Plein écran
© DR

Dany Versavel, un François l'Embrouille encore plus baraki

Le Belge a de l'autodérision. Si vous en doutiez encore, regardez "Mon Ket", le premier film réalisé par François Damiens au cinéma demain pour vous en convaincre. Sous le maquillage de Dany Versavel (quatre heures de travail étaient nécessaires chaque jour pour s'assurer qu'on ne le reconnaisse pas), François Damiens ose tout. Et les gens qui apparaissent à l'écran ont tous donné leur accord pour figurer dans le film. Parce qu'ils ont ri quand ils ont su qu'ils s'étaient fait avoir par le roi de la blague belge.

Pour son premier film en tant que réalisateur, François Damiens revient à ses premières amours: les caméras cachées. Déguisé, grossi, les oreilles décollées et des prothèses sur les dents, il investit une prison, le tribunal de Nivelles, un hôpital avec de vrais patients pour faire ce qu'il fait de mieux: piéger les gens. Dans le journal Le Soir du week-end dernier, l'acteur l'avouait: il n'aurait jamais pu faire ce film il y a 20 ans. Le trublion Damiens a fait ses preuves au cinéma et toutes les portes s'ouvrent désormais sur son passage: les gens aiment son humour osé mais jamais méchant. 

Dans "Mon Ket", François Damiens embrouille ceux qu'ils croisent mais en endossant le même personnage pendant 1h30: Dany est un vrai baraki, bien lourdingue, un peu flippant et évidemment sans filtre. Dany vient de s'évader de prison en hélico et s'en va retrouver la chair de sa chair, son fils, Sullivan. "Mon Ket" réserve des moments absolument incroyables. Ainsi, dans la salle d'attente de l'hôpital, alors que Dany attend son tour, son visage moustachu apparaît sur les écrans de télévision. La RTBF annonce son évasion et invite toute personne à avoir des informations à les signaler aux autorités. Classique.

L'homme assis à côté de François Damiens a une réaction inattendue. Il lui glisse à l'oreille que les flics sont souvent sur le parking et qu'il doit faire attention. C'est tellement énorme qu'on a l'impression que même Damiens n'y croit pas. Le quidam piégé est en fait un ex-taulard qui a fait "toutes les prisons de Belgique", explique François à l'AFP. L'infirmière qui s'occupe de Dany est, elle, d'une patience admirable. Il lui parle de sa fissure anale, du téléphone qu'on lui a enfoncé dans le derrière et de l'antenne qui a "du mal à passer"; elle reste souriante et disponible. 

François Damiens aime le répéter: de ce film, ce qui ressort, c'est l'humanité. Et c'est vrai que "Mon ket" dresse une belle galerie de personnages "comme tout le monde" à ceci près qu'ils sont tous particulièrement gentils et généreux. Coup de coeur pour les deux dames que Dany drague comme un gros lourd et qui ne se départissent jamais de leur bonne humeur et à celle qui pète un plomb, à raison, en voyant Dany essayer d'apprendre à son fils à fumer. On ne vous en dit pas plus pour garder le rire intact. Mais sachez qu'il n'y a que François Damiens qui peut se permettre des improvisations pareilles...

Plein écran
© DR
Plein écran
© belga