Plein écran
Photo issue du film "The Barefoot Emperor". © DR

Le roi des Belges comme vous ne l’avez jamais vu: pieds nus

7sur7 à TorontoToronto a sauté à pieds joints dans le surréalisme belge, samedi soir, avec la présentation de “The Barefoot Emperor” (qu’on peut traduire par “l’empereur aux pieds nus”) signé Jessica Woodworth et Peter Brosens. Le film est la suite de “King of the Belgians”, sorti en 2016.

La Wallonie en a marre de se sentir rabaissée par la Flandre et a pris son indépendance. La Belgique, “aberration géographique et politique” a expiré: le pays n’existe plus. 

Nicolas III, roi de Belgique, tente de rentrer sur ses terres pour annoncer cet effondrement longtemps imaginé. Mais il se fait tirer dessus par erreur lors d'une représentation théâtrale à Sarajevo et se réveille trois jours plus tard sur une île croate dans l’ancienne résidence d’été de Josip Broz Tito, ex-président de la Yougoslavie. L’endroit est devenu un sanatorium qui ne dispose ni d’Internet ni de téléphone et où les patients portent le nom de leur chambre pour préserver leur identité.

Nicolas apprend que la fusillade dont il a été victime a déclenché la fin de l’Union européenne et a donné naissance à un nouveau mouvement nationaliste qui sera dirigé par un empereur dont le nom tarde à se faire connaître. Dans cette nouvelle Europe, la Wallonie ne sera plus que “la porte de sortie de tous les indésirables”. Nicolas, bloqué sur l’île croate avec ses conseillers, cherche une solution...

Le nouveau film de Jessica Woodworth et Peter Brosens nous parle des tensions nationalistes qui se font ressentir un peu partout en Europe, et particulièrement chez nous, mais sur le ton de l’humour. Le film est pertinent et a le mérite d’être original mais il manque d’un peu de magie pour que la sauce prenne vraiment. On retiendra le flegme incomparable de Peter Van Den Begin, interprète du Roi des Belges (sa ressemblance avec Philippe est troublante), sa scène de danse devant la mer, complètement improbable, et quelques bonnes répliques. Le Palais n’avait pas réagi à la sortie du premier film, malgré les appels du pied de l’équipe du film. On suppose qu'il ne se mouillera pas non plus sur cette nouvelle épopée.

Jessica Woodworth est née à Washington mais a vécu en Belgique lorsqu’elle était petite. Elle est brièvement rentrée aux Etats-Unis avant de revenir chez nous pour de bon. Elle a vécu dix ans en Wallonie, dans une ville proche de Dinant, d’abord “et là, je suis à Gand depuis cinq ans. Je me sens chez moi. J’ai la double nationalité”, précise la réalisatrice venue à Toronto sans son partenaire de travail et de vie. “On fait des films ensemble mais aussi des enfants”, a-t-elle expliqué au début de la projection. À l’heure de la rentrée des classes, Peter avait d’autres chats à fouetter qu’une première à Toronto et c’est tout à son honneur.

À la sortie de la projection, Jessica nous racontait dans un français parfait mais avec un accent américain délicieux et difficilement identifiable au vu des années passées au plat pays: “La Belgique m’inspire tous les jours. C’est si complexe. Je suis stimulée, provoquée, je me sens bien dans cette soupe.” 

La réalisatrice ne pouvait évidemment pas savoir que son film ferait ses débuts à Toronto alors que la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. “On l’avait senti venir”, rigole-t-elle. “Non, sérieusement, on n’avait pas prévu ça. C’est très alarmant, surtout les surprises du côté de la Flandre. On est en péril, encore une fois... Mais on est capable de trouver des solutions parce qu’on est des maîtres du compromis. On est capable de tisser des liens. Il faut qu’on dialogue. C’est une question de langues. C’est vraiment la tragédie de la Belgique: le manque de communication réelle...”

Jessica veut raconter des histoires qui ont du sens. “On veut amener des réflexions intéressantes. On vise surtout le public jeune qui va de moins en moins au cinéma. On a une grosse responsabilité, d’autant qu’on utilise l’argent public. Il faut qu’il y ait une valeur ajoutée, au-delà du fait de passer du bon temps en salle. Il faut qu’on arrive à faire surgir des questions intelligentes. On n’a pas de réponse à proposer. Mais on sait que notre film est dérangeant. C’est le but.”

  1. Emilia Clarke va faire battre votre coeur à Noël
    Play

    Emilia Clarke va faire battre votre coeur à Noël

    “Last Christmas”, réalisé par Paul Feig (“Mes meilleures amies”) et écrit par Emma Thompson, met en scène Emilia Clarke dans le rôle d’une jeune Londonienne déjà usée par la vie. Elle a failli mourir et a du mal à tirer le meilleur parti de sa seconde chance. Le film porte le nom du tube de George Michael et Wham! et ce n’est pas un hasard. Elle est au centre de l’histoire et le film présentera quelques nouveaux titres inédits de feu George Michael. “Last Christmas” sortira le 13 novembre dans les cinémas belges.
  2. Laetitia Casta au FIFF à Namur, André Téchiné président du jury

    Laetitia Casta au FIFF à Namur, André Téchiné président du jury

    Le réalisateur français André Téchiné présidera le jury officiel de la 34e édition du Festival du film francophone de Namur (FIFF), qui se tiendra du 27 septembre au 4 octobre dans la capitale wallonne. Avec ses quatre acolytes, il lui reviendra la charge de départager les 12 longs-métrages en compétition officielle. Le jury officiel de la compétition courts-métrages sera quant à lui présidé par la chanteuse Juliette Armanet.