Omar Sy est le héros du film "Le prince oublié"
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Omar Sy est le héros du film "Le prince oublié" © docs.presse

Omar Sy: “Si un petit mec que ma fille aime bien vient à la maison, évidemment qu’il va morfler”

Michel Hazanavicius (“The Artist”, “OSS 117",...) réunit Omar Sy et François Damiens dans “Le Prince oublié”, un conte des temps modernes qui séduira assurément petits et grands enfants. C’est drôle, émouvant et plutôt ambitieux en termes de réalisation et d’effets spéciaux. Rencontre avec les deux protagonistes de ce long-métrage qui sortira en salles ce 19 février.

Le pitch? Djibi (Omar Sy), veuf, élève seul sa fille Sofia. Chaque soir, pour l’endormir, il l’emmène dans le monde imaginaire qu’il s’est créé. Un monde fait de capes et d’épées dont il est le héros. Un valeureux prince charmant, prêt à tout, même à défier l’ineffable Pritprout (François Damiens) pour sauver sa petite princesse, Sofia. Mais, les années passent et Sofia, qui vient d’entrer au collège, trouve qu’elle n’a plus franchement l’âge d’écouter les sornettes de son paternel. Surtout que, depuis qu’elle a fait la rencontre de Max, un garçon de sa classe, Djibi n’est plus le seul homme à faire battre son cœur.

François Damiens et Omar Sy en duo dans "Le prince oublié"
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François Damiens et Omar Sy en duo dans "Le prince oublié" © docs.presse

Et vous, quand vos filles ramènent un petit copain à la maison, vous vous transformez en papa jaloux?

Omar Sy: “Dès qu’un autre homme est dans les parages, on se met en mode compétition. Ce truc de coq, c’est génétique, c’est comme ça depuis la nuit des temps et ça ne changera jamais. Alors, imaginez que l’homme en question ait un lien avec vos enfants ou votre femme, ces sentiments sont exacerbés. Si un petit mec rentre chez moi parce que ma fille l’aime bien, évidemment, qu’il va morfler. C’est la règle du jeu. J’envoie des petites piques, je crée des malaises. Ça me fait rire, ça fait rire ma femme et ça énerve ma fille. Mais, je ne vais pas faire le mec hyper cool. Non, je fais des vannes et des têtes de méchant.”

François Damiens: “Moi, je n’ai que des garçons donc, c’est différent. Je suis moins jaloux qu’un papa vis-à-vis de sa fille. Même si j’aime bien lâcher des trucs comme: ‘Tu ne restes pas manger avec nous je suppose?’

Omar Sy: “Je ne trouve pas que ce soit tellement différent. Ça reste une pièce rapportée qui prend une place dans le cercle familial. Moi, je fonctionne avec mon clan. Et si ça déstabilisait le clan?”

Vous vous souvenez du moment où vos enfants se sont détachés, où vous êtes passés au second plan?

Omar Sy: “C’est le grand classique, celui que connaissent tous les parents. Quand ils te disent: ‘Ne viens plus me chercher à l’école’

François Damiens: “... ou ‘Dépose-moi plus loin’. T’as compris que tu leur foutais la honte. Et quand ça arrive, tu te sens un peu désœuvré. Il y a des couples qui explosent, des mamans en dépression, des pères qui s’acharnent dans leur boulot pour exister. On sait très bien qu’on ne fait pas des enfants pour nous, mais pour eux. Mais, c’est dur quand on nous reprend ces cadeaux, on n’a pas envie de les donner. C’est un peu comme si tu donnais 1.000€ à quelqu’un et puis, soudain, t’arrêtes. Il va t’en vouloir, il ne va pas te dire merci.”

On aurait pourtant tendance à croire qu’avoir un papa connu, c’est plutôt cool...

Omar Sy: “C’est encore pire. C’est envahissant. On ne te parle déjà que de ton père. Alors, le collège, c’est leur univers. Ils s’affirment, ils se font leur place. Ils ont envie d’être aimés pour ce qu’ils sont. Il faut leur laisser leur espace. Je comprends tout à fait ça et je le respecte.”

François Damiens: “C’est vrai que, quand mes enfants étaient petits, j’ai cru que je passerais à travers le truc parce que j’étais dans le coup. Mais, en fait, tu prends plus cher que les autres. Ils ramènent d’ailleurs très peu de copains à la maison parce qu’ils sont gênés.”

Omar, après le Dr. Knock, Arsène Lupin, vous campez un autre personnage mythique: le prince charmant. Lequel avez-vous préféré jouer?

Omar Sy: “Ils sont tous très attirants, très excitants à jouer. Ce sont des véhicules incroyables pour un acteur. Je crois que je commence à prendre confiance en moi, en mon jeu, et que je m’autorise à revenir aux trucs dans lesquels je m’amuse et les gens me suivent là-dedans. Je n’ose pas le dire très fort mais je suis très content.”

Omar Sy est le héros du film "Le prince oublié"
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Omar Sy est le héros du film "Le prince oublié" © docs.presse

Les rôles un peu décalés, comme celui de Pritprout, semblent être taillés pour les comédiens belges. Vous êtes d’accord?

François Damiens: “Je ne veux pas faire de généralités mais je pense que les Français aiment le côté absurde des comédiens belges. Je suis le petit grain de sable d’une mécanique bien huilée et ça me fait plaisir. Omar est dans l’action, je suis plutôt dans la réaction. Pour moi, c’est plus facile de contre-attaquer que d’attaquer.”

“Le Prince oublié“, en salles le 19 février 2020.

"Le prince oublié", avec Omar Sy et François Damiens
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"Le prince oublié", avec Omar Sy et François Damiens © docs.presse