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Pourquoi les adultes aiment aussi les dessins animés Disney: secrets de fabrication

7sur7 à HollywoodCe n’est qu’un dessin animé, on sait donc que tout a été inventé. Et pourtant, les enfants ne sont pas les seuls à être hypnotisés face à l’écran géant. Les adultes sautent, eux aussi et avec un plaisir non dissimulé, à pieds joints dans l’univers Disney. “La Reine des Neiges”, dont le deuxième volet sort mercredi, ne s’adresse d’ailleurs pas qu’aux petits, au contraire. L’univers est plus sombre, plus complexe. Les jeunes enfants, d’ailleurs, pourraient bien avoir un peu peur dans la forêt mystérieuse du royaume d’Arendelle. Mais comment font-ils pour que tout ce qu’on voit à l’écran soit si convaincant? 

C’est surtout une affaire de détails. Rien n’est laissé à l’approximation et toutes les petites mains ont, en coulisses, leur rôle à jouer pour que le dessin animé soit au plus près de la vérité. Nous avons rencontré, dans les bureaux de Disney Animation en Californie, ceux qui ont fait “La Reine des Neiges 2" (et qui pour la plupart ont travaillé aussi sur le premier volet). Ils nous expliquent en quoi consiste leur job. C’est passionnant.

Histoire de cheveux

Brittney Lee, Visual Development Artist, a notamment réfléchi aux costumes portés par les personnages. “Elsa, qui est un personnage complexe, mène la danse. Tout ce qu’elle porte, depuis le début de l’histoire, a un sens. Elsa a longtemps eu un secret qu’elle voulait garder pour elle. En grandissant, elle s’isole, sa cape est devenue plus enveloppante, ses cheveux ont été attachés plus sévèrement. Ça reflétait son état d’esprit. Et puis, après la chanson Let it go, ses vêtements sont devenus plus lumineux, ses cheveux sont attachés plus lâchement. Tout ça reflète l’idée que lorsqu’elle chante Let it go, voilà qui est Elsa en réalité, elle se montre telle qu’elle est vraiment.” 

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En pantalon!

Michael Giaimo, production designer, raconte: “Le mot clé de l’histoire, c’est la maturité. Elles partent en voyage. Dans la forêt enchantée, on les voyait mal porter des longues robes jusqu’au sol.” Comment voulez-vous croire aux aventures des deux jeunes femmes si elles sont complètement endimanchées, n’est-ce pas? “Les vêtements devaient être pratiques dont Elsa et Anna portent toutes les deux un pantalon.”

Le costume d’Elsa doit rappeler à tout moment qu’elle a des pouvoirs magiques. Il faut donc des références à la glace, elle porte des vêtements dans les tons froids. “On a déjà essayé de rendre son look plus chaleureux dans la palette de couleur mais ça donnait l’impression que quelque chose n’allait pas.” Anna, à ses côtés, doit être habillée de façon à se faire remarquer. Et ça n’a pas été simple: il a fallu dessiner 122 costumes à Anna avant de trouver celui qu’elle porterait dans “La Reine des Neiges 2". 

A ses côtés, Kristoff est à peu près habillé de la même façon que dans le premier volet. “Nous sommes dans les bois et c’est un endroit où il devrait se sentir chez lui parce que c’est un montagnard. Il a du coup une silhouette semblable à celle qu’on lui connaît mais on a modifié quelques détails pour mieux faire référence à Arendelle. On dit qu’il est à la fois chez lui à Arendelle et dans les bois.”

Normand Lemay, Head of Story, nous raconte l’importance des expressions mais aussi des gestes des personnages. Dans “La Reine des Neiges 2", Elsa aime son quotidien apaisé. Elle entend une voix dans sa tête qui l’appelle mais elle l’ignore parce qu’elle sait que si elle l’écoute, tout risquerait d’être à nouveau bouleversé. “A ce moment-là, elle est bloquée. Elle se met à chanter Dans un autre monde, mais elle utilise les draps pour se protéger, les coussins... Elle veut repousser ce sentiment qu’elle a au fond d’elle pour éviter les ennuis. Et ça se voit physiquement. Quand elle décide finalement d’écouter cette voix, ce sont des questions qu’elle se pose depuis des années qui resurgissent. Elle tourne alors la tête et pose son regard sur les photos de ses proches, accrochés au mur.” On comprend alors qu’elle pense à ses parents disparus et à sa sœur, qu’elle souhaite protéger... Le spectateur voit l’ensemble de la scène mais la scène en elle-même est pensée dans le détail pour qu’il ressente les choses au plus profond de son cœur.

D'ailleurs, le souffle d’Elsa a également été étudié de près. L'équipe créative au grand complet a pris des cours de chant pour comprendre comment devait être animé son corps pendant son numéro de chant pour que ça soit le plus crédible possible. “On a compris beaucoup de choses”. Voilà pourquoi on s’identifie tant aux personnages Disney: ils naissent d'un trait de crayon mais ils prennent vie comme n’importe quel humain.