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Anne Hathaway dans "Le coup du siècle". © DR

L'actrice que les gens aiment tant détester: “Je n'ai jamais regretté d'avoir été honnête”

7sur7 à Hollywood“Elle fait partie des gens qu’Internet n’aime pas”. C’est comme ça que Rebel Wilson nous parlait de celle qui partage l’affiche du film “Le coup du siècle” avec elle lorsque nous l’avons rencontrée à New York. C’est vrai qu’Anne Hathaway a mauvaise réputation. “Elle est bien plus drôle que les gens le croient”, la défendait Rebel. Alors qu’elle est à l’affiche du film “Le coup du siècle” au cinéma mercredi, on s’interroge: comment expliquer l’agacement que l’actrice provoque chez les gens?

Anne Hathaway a décroché son premier rôle au cinéma en 2001 dans “Princesse malgré elle”. Presse spécialisée et grand public: tout le monde était charmé par son interprétation de Mia Thermopolis. Certains espèrent même une suite, 18 ans plus tard, mais Anne nous glisse qu’elle ne “contrôle rien”. “La décision appartient à Disney”. Puis, il y a eu “Rachel se marie”. “C’est mon film préféré. J’avais 24 ans. Personne n’avait jamais parié comme ça sur moi.”

Cinq ans plus tard, Andrea Sachs dans “Le diable s’habille en Prada” lui permettait de confirmer l’essai et de se faire une place à Hollywood. Ce fut le début du succès et à la fois le début d’une campagne de dénigrement sans fin sur Internet.

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Stanley Tucci, associé de la terrible Miranda Priestly dans “Le diable s’habille en Prada”, confiait récemment qu’il ne comprenait pas pourquoi Anne n’avait pas gagné en popularité après ça. Comme ce fut le cas pour tous les acteurs du film. Son personnage trop sérieux, travailleuse acharnée et gentille fille a finalement conduit à la haine universelle de son actrice. Ses anti-fans ont même un nom: les “hathahaters”.

Anne a ensuite accepté de présenter les Oscars en 2011. En duo avec James Franco, absolument inexistant sur scène, ce fut un fiasco. Elle a été tournée en ridicule pour son enthousiasme tout au long de la cérémonie. Deux ans plus tard, elle remportait un Golden Globe, un Screen Actors Guild Award, un BAFTA et même l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de Fantine dans “Les Misérables”. “C’est enfin arrivé”, a-t-elle chuchoté en montant sur scène. Trop émotive sur scène, trop contente, ses réactions, ses paroles ont été décortiquées et tout le monde semblait lui en vouloir d’avoir réussi. On lui reprochait d'avoir tant besoin de la validation de ses pairs, d’être calculatrice, de tout maîtriser. Une fois son trophée en main, Anne Hathaway a fait un break de plusieurs années. Il fallait reculer pour mieux sauter...

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Dans une récente interview à Harper’s Bazaar, Anne a expliqué que son Oscar ne lui avait pas permis d’avoir plus de travail. “Les réalisateurs me disaient: Je pense que tu es géniale. Tu es parfaite pour ce rôle mais je ne sais pas comment le public t’acceptera à cause de tout ça.”

Citation

Il y a tant de fois où j’aurais aimé mentir: c’est parfois plus facile d’esquiver parce que l’honnêteté n’est jamais possible sans confronta­ti­on. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir été honnête.

Anne Hathaway

Au final, Anne Hathaway est ce qu’elle est et elle refuse de changer pour plaire à Hollywood. Après “Ocean’s 8", là voilà à l’affiche du film “Le coup du siècle” où elle joue, là aussi, une arnaqueuse professionnelle. Ce qu’elle n’est absolument pas dans la vie: le mensonge, très peu pour elle. “Mes parents ont toujours été des soutiens importants, ils m’ont encouragée à atteindre mes rêves et mon père m’a dit: Je te fais confiance mais je te demande trois choses : ne pas monter sur une moto parce que j’ai eu un oncle qui a eu un horrible accident de moto donc ne me fais pas vivre ça, ne fais pas de tatouage avant l’âge de 23 ans et ne mens pas. Parce que si tu ne mens pas, tu ne devras jamais te prendre la tête pour te souvenir de ce que tu as dit. Ça m’a structurée. C’était des conseils très logiques. Il y a tant de fois où j’aurais aimé mentir: c’est parfois plus facile d’esquiver parce que l’honnêteté n’est jamais possible sans confrontation. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir été honnête.”

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Dans “Le coup du siècle”, Anne Hathaway joue Josephine, “une vraie excentrique, étrangement et spécifiquement talentueuse qui a grandi dans un monde qui n’était pas gentil avec les femmes étrangement et spécifiquement talentueuses”. Dans une scène du film, Anne Hathaway fait usage de l’un de ses plus grands talents: la capacité à pleurer sur commande. Une facilité qu’elle a depuis toujours. Elle nous dit dans un grand éclat de rire: “Je peux vous le faire maintenant, vous voulez parier? Je me souviens d’un jour, on devait pleurer sur commande au cours de théâtre. J’avais 17 ans, j’étais la seule à avoir réussi à le faire. Je n’étais pas habituée à être le centre de l’attention. Je me souviens bien de ce jour-là parce que tout le monde me regardait. C’est la première fois où je me suis sentie spéciale dans une salle de classe.”

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Anne Hathaway dans "Le coup du siècle". © DR

Avec “Le coup du siècle”, Anne Hathaway veut aujourd’hui démontrer qu’un film avec deux femmes dans les rôles principaux mérite d’être vu autant qu’un autre. “Il y a un truc que je n’ai jamais cessé d’entendre depuis le début de ma carrière : que personne n’ira jamais voir un film avec des femmes en rôles principaux, que les femmes ne vont pas au cinéma, que les femmes ne sont pas drôles. Il y a encore quelques années, c’était impossible de faire un film avec des femmes en vedette, qui étaient drôles, dont le scénario était intéressant et dont les gens allaient aimer le résultat final.” Elle a l’impression d'avoir enfin trouvé la perle. On vous laisse juger ça, dès demain au cinéma.

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Anne Hathaway et son mari Adam Shulman. © Photo News
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