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Isabela Moner incarne Dora © Vince Valitutti

On a vu le remake en live-action de Dora l’exploratrice: adultes, s’abstenir

Donner vie au cinéma à un personnage déjà adulé par les tout-petits était un pari risqué. Après une bande-annonce qui laissait craindre le pire, cette version en live-action de “Dora l’exploratrice” nous a agréablement surpris même si elle ne fait pas pour autant un sans-faute.

Isabela Moner, star des ados outre-Atlantique, campe une Dora fidèle à celle du dessin-animé. Même frange, même accoutrement... et même naïveté. Et, si dans le film de James Bobin, Dora est désormais adolescente, elle n’a rien perdu de cet optimisme débordant qui la caractérise. Et c’est peut-être ça le problème... Car, dans la vraie vie, personne ne parle à son sac à dos ni ne chante des chansons pour adoucir ses peines (peut-être devrait-on?).

Dora va le constater lorsque ses parents, portés à l’écran par Eva Longoria et Michael Peña, lui demandent de quitter la jungle où elle a grandi pour s’intégrer à un milieu tout aussi hostile: le lycée de son cousin Diego qui a migré, il y a de ça quelques années, vers la grande ville. Si Dora sait comment s’extraire des sables mouvants et se balancer de liane en liane, elle n’a jamais été confrontée aux moqueries des adolescents qui ne la portent pas vraiment dans leur cœur.

Un copier-coller du dessin animé

Malgré tout l’enthousiasme dont elle sait faire preuve, Dora est dépassée par la tournure des événements. Surtout que, pour ne rien arranger, ses parents, partis à la recherche d’une mystérieuse Cité d’or, ne lui donnent plus aucun signe de vie. Aventurière dans l’âme, elle décide de voler à leur secours et de renouer avec son habitat naturel, embarquant dans son épopée l’intello de la classe, le geek de service et Diego, son fidèle acolyte.

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Avec ses camarades, Dora affronte de nouvelles aventures © Paramount Pictures

Adultes, s’abstenir (sauf s’il faut occuper les enfants): vous risquez d’étouffer quelques bâillements

Dans son périple, elle fait la connaissance de nouveaux personnages et retrouve ceux de l’œuvre originale comme Babouche, son fidèle allié, ou Chipeur, le renard masqué qui n’a visiblement toujours pas “arrêté de chiper” malgré les multiples sollicitations de la petite aventurière. Les gimmicks, les effets de style et même les dialogues sont un copier-coller de ceux du dessin animé auquel le réalisateur n’a pas manqué de faire un clin d’œil. Et c’est la grande force de cette adaptation qui, côté scénario, rate un peu le coche. 

Nos héros se sortent, sans trop de mal, des pièges grossiers qu’on leur tend, chaque rebondissement est prévisible, les vannes ne sont pas franchement marrantes et tout cela manque d’émotion. L’histoire, comme les personnages, sont assez simplistes, à l’image du dessin-animé qui avait, lui au moins le mérite, d’être un brin pédagogique. “Dora l’exploratrice et la Cité perdue” est un film familial qui ne donne pas franchement à rire si vous avez plus de 7 ans. Mais, peut-on réellement reprocher à un film pour enfants de toucher son public cible?

“Dora l’exploratrice et la Cité perdue”, en salles le 14 août.