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Harvey Weinstein condamné à 23 ans de prison

L’ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein a été condamné à 23 ans de prison mercredi. La sentence a été prononcée par le juge James Burke à Manhattan. 

Weinstein a été accusé d’agression sexuelle par l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi et de viol par l’ancienne actrice en herbe Jessica Mann. Harvey Weinstein risquait 29 ans de prison.

Les procureurs estimaient la semaine passée que la sentence devait refléter non seulement les crimes pour lesquels il était jugés mais aussi une “vie d’abus envers les autres”.

Plus de 100 femmes, dont des actrices célèbres, ont accusé Harvey Weinstein d’inconduite sexuelle. L’ancien producteur a toujours nié, estimant que tous les rapports sexuels étaient consentis.

Le jury, composé de sept hommes et de cinq femmes, avait acquitté Weinstein des accusations les plus graves.

Harvey Weinstein va être emprisonné dans une prison de haute sécurité. Il est arrivé menotté à son fauteuil roulant pour entendre sa peine. Il espérait que la justice serait clémente et ne lui donnerait que cinq ans,, soit le minimum légal selon les textes de l’Etat de New York.

“Compte tenu de son âge (67 ans)”, avaient écrit ses avocats, “toute peine supérieure au minimum légal (...) équivaudrait à une condamnation à perpétuité”.

Ils avaient fait valoir que, depuis octobre 2017, leur client avait perdu sa femme, qui l’a quitté, son emploi, sa société (The Weinstein Company) et faisait encore face à des manifestations d’hostilité constantes.

La défense avait mentionné aussi ses deux jeunes enfants, de 6 et 9 ans. “Il se pourrait que je ne revoie jamais mes enfants”, a dit mercredi Harvey Weinstein, qui s’exprimait pour la première fois depuis le début du procès.

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Harvey Weinstein s’exprime: “Je suis vraiment confus”

Harvey Weinstein s’est en effet adressé à la cour avant le prononcé de sa sentence. Il s’estime victime du mouvement #MeToo. “Je ne peux pas regarder Mimi et Jessica... J’ai passé des moments merveilleux avec ces gens. Je suis vraiment confus. Les hommes sont confus sur cette question.” 

Et de continuer: “Je m’inquiète pour ce pays. Nous traversons cette crise en ce moment, cela a commencé avec moi. J’étais le premier exemple et maintenant il y a beaucoup d’hommes qui ont été accusés d’abus, ce que je pense qu’aucun d’entre nous n’a compris. Ce n’est pas la bonne atmosphère pour les États-Unis d’Amérique. Tout le monde est sur une sorte de liste noire. Je n’avais aucun pouvoir. Miramax était une petite entreprise. Je ne pouvais pas blacklister qui que ce soit.”

Mimi Haleyi au tribunal, ce 11 mars.
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Mimi Haleyi au tribunal, ce 11 mars. © AFP

Les victimes prennent la parole une dernière fois

Deux victimes, Mimi Haleyi et Jessica Mann, dont l’agression a mené à la condamnation d’Harvey Weinstein, se sont adressées au juge avant qu’il n’annonce sa décision.

“L’incident avec Harvey Weinstein a changé le cours de ma vie”, a expliqué Mimi Haleyi, qui a dû s’interrompre, en pleurs, avant de reprendre son allocution. “Il a détruit une partie de moi.”

“J’espère que (la peine) sera suffisamment longue pour qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait, à moi et à d’autres, et se repente vraiment”, a conclu l’ancienne assistante de production, agressée sexuellement par le producteur en 2006.

“Je suis contrainte de porter le poids de cette expérience jusqu’à ma mort”, a dit ensuite Jessica Mann, évoquant l’homme qui lui “a volé (son) corps” et a “finalement dû rendre des comptes”.

“Aujourd’hui, je n’ai pas honte”, a poursuivi l’ancienne aspirante actrice qui a été violée par Harvey Weinstein. “J’ai pu m’exprimer. Il n’y a plus de monstres dans mon placard.”

Jessica Mann à sa sortie du tribunal.
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Jessica Mann à sa sortie du tribunal. © AFP

Weinstein va faire appel

Les avocats d’Harvey Weinstein ont déjà indiqué que leur client ferait appel de la condamnation, ce qui ne l’empêchera pas d’être placé immédiatement en détention.

Nul ne sait, pour l’instant, dans quelle prison de l’Etat de New York le co-fondateur du studio Miramax purgera sa peine, mais sans doute pas à la tristement célèbre Rikers Island, où il est incarcéré actuellement, et plutôt destinée aux accusés en attente de procès.

Pour le mouvement #MeToo, que l’affaire Weinstein a fait naître, la victoire est déjà certaine. Elle s’est jouée avec le verdict de culpabilité, même si le jury l’a disculpé de trois des cinq chefs d’accusation, les plus sérieux. “Je ne récupèrerai pas ces années de ma vie, mais j’ai maintenant ce petit espoir d’avoir une existence devant moi, ce que je n’avais pas hier”, disait, le lendemain du verdict, au journaliste Ronan Farrow, l’actrice Rose McGowan, qui accuse Harvey Weinstein de l’avoir violée.