaux et des conceptions audacieuses qui peuvent être réalisées avec des budgets raisonnables. La critique et le public ont réservé un excellent accueil aux films “Get Out”, “Hereditary and Midsommar”, “The Witch and The Lighthouse”, “It Follows”, “A Quiet Place”, “Raw” ou “The Babadook”. 

La fin de la comédie romantique

Ce genre a prospéré jusqu’à la fin des années 1990 mais la comédie elle-même perd de son souffle. Les réalisateurs et les acteurs habitués aux comédies se tournent vers la télévision, le docudrame politique et les films de superhéros. En 2006, Anthony et Joe Russo faisaient “You, Me et Dupree”. Dix ans plus tard, ils sortaient “Captain America: Civil War”. Les comédies existent toujours, mais elles sont plus sombres, plus étranges et souvent tournées loin des États-Unis.

“Inspiré de faits réels”

Les documentaires évoluent aussi et l’histoire qui marchera le mieux sera celle qui concerne une affaire criminelle, de préférence sous la forme d’une série. L’industrie cinématographique ne veut plus produire de simples drames. Le public préfère les faits réels avec des témoignages de personnes qui ont vécu les événements. Cela explique le grand succès de la série Netflix sur l’affaire Gregory.

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Avengers: Endgame © Disney
  1. Cette scène a provoqué l’effroi lorsqu’elle a été tournée, au moins autant qu’elle choque sur grand écran
    7sur7 à Hollywood

    Cette scène a provoqué l’effroi lorsqu’elle a été tournée, au moins autant qu’elle choque sur grand écran

    C’est une scène qui glace le sang. Nous l’avons analysée avec les différents protagonistes du film, lors de notre rencontre à Los Angeles. Dans le film “Scandale”, au cinéma mercredi, Kayla, jeune journaliste de Fox News jouée par Margot Robbie, décroche un entretien avec le patron de l’entreprise, Roger Ailes. Elle entre dans le bureau confiante, prête à lui exposer ses ambitions. La discussion professionnelle change de ton rapidement. Roger Ailes ne la jugera que sur une seule chose: la longueur et la beauté de ses jambes.