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“J'ai bâti ma carrière sur ma personnalité, j’encourage celles qui n’ont pas confiance en elles à faire pareil”

7sur7 à HollywoodOn dit souvent des clowns qu’ils sont les plus tristes. Ce n’est pas tout à fait le cas avec Rebel Wilson. Elle est drôle à l'écran et elle est drôle en vrai aussi. Elle est juste un peu moins exubérante bien que toujours un peu fantaisiste. Elle aime ainsi rappeler qu’elle est venue à Hollywood après “une hallucination” sur un lit d’hôpital au Mozambique. Délirante, elle a rêvé qu’elle faisait un discours d'acceptation aux Oscars. A New York, où nous l’avons rencontrée, elle nous racontait dans un sourire: “Quand je suis arrivée à Hollywood, mon but était de faire un film américain. Je me disais : si j’arrive à en tourner un, l’Australie, d’où je viens, pensera que je suis une star, me respectera.”

Avant de nous faire mourir de rire au cinéma, Rebel Wilson se destinait à une carrière d’avocate. “J’ai un diplôme de droit d’une très bonne université”, nous confiait-elle lors de notre rencontre à New York. Difficile d’imaginer que ça puisse lui servir dans sa carrière d’entertaineuse et pourtant. Celle que l’on a découverte dans “Bridesmaids” fait usage de ses connaissances pour négocier ses contrats. 

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Rebel Wilson et Liam Hemsworth dans le film sur Netflix "Isn't It Romantic.” © AP

Elle a également collé un procès pour diffamation à Bauer Media, une grosse agence de presse, qui l’accusait d’avoir menti sur ses origines. Après un mois de bataille intense, Rebel a fait entendre sa vérité. “Je sais que certains magazines en Australie ont commencé, après ça, a donné des cours d’éthique à leurs journalistes. Même si ça a eu un coût personnel, j’étais fière de moi parce que j’ai tenu tête à quelqu’un qui m'intimait.”

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Rebel Wilson en 2017 à la sortie du tribunal en Australie: elle venait de remporter son procès pour diffamation contre Bauer Media. © epa

Forte de son expérience, elle a également défendu ses convictions quand elle a appris que son nouveau film ne pouvait être vu par les plus jeunes, selon la décision de l’organisme de classification des films américain. “Le coup du siècle est le remake d’un film avec deux hommes (“Le plus escroc des deux” emmené par Steve Martin et Michael Caine). Quand c’était deux hommes à l’affiche, le film était classé tout public. L’essentiel de notre film est le même. Il n’y a pas de nudité frontale ou de violence. Et pourtant il a été classé R, c’est-à-dire interdit aux jeunes de moins de 17 ans non-accompagnés d’un parent.” 

Rebel a estimé que la nouvelle classification était “sexiste”. “Ça leur posait problème parce que c’était des femmes qui faisaient des blagues.” Elle a donc étudié de près les comédies américaines les plus récentes qui ont eu droit à une classification tout public. “J’ai compté toutes les fois où il y avait une référence aux parties génitales ou bien toutes les fois où il y avait un gros mot prononcé. Oui, c'était un peu particulier comme travail”, se marre-t-elle. “J’ai amené tous ces arguments devant un jury, il leur a fallu moins de cinq minutes pour me donner raison.”

Les jeunes fans de Rebel Wilson peuvent donc aller voir son film. C’était l’idée. “Grâce à mes compétences en droit, je négocie aussi mes contrats moi-même”, précise-t-elle. N’essayez donc pas de l’arnaquer...

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Rebel Wilson dans "Le coup du siècle". © DR

Justement, c’est de ça que parle “The Hustle”, en français “Le Coup du Siècle”. Elle forme un duo d’arnaqueuses professionnelles avec Anne Hathaway. Rebel, elle-même, a été victime d’une arnaque à Beverly Hills. “J’ai rencontré une dame qui m’a dit qu’elle était médecin et qu’elle avait une nouvelle pilule amaigrissante. Aujourd’hui, je suis très à l’aise dans mon corps, je ne sais pas ce qui n’allait pas chez moi ce jour-là. J’étais peut-être particulièrement vulnérable ou susceptible. J’ai donné de l’argent à cette femme et j’ai pris la pilule.” Ensuite? Rien, si ce n’est un gros retrait sur sa carte de crédit. “Cette dame n’était pas médecin mais escroc. Ça arrive. Des escroqueries élaborées arrivent tout le temps aux gens connus.”

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Sur l’affiche et dans l’une des scènes les plus drôles du film, je porte une robe noire qui ressemble à un sac poubelle. Quand on a dû tourner la scène où je me cache dans une décharge à Londres, je me suis dit que j’avais la robe parfaite pour ça : elle ressemble à un sac poubelle. Il n’y a aucun effet visuel. Le seul effet visuel, c’était moi. Dans cette scène, je ressemble exactement à ce que je suis censée représenter: un sac poubelle.

Rebel Wilson

Ça ne lui arriverait plus aujourd’hui: Rebel assume ses rondeurs et est la digne représentante des femmes plus size. “Vous savez, aux États-Unis, le poids moyen chez les femmes, c’est le mien. Mais les actrices plus size ou les femmes représentées dans les médias, il y en moins de 1%. C’est une sacré différence entre ce qui existe réellement dans le monde et ce qu’Hollywood montre. Il y a tant de jeunes filles qui ont des problèmes de confiance en elles, elles n’aiment pas leur apparence et j’essaie d’être un exemple positif. J’ai bâti ma carrière sur mon talent et ma personnalité. J’essaie de les encourager à faire pareil.”

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Rebel Wilson aux Style Awards. © Photo News

Grâce à son travail, Rebel Wilson a eu l’opportunité de lancer sa propre ligne de fringues plus size et a été approchée par de grandes marques de haute-couture. Givenchy l’a prise sous son aile. “Ils m’ont récemment payé un voyage à Paris en première classe, j’ai eu une suite au Ritz, des gâteaux arrivaient tous les jours et j’avais des sacs à main Givenchy dans ma chambre. Ils m’ont invitée dans leurs bureaux, j’ai pu assister au défilé. Ils m’ont appris beaucoup au sujet de la mode. J’essaie de les convaincre de faire des tailles plus grande...” Ce n’est, on s’en doute, pas gagné. Mais quand on connaît la force de persuasion de Rebel Wilson, la mission n’a finalement rien d’impossible.

“Le coup du siècle” sort mercredi au cinéma.