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Les nuits d’ivresse de “Sibyl” ou quand l’amour fait perdre pied

Avec “Sibyl”, Virginie Efira fait ses premiers pas en compétition au Festival de Cannes.

Mais où s’arrêtera Virginie Efira? On a cru un instant qu’elle serait la Julia Roberts belge, joliment coincée au stade comédies romantiques. Il n’y avait pas à en rougir: qui ne l’a pas adorée dans “20 ans d’écart”? En 2016, surprise: elle se fait un nom au Festival de Cannes avec “Victoria” de Justine Triet. La Croisette découvre son talent pour le tragique. L’année passée, elle épatait dans “Le Grand Bain”, extrêmement bien reçu. Elle y jouait Delphine, ex-championne de natation synchronisée, désabusée et alcoolique.

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Depuis, il y a eu “Un amour impossible” adapté du roman de Christine Angot. Ce tournage fut décisif: c’est là qu’elle y a rencontré celui qui partage sa vie aujourd’hui, Niels Schneider. Ce même Niels qui joue à ses côtés dans “Sibyl”, signé, encore fois, Justine Triet, et présenté en compétition sur la Croisette. Un prénom décidément qui colle au corps: elle portait le même dans “Continuer” de Joachim Lafosse, sorti en 2018.

Sibyl donne l’air d’aller bien. Elle ne boit plus depuis longtemps, a un amoureux, deux enfants. Psy, elle décide de quitter ses patients pour se lancer dans l’écriture d’un roman. Mais arrive Margot (Adèle Exarchopoulos, touchante) et son torrent de larmes. Margot est actrice. Elle est enceinte de deux mois d’un acteur connu (Gaspard Ulliel), celui qui partage l’affiche du film qu’elle est en train de tourner et qui est en couple avec la réalisatrice. Son histoire va réveiller chez Sibyl des douleurs endormies.

Virginie Efira excelle dans le rôle de cette femme au bord du gouffre. Elle a tout pour être heureuse mais le réveil d’une passion enfouie (son ex est joué par Niels Schneider) va la faire sombrer, petit à petit. On oscille entre la comédie et le drame dans cette petite merveille de Justine Triet. Virginie Efira est épatante dans le rôle de cette psy qui dépasse toutes les limites de la déontologie. Elle va se rendre sur le tournage du film de Margot pour tenter d’aider la jeune femme dont elle utilise l’histoire pour nourrir ses propres manques.

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On croit sans mal à la passion qui unissait jadis Sibyl à Gabriel. La mise en abyme est particulière quand on sait que Virginie et Niels sont en couple dans la vie. En confiance, dans les bras de son amoureux et sous le regard bienveillant de la réalisatrice, la Belge ose plusieurs scènes de sexe torride.

“Sibyl” est à voir dès mercredi au cinéma.