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"La vie d'Adèle": oubliez la polémique, foncez le voir

VideoEn mai dernier, on sortait en larmes et le coeur gros d'une salle de cinéma cannoise. On ne faisait même pas attention à éviter les flaques qui inondaient la Croisette ce soir-là. On venait de voir "La vie d'Adèle" et toutes nos pensées étaient encore tournées vers ce film bouleversant. Une Palme d'or et cinq mois plus tard, le public va enfin pouvoir rencontrer cette incroyable Adèle. On reste sur nos positions: ce film est une pépite. Et qu'importe ce qu'on a bien pu raconter sur son tournage, les manières trop brusques d'Abdelattif Kechiche lui ont permis d'obtenir une palette d'émotions sincères comme on en voit trop rarement au cinéma et de révéler au monde le talent immense de deux jeunes actrices. Voici la critique écrite ici, sur 7sur7, à l'époque du Festival de Cannes.

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On a des frissons au bout des doigts en voulant vous parler de "La vie d'Adèle", vu hier soir à Cannes, tant on a du mal à trouver les mots juste pour décrire l'émotion ressentie. On pestait pourtant avant la projection à cause de la pluie et du manque de compassion des gardes de sécurité qui refusaient d'ouvrir la porte un tout petit peu plus tôt pour éviter aux journalistes d'être trempés jusqu'aux os. Mais une fois installé et le film d'Abdellatif Kechiche lancé, on a oublié le froid et nos pieds trempés.

Pendant trois heures, on a vibré avec Adèle, cette jeune fille de 15 ans qui voulait, comme ses copines, aimer les garçons mais qui est tombée amoureuse d'une fille aux cheveux bleus, croisée dans la rue. Malgré leurs différences (la première est terre-à-terre et axée sur le "concret", l'autre est artiste peintre et aime la philosophie, l'une vit son amour dans la discrétion, l'autre l'assume entièrement) elles vont s'aimer, s'épauler, se construire au fil des années.

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"La vie d'Adèle" est une histoire d'une simplicité folle. Ce film nous raconte l'Amour, le sexe (avec les scènes les plus hot du Festival), ses frissons, ses peines mais d'une manière si délicate, si intime qu'on s'en retrouve absolument bouleversé. Adèle Exarchopoulos est filmée au plus près en permanence: sa morve qui coule, sa façon de respirer la nuit, ses grands yeux nous disent tout de ses attentes, ses espoirs, ses questionnements. Elle est époustouflante, tout comme Léa Seydoux d'ailleurs, son amoureuse à l'écran. Le fait qu'il s'agisse d'un couple gay n'a finalement pas grande importance. Leur histoire est universelle.

On a ri franchement, on a souri bêtement, on a pleuré avec Adèle: pendant trois heures, notre coeur a fait le yoyo, au fil des émotions de cette jeune fille touchante. Adèle Exarchopoulos est désormais en tête de liste pour le prix d'interprétation dimanche, au-dessus de Marine Vacht. Léa Seydoux également. Le couple de "La vie d'Adèle" repartira-t-il avec un prix ex-aequo? (Les résultats nous ont donné raison, NdlR.)

Pour la petite information, ce film est tiré de la bande-dessinée de Julie Maroh, "Le bleu est une couleur chaude". Il porte la mention: "Chapitre 1 et 2". Vivement le chapitre 3, Adèle nous manque déjà.

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