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"Hunger Games" fait référence "par accident" à l'Holocauste

"Hunger Games" raconte l'histoire de 24 adolescents envoyés se battre dans une arène. Un seul d'entre eux survivra. Personne ne peut y échapper. Tous les enfants de la nation de Panem sont obligés de s'inscrire à ce jeu de la mort. Un récit qui renvoie à certaines heures sombres de l'histoire de l'humanité. Coïncidence? Qui d'autre que Gary Ross, le réalisateur du film, pour nous répondre?

Le film cache-t-il un message politique?
Oui. Ce que Suzanne (Collins, l'auteure de la série romanesque à succès "The Hunger Games") a écrit se rapproche du concept romain "du pain et des jeux". Un tel divertissement permettait de maintenir les masses sous contrôle. Les participants appelés à se battre jusqu'à la mort le font car ils n'ont pas le choix. Le vainqueur, qui est le seul survivant,  constitue finalement la seule lueur d'espoir. Le supprimer provoquerait une certaine révolte. Cette histoire n'est en fait que le reflet de notre culture.

Vous êtes-vous inspiré de certaines images nazies?
Vous voulez dire de Albert Speer (l'architecte du régime, ndlr)? Peut-être un peu. Si vous le concevez d'un point de vue architectural. Je me suis également inspiré de Lhassa, au Tibet. Je voulais des bâtiments historiques et des dessins impressionnants. Des monuments comme la Porte de Brandebourg, la Place Rouge ou la Place Tian'anmen ont servi de modèles. Je voulais donner à cette ville futuriste un riche passé historique.

Certaines images semblent sortir tout droit des clichés tirés des camps de concentration.
Je ne l'ai pas fait consciemment. Raconter l'histoire de familles déchirées, de travaux forcés ou d'expulsion, il est délicat de ne pas y avoir le principe de sélection tel que l'a appliqué le régime nazi. Mais je n'ai pas consciemment voulu faire référence à l'Holocauste.

Pourquoi avez-vous choisi Jennifer pour le rôle de Katniss Everdeen?
Elle dégage un mélange de confiance, de puissance et d'autorité. Jennifer est une personne remarquable. Je suis resté bouchée bée après son audition pour "Hunger Games", peut-être la meilleure jamais vue. Une actrice comme Jennifer, on en voit une tous les dix ans. J'ai d'habitude le nez pour dénicher les talents et pour moi, personne n'a autant de talent qu'elle. Et je lui ai dit. C'est son premier rôle dans un film majeur et je suis très chanceux de l'avoir eue à mes côtés.

Et le tournage s'est déroulé dans un climat de confiance et d'amitié?
Certainement. Elle est une grande enfant, loin de l'image de la diva. Elle est très agréable sur un plateau. Je pense que nous avons mesuré l'intensité de notre relation que le dernier jour du tournage. Il n'a pas été simple quand on pense aux circonstances dans lesquelles nous avons tourné. Pourtant, nous avons passé quatre mois merveilleux. Elle est géniale.

Jennifer a seulement 21 ans. L'avez-vous conseillée sur ce qui l'attend?
Elle est jeune, mais elle est aussi une enfant très mature et très confiante. Vous vous pouvez la préparer à la célébrité mais ce n'est pas ma tâche. Jen dirait qu'elle ne souhaite pas seulement être célèbre: elle veut être simplement reconnue en tant qu'actrice.
 

Kristien Gijbels Morato, correspondante à Hollywood.

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