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Les réactions post-César: Emmanuelle Seigner pète un plomb, Adèle Haenel réagit, à quoi joue Jean Dujardin?

Depuis la remise du César de la meilleure réalisation à Roman Polanski, l’ambiance est tendue dans le cinéma français. Entre ceux qui prennent sa défense et les autres qui le conspuent sur les réseaux sociaux, la fracture est évidente. Adèle Haenel s’est exprimée, Emmanuelle Seigner aussi mais avec nettement moins de calme, Fanny Ardant veut donner “une chaleur” à Polanski et Jean Dujardin ne semble pas savoir sur quel pied danser.

“Arrêtez de me faire chier”, s'énerve Emmanuelle Seigner

Emmanuelle Seigner, épouse de Roman Polanski, n’est jamais la dernière pour prendre sa défense sur les réseaux sociaux. Après avoir gardé le silence tout le week-end, elle a pété un plomb sur Instagram. “Je prie à tous d’arrêter de me faire chier. Tout cela est basé sur des mensonges de folles hystériques en mal de célébrité. Merci de respecter mon espace, celui de mes enfants, de mes parents et de mes soeurs.” Elle a terminé son message avec le hashtag #lessorcieresdesalem et a quitté Instagram. Son compte est, ce dimanche, indisponible.

Mathilde Seigner, sa soeur, affirme son soutien familial sur Instagram. “Bravo! Quand le suffrage du vote l’emporte sur la vox populi.”

La réaction d’Adèle Haenel après sa sortie remarquée

On attendait la réaction d’Adèle Haenel qui a eu un geste fort en quittant la salle lorsque le prix a été remis à Polanski. C’est dans Mediapart qu’elle a décidé de réagir. “Ils pensent défendre la liberté d’expression, en réalité ils défendent leur monopole de la parole. Ce qu’ils ont fait hier soir, c’est nous renvoyer au silence, nous imposer l’obligation de nous taire. Et toute parole qui n’est pas issue de leurs rangs, qui ne va pas dans leur sens, est considérée comme ne devant pas exister.” 

Elle ajoute: “Ils font de nous des réactionnaires et des puritain·es, mais ce n’est pas le souffle de liberté insufflé dans les années 1970 que nous critiquons, mais le fait que cette révolution n’a pas été totale, qu’elle a eu un aspect conservateur, que, pour partie, le pouvoir a été attribué aux mêmes personnes. Avec un nouveau système de légitimation. En fait, nous critiquons le manque de révolution.”

L’actrice, qui avait dit avant les César que récompenser Polanski c’était cracher aux visages des victimes d’agression sexuelle, avait espéré un changement. Mais selon elle, très vite, “toute la soirée a tourné autour de l’idée que l’on ne pourrait plus rien dire, comment on va rire maintenant si on ne peut plus se moquer des opprimés. Mais si on riait aussi de nous-mêmes, si on riait aussi des dominants?”

Jean Dujardin poste et efface, poste et efface

Jean Dujardin, lui, hésite. Il avait posté un message vendredi soir, juste avant les César, dans lequel il expliquait qu’en faisant le film de Roman Polanski, “j’ai cru et je l’espère encore avoir fait plus de bien que de mal.” Il avait supprimé son message dans la nuit de vendredi à samedi et il a fini par le remettre en début d’après-midi dimanche. 

Samedi, il s’était posté en photo avec un masque de protection sur le visage sur le tapis roulant d’un aéroport et avait légendé: “Je me casse, ça pue dans ce pays”. Faisait-il référence au coronavirus ou aux César? On ne le saura pas: là encore, il a supprimé sa photo quelques heures plus tard. 

Il peut en tout cas compter sur le soutien de son épouse, Nathalie Péchalat qui, sur Instagram, dit le soutenir “dans tous ses choix artistiques”. “Pour ceux qui se posent des questions sur Roman Polanski, je vous invite à regarder Wanted and Desired, vous aurez plus de réponses qu’en les posant à une ancienne patineuse...”

Fanny Ardant veut “donner une chaleur” à Polanski

Fanny Ardant, récompensée du César de la meilleure actrice, a affiché son soutien à Roman Polanski. “Quand j’aime quelqu’un, je l’aime passionnément. J’aime beaucoup, beaucoup, Roman Polanski, donc je suis très heureuse pour lui. Après, je comprends que tout le monde n’est pas d’accord, mais vive la liberté. Je suivrai quelqu’un jusqu’à la guillotine, je n’aime pas la condamnation. Quand j’aime quelqu’un, je ne peux pas porter de jugement. Quand on est seul contre tous, je suis toujours pour celui qui est tout seul. J’ai envie de le défendre, j’ai envie de lui donner une chaleur. Vous savez les gens qu’on aime c’est comme votre famille. Même contre la police vous les défendriez.”

Claire Denis a dû annoncer la victoire de Polanski: “Un vote, pas un verdict”

Claire Denis et Emmanuelle Bercot ont été chargées d’annoncer la victoire de Roman Polanski sur la scène des César. Claire Denis a expliqué: “Si on ne voulait pas avoir à dire ce nom, alors il ne fallait pas venir! Citer Roman Polanski ne m’a pas écorché la bouche. Quand Emmanuelle a donné le résultat, je l’ai regardée et on s’est dit Voilà, c’est arrivé. Emmanuelle et moi devions rendre compte d’un vote, pas rendre un verdict.” Elle estime que remettre ce prix au réalisateur était “logique” étant donné que son film avait reçu le plus de nominations. “Le film n’a pas été interdit en salles, cela aurait été absurde de demander aux gens de l’Académie de ne pas voter pour lui.”

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