L’histoire du père qui ne comprenait pas son fils devenu femme

Elle s'appelle Lola, elle a des cheveux roses et se déplace en skateboard. Elle vit dans un foyer depuis que son père l’a mise à la porte. Lola, avant, s’appelait Lionel. Elle se revendique femme mais elle est née garçon. Sa mère avait prévu de l’accompagner dans sa transition, elle économisait même pour lui payer son opération. Mais sa mère est morte et le jour des funérailles, Lola doit affronter son père. 

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“Lola vers la mer” aborde le sujet délicat de la transsexualité avec sensibilité. Lola n’est pas une victime. Elle a bien sûr subi des brimades dans son enfance mais elle tient tête, aujourd’hui, à ceux qui ne comprennent ou ne respectent pas sa décision. Elle ne doute pas, elle ne s’excuse pas d’être ce qu’elle est. Pas même auprès de son père, qui l’appelle toujours Lionel.

Le père de Lola est joué par un Benoît Magimel dépassé et toujours juste. On ne lui donne pas forcément raison de rester braqué mais ses incompréhensions sont justement... compréhensibles. Il le dit: tout ça, c’est trop pour lui. Il n’est pas parfait, il n'a pas les réactions que Lola attend mais ça rend son personnage humain. 

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Lola est jouée par Mya Bollaers, comédienne transgenre. Ça évitera au film les critiques dont “Girl” a souffert même si ça ne suffit pas pour lui donner le même éclat. “Lola vers la mer” est néanmoins un film touchant et important pour le combat de l’acceptation de la diversité. Mya rappelle quand même que le jour où on lui proposera de jouer autre chose qu’une personne transgenre dans un film, on pourra dire, enfin, que le combat est gagné. On en est loin.